Le fauteuil « à la Reine » de Madame de Pompadour s’est envolé à 601.500 euros
Un fauteuil du XVIIIe siècle créé pour la favorite de Louis XV, vendu pour un montant record chez Sotheby’s Paris.
Le 16 avril dernier, Sotheby’s Paris organisait une importante vente de mobilier, sculptures et objets d’art européens des XVIIIe et XIXe siècles, dont le produit total s’éleva à plus de 3,5 millions d’euros. La pièce maîtresse de la vente était sans conteste un fauteuil, dit « à la Reine » du XVIIIe siècle, commandé en son temps par Madame de Pompadour, favorite de Louis XV, pour son château de Crécy (en Eure-et-Loir). Destiné à meubler le grand salon d’assemblée de ce château qu’elle reçut en 1746 des mains du roi, ce superbe fauteuil, dont le pendant est conservé à Versailles, fut commandé en 1751 à la manufacture des Gobelins et livré cinq ans plus tard, en avril 1756, à sa nouvelle propriétaire.
Estimé par les experts de Sotheby’s entre 200.000 et 300.000 euros, les amateurs et collectionneurs de mobilier du XVIIIe siècle ne s’y sont pas trompés et ont fait monter les enchères, allant jusqu’à doubler son estimation haute.
Il faut bien reconnaître que la mise en vente de ce meuble présentait un caractère pour le moins exceptionnel, étant donné que la plus grande partie de ce mobilier (comprenant deux canapés, huit fauteuils et deux écrans) a disparu au cours des siècles. En effet, une fois le château revendu en 1757 au duc de Penthièvre, les sièges du salon furent envoyés au château d’Anet en 1775, avant d’être confisqués durant la Révolution. Restitués des années plus tard à la fille du duc de Penthièvre, ils furent déplacés au château de Neuilly, qui fut pillé en 1848…
Richement sculptée de motifs de coquilles, de palmes et de fleurettes, la charpente de ce fauteuil est l’œuvre du maître menuisier parisien Nicolas Quinibert Foliot, tandis que son dessin doit plus probablement être attribué à l’architecte Pierre Constant d’Ivry. Ce qui devait considérablement augmenter la valeur de ce fauteuil, c’était sans nul doute son tissu (disparu sur l’exemplaire de Versailles), un lampas broché présentant sur un fond bleu des assemblages de feuillages et de fleurs, dans les tons roses. Avec toutes ces qualités, il était donc prévisible que ce fauteuil, provenant d’une collection américaine, réalise un très bon résultat.



