Georges Creten, chantre des Féminités
En grande partie autodidacte, marqué par l’impressionnisme, le fauvisme puis l’expressionnisme, l’artiste est au centre d’une riche exposition.
Galeriste et marchand depuis près de 25 ans, c’est parce qu’il se passionne pour les peintres de la période 1890-1950, avec une prédilection pour l’école belge que Patrick Lancz a souhaité mettre à l’honneur ce peintre souvent méconnu. Une démarche initiée il y a quelques années déjà avec des expositions consacrées à des artistes tels Ferdinand Schirren, Michel Seuphor ou Georges Lemmen. Entre autres. Souci de ce membre de la Chambre royale des antiquaires de Belgique : « Promouvoir, de par les choix, l’ensemble des techniques de travail sur papier que sont l’aquarelle, le dessin, la gravure, et redonner sa place à la sculpture. »
Une passion : la couleur
Né à Bruxelles en 1887 et y décédé en 1966, Georges Creten a une grande passion : la couleur ! Si sa rencontre avec James Ensor en 1904 l’influence dans des créations impressionnistes, c’est avec les fauves brabançons, Rik Wouters, Edgard Tytgat et Gustave de Smet, qu’il expose en 1913 au Salon de Printemps. L’antiquaire de préciser « son indépendance, sa volonté de ne s’intégrer à aucun groupe. Creten est un fervent coloriste, travaille en larges touches, recherche avant tout l’expression par la couleur pure et par la promptitude du dessin ». C’est vers 1917 que Creten évolue vers l’expressionnisme. « Quand ses figures féminines démontrent son intérêt pour la contraction du volume dans l’espace et la stylisation des formes. »
Pour l’amour des femmes
Finis les paysages de factures impressionniste et fauve, la femme devient le centre de l’univers. La rencontre avec Jeanne Pissoort, son épouse, fut décisive : « C’est elle qui sut par sa présence à mes côtés m’inspirer l’œuvre des Féminités qui pour toute ma vie sera celle à poursuivre à travers encore bien des cycles », écrivait-il en 1925.
Solidement construites, ses compositions sont de crayon et pastel. Ses nus influencés par Modigliani, conservent une forme classique et réaliste. « La palette est opulente, poursuit Patrick Lancz, et un jeu savant d’ombres chaudes et de lumière dorée confère à ses portraits une expression d’une sensualité rare et sévère. »
Séducteur impénitent, le peintre s’intéressa à toutes les femmes et entretint avec ses modèles des relations personnelles indispensables au renouvellement de son inspiration. « Toutes les facettes de la séduction féminine défilent. Les formes sont idéalisées, l’atmosphère est recueillie et mélancolique, contrepoint à une grande présence sensuelle. » Des formules antagonistes dont Creten tire des effets troublants…
« Creten Georges » jusqu’au 26 mai à la Lancz Gallery, 15 rue Ernest Allard, 1000 Bruxelles. Tél. : 0475/24 82 65 - site : www.lanczgallery.be L’exposition est accessible du mardi au vendredi de 14 à 18h et le samedi de 11 à 13h puis de 14 à 18h.








