Les Policiers ne sont pas des numéros
Un projet de loi voté mardi en Commission de l’Intérieur au Sénat, à l’initiative de Gérard Deprez (MCC-MR), entend allouer aux policiers le bénéfice de l’anonymat lors de leurs interventions ou des auditions qu’ils réalisent. Leurs nominettes d’identification seraient remplacées par des numéros, les réfugiant ainsi dans l’inexistence personnelle et interdisant à ceux auxquels ils s’adressent de les nommer. Cette mesure se fonde sur le risque (très limité) de représailles que les policiers pourraient ressentir après l’interpellation d’un suspect.
Force est de constater que ce projet de loi plonge le bras armé de l’Etat dans l’inexistence sociale. La désindividualisation des actes de l’administration (comme dans tout groupe humain) produit fatalement une perte de responsabilité qui ne peut être qu’individuellement assumée et ressentie, comme l’avaient notamment démontré les travaux du psychologue américain Edward Diener.
L’agent 15 (Quick et Flupke) ou 212 (Cauvin) sont-ils en train de reprendre du service ? L’optimalisation des services de l’Etat qui rendait chaque agent (de police ou d’administration) identifiable et qui consacrait les citoyens face à ses services comme des « clients » plutôt que comme des administrés est-elle en régression ? On peut le craindre. D’autant que par contamination virale de cette mesure, jusqu’à présent dédicacée à la seule police (et dont le parcours législatif doit se prolonger), il n’est pas exclu que d’autres corps de l’Etat ou des administrations demanderont de bénéficier de la même faveur au motif qu’il arrive (et c’est regrettable) que certains de leurs clients-administrés profèrent parfois des menaces ou prononcent aux guichets de l’Onem, du fisc, etc., des gros mots.
Si cette loi devait entrer en application, le justiciable serait susceptible de devoir adresser ses courriers à l’inspecteur traitant sa plainte sous l’en-tête, par exemple, de Monsieur 56734, plutôt que sous l’introduction « Inspecteur Dupond ». L’objectif poursuivi par cette proposition de loi (contraindre les représailles que des agents disent subir) semble disproportionné en regard de l’ampleur des mesures préconisées.
Vos réactions
Voir toutes les réactions D'accord avec politiblog. Tsuko, Il faut être un peu naïf pour penser que les nominettes de l'agent "5245" ou de l'agent "Machin" ne peuvent être copiées par les faussaires. Si Bonito se fait verbaliser par 5245, le nom de l'agent figureras sur le PV, quant à la protection de la vie privée... ne rêvons plus.
100% des policiers applaudissent !!! ne me faites pas croire que tous les policiers sont victimes de represailles mais plutot qu'un certain anonymat en "arrange" bcp .... voila encore un moyen d'anomyser ceux qui commettent des abus de pouvoir et ainsi de faciliter la vie des esrocs qui pourront s'idenfier sans probleme comme policier... comment identifier 5245 comme etant un vrai flic plutot qu'un faussaire.? sans compter qu'en cas de plainte cela va en decourager plus d'un de deposer plainte ce qui est deja toute une affaire actuellement et... est il plus facile de retenir 5245 (ou peut etre 5425 !!) plutot que dupont ?? c'est sans doute cette facilite qui derange ceux qui applaudissent !!








Marc Metdepenningen est un grand naïf ! Il devrait travailler quelques semaines comme policier en Région Bruxelloise.... Juste pour voir ! Mis à part cette naïveté pardonnable son manque d'information des véritables problèmes est lui impardonnable. En effet le débat important est la possibilité d'anonymat des citoyens impliqués dans certains dossiers comme des témoignages. Des malfrats n'hésitant pas à se servir des informations disponibles dans les PV pour exercer chantage et autres ... Mais là aussi de grands naïfs font des ravages en se moquant de la vie de bien des citoyens qui ont le droit à une protection ! Le remplacement des coordonnées par un code coupant l'herbe sous le pied à bien des gens mal intentionné...