Bruxelles sera du 31 mai au 9 juin prochain la capitale mondiale du film documentaire grâce au Festival Millenium. «
Un tremplin et un lieu de rencontre international avant tout
» pour Zlatina Rousseva, directrice artistique. L’occasion pour les jeunes talents de se faire connaître…
Véritable tremplin pour les artistes et réalisateurs, le Festival Millénium, festival international du film documentaire, fête cette année ses 5 ans. « Tout a commencé en 2009 , explique Zlatina Rousseva Directrice artistique du Festival. Nous avons créé cet événement parce que nous considérons qu’il y a des questions très urgentes qui touchent l’humanité. Nous voulions donc mettre en avant des documentaires qui représentent les enjeux de notre époque, qui permettent de comprendre le monde qui nous entoure .» Au-delà de ça, le but était aussi de créer un événement qui manquait au paysage bruxellois. « Bruxelles est un lieu international et nous voulions y réunir des professionnels de haut niveau, chose qui n’existait pas encore ! »
L’accent est mis sur la diversité: « La programmation est vraiment notre priorité. Nous essayons d’amener les meilleurs films du monde entier » explique Zlatina Rousseva. Et c’est sans doute ce qui fait la force du Festival: l’originalité de son affiche, avec des films qui viennent notamment d’Asie, d’Amérique du sud, de la Méditerranée, des pays de l’est, en fait une référence au niveau international.
Cette année, le Festival s’articule plus particulièrement autour de la thématique du «Tout à vendre». « Aujourd’hui, la commercialisation a une place prépondérante dans notre société. Notre manière de vivre tout entière est devenue marchandable. C’est quelque chose de très dangereux » met garde Zlatina Rousseva. « Ce qui nous importe dans la programmation, c’est vraiment d’avoir des films qui racontent une histoire: on évite les films d’illustration ou de thèse, on veut des personnages forts, leur évolution, leurs combats… Bref, des films qui provoquent des débats ! »
Le web-doc ou le moment où le spectateur devient créateur…
Depuis trois ans maintenant, le Festival a élargi son horizon pour accueillir des web-documentaires grâce aux Web-doc meetings. « Le web-documentaire, c’est une autre façon de regarder et d’aborder la réalité explique Zlatina Rousseva. Dans un documentaire classique, les choses sont linéaires alors que dans un web-doc c’est vraiment un voyage indépendant de l’internaute. Il fait des choix et est actif: il devient en quelque sorte créateur et ça lui permet de réfléchir, peut-être d’autant pl us. »
L’intérêt du Festival pour cette nouvelle forme de création documentaire s’explique simplement par une volonté de se tourner vers le futur. « Le langage cinématographique évolue, les nouvelles technologies permettent de nouvelles manières de créer, c’est ça qui nous intéresse. Ca rend parfois le récit plus intéressant. L’approche d’Olivier Malvoisin que nous recevons par exemple est plus intéressante dans un web- documentaire que dans un documentaire classique fait remarquer Zlatina Rousseva. Ca permet un autre voyage, un autre regard du spectateur. Une remise en question plus intense . »
Un soutien à la création
Selon la Directrice artistique du Festival, « c’est le soutien technique que nous pouvons apporter aux artistes qui est vraiment précieux ». Un concours de pitching est d’ailleurs organisé dans le cadre des web-doc meeting, en partenariat avec Le Soir . Le principe est simple: rédiger un projet de web-documentaire et le défendre devant des professionnels. À la clé deux prix: une diffusion sur lesoir.be et une bourse d’aide au développement de 2500e offerte par la SCAM.
L’intérêt principal des Web-doc meetings: « les rencontres » insiste Zlatina Rousseva. « Ce n’est pas tellement le prix qui est important. On veut avant tout permettre aux jeunes de rencontrer des professionnels de haut-niveau. Le processus créatif est important. On veut les aider à trouver la bonne voie . »
Pour cela, un jury composé de personnes reconnues sera présent: David Dufresne (président du jury et auteur de Prison Valley), Adrien Aumont (co-fondateur de KissKissBankBank), Alexandre Brachet (directeur de l’agence Upian), mais aussi Nicolas Bole et Cédric Mal (Le blog documentaire). « Tous seront là pour donner leurs avis et conseils et pour permettre aux jeunes talents de mener leurs projets à terme . »