Sur un chantier en transformation, suivez le guide!
Pour la journée Chantiers ouverts, 130 sites étaient accessibles au public, dimanche. L’occasion pour le public d’approcher des projets souvent inaccessibles, de découvrir des techniques et de piocher des idées. Visite d’une maison de 1909 en rénovation, à Namur.
Le quartier de La Plante, à Namur, habituellement des plus calmes, subit une agitation particulière, ce dimanche. Un va-et-vient incessant, qui a pour destination une maison de 1909 à peine rénovée, située en bord de Meuse.
Devant le bâtiment à la façade de pierres de grès et de calcaire, le propriétaire souffle un peu, rayonnant. « Ce matin, c’était blindé !, sourit-il. On ne savait plus bouger dans la maison. C’était l’immobilisme total, on avait prévu une démonstration de zinguerie, on n’a pas pu la faire… Là, on dirait que cela se calme. » Pas pour longtemps : lors de la journée Chantiers ouverts (lire ci-contre), le projet de rénovation d’Emmanuel Henris attire les visiteurs par dizaines.
Entrepreneur, c’est la première fois qu’il participe à l’événement. « L’occasion ne s’était jamais vraiment présentée auparavant, confie le directeur de la société de construction Satec. Cette fois, nous avions l’envie de nous faire remarquer dans une situation économique plus difficile. Et on avait aussi des projets qui valaient le coup… »
La société a ouvert le chantier de transformation d’une villa mosane en trois appartements au public. Et puis il y a celui-ci, la future habitation de l’entrepreneur dont il raconte l’histoire avec passion aux visiteurs. « Nous sommes tombés amoureux de cette maison. Sa façade est exceptionnelle ! À l’origine, il s’agissait des dépendances d’un château, qui n’existe plus. On raconte qu’elle a été construite pour un fils maudit, exclu par les châtelains, ce qui explique que la façade soit si belle. »
Si l’entrepreneur a conservé l’extérieur, sablé et rejointoyé, il a complètement évidé l’intérieur de la maison, ravagé par le temps, bardé de fissures. Presque inhabitable, comme en témoignent les photos « avant/après » affichées dans l’entrée du bâtiment.
Aujourd’hui, l’aménagement très contemporain tranche avec l’histoire de la façade. « Pourquoi ne pas avoir rénové à l’identique ? », lance un visiteur. « J’admire le patrimoine mais je ne voulais pas le singer en refaisant ce qui était fait », répond Emmanuel Henris. « L’annexe a été reconstruite et la charpente et la lucarne refaites à l’identique, en intégrant des standards actuels d’isolation. »
À l’étage, Séverine Léonard, l’architecte, explique à un groupe de curieux la structure de la maison. « Nous avons rabaissé les étages de vingt centimètres pour gagner de l’espace dans les combles et pouvoir y aménager des chambres sans toucher au volume. »
Voisins et curieux côtoient les vrais amateurs de construction. « J’ai un intérêt pour tout ce qui touche ce domaine, lance Jean-Marc, venu de Braine-l’Alleud pour l’occasion. J’ai sélectionné deux projets, ceux d’une petite entreprise pas trop commerciale, plus dynamique. » Anne, elle, joint l’utile à l’agréable. « On est en train de rénover, c’est l’occasion de pêcher des idées, de se renseigner sur les corps de métier. »
Donner des idées aux visiteurs
Dans la maison, les allées et venues se poursuivent. Les visiteurs se croisent dans l’escalier, la future cuisine ou la salle de bain. « Cette journée est une bonne initiative, confie l’architecte au détour d’un palier. Elle donne des idées aux gens et les ouvre à de nouvelles possibilités pour aménager leur maison. Personnellement, cela m’apporte de la visibilité. Et c’est un plaisir de partager ce projet car il reprend tout ce que j’aime dans l’architecture. L’intérieur est remanié de manière contemporaine pour remettre en avant les qualités de l’ancienne maison. »
Au terme de la journée, des centaines de visiteurs auront arpenté la maison de bas en haut. Et au moment de quitter les lieux, certains auront emporté l’une ou l’autre carte de visite laissée à l’entrée pour l’occasion. Histoire de savoir à qui s’adresser lorsque viendra, peut-être, l’heure de retaper leur propre maison.



