Contre l’échecde Hollande,la responsabilité

Joëlle Meskens
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François Hollande a raison. On ne dresse pas un bilan après un an de pouvoir seulement. C’est au terme de son quinquennat, dans quatre ans, que l’histoire jugera sur base des critères qu’il a lui-même fixés. Aura-t-il rendu la France plus juste ? Et aura-t-il réduit le chômage ?

Céder au « hollande-bashing », le jeu de massacre, serait stérile. Ceux qui parlent d’« écourter » son mandat sont ridicules. Même impopulaire, le président garde les moyens de gouverner tant qu’il dispose d’une majorité. N’empêche, à la question « Qu’avez-vous à dire pour la défense de celui qui promettait de réenchanter le rêve français ? », la réponse est courte. À son crédit : la guerre au Mali. Pour le reste…

Bien sûr, comme le plaidait déjà Nicolas Sarkozy, il y a des circonstances atténuantes. La crise est historique. Mais l’argument a ses limites. Elle ne frappe pas de la même manière en Allemagne.

Les Français sont déçus. Profondément. Au point de voir désormais leur seul salut dans un gouvernement d’union nationale. Trois quarts d’entre eux y sont favorables. Mais si l’idée d’une grande coalition contre la crise peut être séduisante, ce n’est qu’une chimère. En France, le compromis est à cent lieues de la culture politique qui a toujours privilégié l’affrontement gauche-droite.

N’empêche, si l’on pouvait faire un vœu pour nos voisins à l’occasion de cet anniversaire, ce serait celui-ci. Qu’au moins la classe politique ait l’esprit de responsabilité. À droite comme à gauche. L’UMP tente de se refaire une santé. Mais miser sur les difficultés de François Hollande pour se réconcilier après la guerre des chefs ou pour faire émerger le nouveau leader qui cognerait le plus fort, n’est pas à la hauteur du contexte. Au PS, les petits jeux d’ego sont tout aussi irresponsables. Savonner la planche du Premier ministre Jean-Marc Ayrault dans le seul but d’être le mieux placé pour lui succéder est indécent.

Face à la montée du populisme, la sincérité de tous est le minimum requis. Si ce n’est pour réussir, du moins pour tenter le maximum.

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22. jean de Seraing dit le 15/05/2013, 07:17

Labrador... D'accord avec votre point de vue sur le fait que les USA sont capitalistes, mais ce que je trouve étrange c'est que dans un pays qui ne l'est pas aussi fort comme la Belgique, quand vous vous plantez avec votre remboursement de crédit habitation aux USA la banque vous prend la garantie c'est à dire la maison et tout est fini, ici on vous prend la maison mais vous paierez encore toute votre vie pour rembourser les frais etc..., donc tout n'est pas non plus à jeter dans leur modèle ultra capitaliste, cela évite de ruiner des vies sans espoir de retrouver un futur possible.

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21. Labrador dit le 06/05/2013, 14:57

@ Mlchael - J'ai difficultés à vous comprendre, intellectuellement parlant. D'une part vous semblez défendre le service public, mais d'autre part, vous prenez toujours les USA, modèle capitalistique par essence, comme exemple à suivre ? Savez-vous qu'aux USA, le public et le privé ne sont pratiquement pas séparés, ils sont fusionnés dans une sorte d'appareil juridico-médiatico-financier-militaire insensible au vote. Au bout du compte, le politique tient surtout un rôle de "Public Relations" sans pouvoir de décision. Est-ce ce modèle que vous voulez?

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20. Labrador dit le 06/05/2013, 14:41

@ BruxellesdanslaRue - Bien relevé la question des médias en Italie, et la couverture partielle des événements. Aujourd'hui, dans les conditions actuelles, on défend la liberté de la presse PRIVÉE. En France, les grands médias sont tous aux mains du privé, ex Le Monde et Libé. Donc, je dirais qu'aujourd'hui, il est nécessaire de ré-équilibrer et se donner les moyens de défendre la liberté de la presse PUBLIQUE.

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19. Labrador dit le 06/05/2013, 14:25

@ BruxellesdanslaRue - A partir du moment où 80pc des moyens de production, avec des centres de décisions de plus en plus délocalisés appartiennent à 20% voire 10% au privé, un rapport qui va encore se creuser, duquel dépendent les rentrées fiscales, le rapport de force est évident. Donc, je dirais, comme solution, des politiques, vigilants, défenseurs courageux du patrimoine public, d'un service public égalitaire : protection sociale de base, santé, enseignement, transports publics, infrastructures publiques, distribution d'énergie... doivent rester dans le giron public. Si nécessaire, des travaux peuvent être sous-traités au privé, sur la base d'appels d'offre publics, mais la propriété et la facturation doivent rester publics. Nos hauts fonctionnaires doivent garder à l'oeil que l'objectif de certains groupes est de s'approprier le patrimoine et la facturation.

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18. EUnity dit le 06/05/2013, 12:59

Et bien non, @Peace et al., la fonction publique n'a pas à être cantonnée au rôle de majordome. Quand vous êtes sans le sou, il y a parfois lieu d'engager un agriculteur pour cultiver ce qui vous reste de terres, et de partager avec lui la récolte. Ce que les marchés sont incapables de faire, même (et surtout) aussi libérés qu'ils le sont aujourd'hui, c'est de mettre les humains et leurs besoins les plus fondamentaux au centre de leurs préoccupations. A quoi bon dire amen à un système économique qui ne permet l'enrichissement qu'à quelques-uns, en plongeant le plus grand nombre dans la dèche, d'autres dans la misère, et les plus vulnérables dans la *faim*? Et en cadeau Bonux, la destruction des ressources. Quant aux "améliorations" du sort des populations émergentes, leurs salaires ne leur permettent pas même d'acquérir les produits qu'elles fabriquent, mais que nous ne pouvons plus acheter faute de moyens. Bien joué. On applaudit bien fort...

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