Daoust: «On a déjà sacrifié une ou deux générations en ne s’activant pas suffisamment»

Andrea Di Nicola (St.)
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Bruxelles crée beaucoup d’emplois et pourtant compte énormément de chômeurs. Quelles sont les pistes pour gommer ce paradoxe ? Jean-Claude Daoust, ancien président de la FEB et représentant des patrons bruxellois, a répondu à vos questions.

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©Thomas Blairon - Le Soir
    ©Thomas Blairon - Le Soir

Q uel est le problème numéro un d’une ville comme Bruxelles pour régler son souci de chômage ?

Le problème numéro un est manifestement notre déficience en matière d’enseignement et de formation. Les entreprise recherchent des personnes qualifiées et la majorité des demandeurs d’emploi ne le sont pas.

Rudi Vervoort a dit : «  Bruxelles emploie plus de 700.000 travailleurs mais souffre d’un taux de chômage important chez les jeunes. Ce sont ces jeunes que je veux aider, ils ne peuvent pas être une génération sacrifiée(…) nous n’avons pas le droit de les décourager. Il est de notre devoir de leur offrir des perspectives (…) Et cela commence dès le plus jeune âge ».Qu’en pensez-vous ?

Rudi Vervoort a exprimé le sentiment de la plupart des observateurs. Malheureusement, on a déjà sacrifié une ou deux générations n'activant pas suffisamment le marché du travail. Il faut faire en sorte que nos jeunes accèdent à l’enseignement du français ou du néerlandais dès l’âge de 5 ans. De cette façon, ils accéderont à la première année primaire en comprenant la langue de l’enseignement, ce qui n’est pas toujours le cas actuellement.

Certains politiciens estiment qu’il fallait que la population de Bruxelles augmente de 300 à 500 mille unités en dix ans pour que la capitale soit enfin totalement compétitive.

Il n’y a pas de décision politique quant au « nombre idéal » d’habitants à Bruxelles. Il faut pouvoir anticiper en fonction d’estimations réalistes et adapter notre habitat, notre enseignement, gérer le développement économique et les soins de santé.

Les deux autres problèmes sont la surpopulation et le manque de mobilité à Bruxelles. Ne pensez-vous pas que ces deux questions ont aussi leur importance ?

La mobilité certainement, qu’elle soit interne à Bruxelles ou externe, afin d’entrer et de sortir de la Région. La surpopulation infraqualifiée, oui, mais la croissance de la population est en soi plutôt un des atouts de Bruxelles.

Vos réactions

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2. satanix dit le 07/05/2013, 15:08

J'ai bien aimé la réponse de JC Daoust à ma (déjà ancienne) râlerie sur Bolkenstein. " C'est une décision européenne" et voila... . Raison de plus pour agir politiquement contre Bolkenstein ! Un retour en arrière s'impose sur l'Europe, et vite. Quand à la formation, ce n'est que déplacer le problème: que vont faire les wallons si les étrangers établis à BXL piquent leur place ? Une mesure comme le retour au pays des étrangers serait bien plus productive au niveau national: un diminution de 20 % du budget chômage pourrait être envisagée, avec à la clé l'arrivée de contribuables à BXL. ( voir ce qu'en dit www.democratie-nouvelle.be.ma ce jour: convaincant ! ) Quant à la libre circulation des travailleurs européens: oui, mais au même tarif. D'ailleurs qui nous dit que les patrons d'intérim n'ont pas en sous main une petit société en Syldavie ou en Bordurie ?

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1. Mouflette dit le 07/05/2013, 14:34

"Un âne qui ne veut pas boire, on le laisse crever de soif" - On parle de génération sacrifiée, mais ma grand-mère parlerait de gros fainéants encouragés à l'avachissement par des allocations de tous types. Et je dois avouer que même moi, si je n'étais pas contraint et forcé, je n'en foutrais pas une. Alors qu'on arrête un peu.

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