«Mama»: le fantôme ne veut pas mourir

Didier Stiers
Mis en ligne

Le cinéma de genre espagnol réserve toujours des surprises. Le film d’Andy Muschietty donne quelque peu la chair de poule.

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Photo D.R.
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Au Festival du film fantastique, pendant les derniers congés « de printemps », la projection de «  Mama » avait généré une fiesta très rock’n’roll dans la salle Henry Le Bœuf du Palais des Beaux-Arts. Comme nous le relations à l’époque, le film d’Andy Muschietti fut l’occasion de hurlements (de frayeur), vociférations (de plaisir) et autres manifestations bruyantes, jets de rouleaux de papier W-C et de préservatifs gonflés, coups de corne de brume et cloches.

Le lendemain de cette mémorable séance de ciné, le réalisateur et sa sœur, coscénariste/productrice du film, évoquaient avec nous sa genèse (un court-métrage), le coup de pouce non négligeable de Guillermo Del Toro, et ces quelques touches originales qui font le sel de «  Mama ».

« Bien souvent, les monstres sont des éléments du film, pas vraiment des personnages , avance Barbara. Nous avons voulu que ‘Mama’ soit un peu entre les deux, ni tout à fait méchante ni réellement gentille. C’est une mère qui aime son enfant, pas juste une dingue qui tue ceux qui se mettent en travers de sa route ; une âme torturée, jalouse, mais qui veut faire ce qu’elle est supposé faire. Je trouve que c’est la réussite de ce film. »

Autre ingrédient apprécié malgré le brouhaha : la petite touche d’émotion, rare dans ce genre, qui ne fait pas oublier l’aspect réellement effrayant du monstre. « ‘Mama’ est né des expériences que je tentais , commente le réalisateur. Plutôt que de prendre deux ou trois prises, j’en prenais 20, du comédien faisant des choses différentes, accroché différemment aux câbles, marchant en arrière, etc. Le plus effrayant est suscité par les accidents. Parce que ça vient de quelque chose d’inattendu. Quand Universal nous a proposé de tourner un long-métrage à partir du court, je savais que nous aurions les moyens financiers pour explorer. »

Comme il est de rigueur en matière de films d’horreur, les âmes trop sensibles s’abstiendront. Au fait, faire dire et jouer des choses pour le moins bizarres à deux enfants, n’est-ce pas risqué ? « Nous avions organisé un premier casting à Toronto , raconte Barbara (NDLR : coproduction hispano-canadienne oblige), mais en vain, ce qui nous inquiétait un peu. Nous avons finalement trouvé, l’une à Montréal et l’autre à Vancouver. » Et son frère de poursuivre : « Pour être honnête, un plateau, pour un enfant, c’est la réalité. C’est très différent du film lui-même. Le plateau, c’est 80 personnes, des techniciens, de l’éclairage, les mamans sont là, les pères, parfois des frères et des sœurs, ou un prof… C’était vraiment un jeu, pour elles. Elles ont rencontré l’acteur qui joue ‘Mama’ avant de tourner, sans son maquillage. » C’est bien connu : les fantômes, ça n’existe pas.

Osez la rencontre !