Nicolas Buysse ou la passion du nanothéâtre
La compagnie Victor B. revient avec une nouvelle création, « Une petite allergie? », à découvrir à Namur en Mai.
Victor B. a décidé de nous faire éternuer. Déjà avec Trop de Guy Béart tue Guy Béart, spectacle de rue qui tourne depuis quatre ans, la troupe nous mettait le nez dans le pollen avec une balade audioguidée à travers les plantes méconnues de nos villes. Aujourd’hui, Nicolas Buysse et Jean-Michel Frère remettent ça avec Une petite allergie ?, exploration des petites bêtes qui peuplent nos maisons.
Pas besoin de se munir d’un masque, ces petites bêtes-là sont plus imaginaires qu’allergènes. C’est en découvrant Les petites bêtes bizarres de ta chambre à coucher de l’auteure hollandaise Loes Riphagen que le duo, rejoint par la plasticienne Ditte Van Brempt, a l’idée de ce spectacle mi-performance, mi-exposition. C’est l’histoire du professeur Verdonck qui, pendant plus de vingt ans, a travaillé à l’éradication des acariens pour une grande firme pharmaceutique. Jusqu’au jour où il a découvert d’autres bêtes, plus petites encore, mystérieuses et responsables de mille et unes petites incidences sur nos vies. Celles-ci ne seraient pas étrangères aux trous dans les chaussettes, aux nœuds dans les cheveux, aux tâches de rousseur. Elles expliqueraient aussi pourquoi il est si difficile de se lever certains matins ou pourquoi on ne retrouve pas la moitié de ses affaires. Le professeur enregistre les cris et les chants de ces bêtes, construit des maquettes et automates pour comprendre leur fonctionnement. Seulement, cette découverte n’est pas du goût de la firme qui fait disparaître le professeur. Son fils (Nicolas Buysse) prend alors le flambeau. Il invite les spectateurs à déambuler, un à un, dans une maison, parmi les découvertes de son père, avec un audioguide. Des maquettes agrandies de ces petites bêtes pour comprendre comment elles bougent, mangent,
volent ou étirent leur cou pour piquer les clefs au-dessus des armoires. Mais aussi des photos de taches de beauté, des plaquettes de microscope qui grossissent les crottes d’yeux.
Entre archives sonores et automates à la Tim Burton façonnés à la main par Herman Van Brempt et l’atelier de formation en décor de Latitude 50 à Marchin, Victor B. crée à nouveau un théâtre intime, de proximité, hors norme et hors les murs, pour une plongée poétique au cœur de créatures miniatures. En attendant une autre création, Poney pour toujours, veillée électro à la manière des veillées scouts.
Du 9 au 12 mai à Namur en Mai. Le 7 septembre aux « Unes fois d’un soir » à Lessines. Les 28 et 29 septembre et les 5 et 6 octobre au Théâtre de Namur.



