Cornette de Saint Cyr descend dans la rue

Laure Eggericx
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  • Jonone : « A Dream : then I woke up » (2008), technique mixte sur toile, signée, datée et titrée au dos. ©D.R.
    Jonone : « A Dream : then I woke up » (2008), technique mixte sur toile, signée, datée et titrée au dos. ©D.R.

Pour cette première dispersion comprenant 161 lots en tout, plusieurs classiques du genre sont à l’affiche parmi lesquels une grande composition de la figure du street art parisien, Jonone (John Andrew Perello), artiste d’origine dominicaine né à Harlem en 1963 et installé à Paris depuis 1987. Des murs de la ville au métro, il est passé à la toile, a multiplié les expositions tandis que sa cote ne cesse de monter. Son art est influencé par le lieu, le passé et le présent mais également par la peinture moderne. Son vécu de graffiteur hip-hop reste tangible.

Dans ses toiles, l’espace est entièrement utilisé, ne laissant guère de place au blanc et au vide. Dans cette monumentale technique mixte A Dream : then I woke up (170x210 cm, Paris, 2008), on retrouve l’harmonie et la profusion de signes chers à l’artiste avec une composition libre et spontanée, de l’ordre du gestuel. Les formes se nouent, se dénouent, s’enchevêtrent et se superposent dans une magistrale composition abstraite.

Les couleurs sont également présentes, sève vitale du créateur qui prend plaisir à les marier pour donner force et énergie à ses toiles. Celles-ci portent une estimation de 25-35.000 euros.

On relève également Mighty House (2009, aérosol sur toile, 220x150, estimation 35-40.000 euros) de Seen, de son vrai nom Richard Mirando, artiste américain new-yorkais né en 1961. Surnommé le Godfather of Graffiti, il est une des locomotives du street art avec Banksy, également représenté dans cette vacation aux côtés d’artistes « historiques » comme Dondi White, Phase2, Crash, (Eather of Her, 2008, aérosol, sur toile, 8-12.000 euros), Noc, Zéphir ou A-One (IDT, 1983, aérosol sur toile, 8-12.000 euros).

Autre grand moment de la vente avec cette œuvre d’Invader, artiste français « incognito ». Né à Los Angeles en 1969, il est connu pour les mosaïques qu’il a semées dans les grandes villes. Son œuvre est inspirée des jeux vidéo des années 70-80, en particulier les Space Invaders. Les motifs et les pixels sont reproduits par la mosaïque. Ici, dans son Rubik Kubrick II de 2007, il a collé les Rubick’s cubes sur du bois pour donner du volume au portrait de Jack Nicholson dans Shining.

Cette pièce unique s’inscrit dans le mouvement « Rubikubiste » qu’il a fondé en 2005 et développé selon trois thématiques : les portraits de Bad Men (les méchants), les chefs-d’œuvre de l’histoire de la peinture et les Low Fidelity (pochette de 33 tours mythiques).

Notons des œuvres moins coûteuses comme ce Dreamy State de 2009, une grande technique mixte sur toile proposée 3-4.000 euros, due à Smash 137, un artiste suisse inspiré essentiellement par la calligraphie occidentale.

Quant au volet belge dans cette édition consacrée essentiellement à des artistes de portée internationale et à des pièces historiques des années 1980 (de NYC pour la plupart), il est réduit à deux noms : BlancBec (1976) et son oiseau aux formes géométriques, et Spark (1969), véritable locomotive de la street pop bruxelloise, mouvance à la croisée de la pop américaine et de la culture de l’art urbain européen. Il faudra compter entre 1.800 et 2.200 euros pour Anonymat8 (2012) de BlancBec et 5-7.000 euros pour acquérir Nice One (2013) de Benjamin Spark.

89 chaussée de Charleroi, 1060 Bruxelles. Vente le 3 juin, 19 heures. www.cornettedesaintcyr.be

Osez la rencontre !