A Ferranesi, la vie est belle et la journée, particulière…
Beaucoup de Belges possèdent un pied à terre en Toscane.C’est le cas de l’architecte Christine Conix, qui a retapé une ancienne ferme en carré datant du XIXe siècle dans les Crete senesi, un endroit quelque peu méconnu situé à 30 kilomètres de Sienne.Elle peut aujourd’hui accueillir plusieurs familles pour des vacances dans un cadre de rêve.Visite des lieux.
Christine Conix fait partie de ces (nombreux) Belges qui possèdent un « pied à terre » en Toscane. Cette architecte (re)connue ne jure que par une région en particulier, quelque peu méconnue : les Crete senesi.
Les Crêtes siennoises sont des collines situées au sud-est de Sienne où souffle le vent et où l’argile et le tuf donnent une impression de paysage désert, presque lunaire.
C’est là qu’en 2000, elle rachète une ferme abandonnée, presque à l’état de ruines, pour en faire un endroit où rassembler sa famille et ses amis. Celle-ci se trouve à l’écart de la route principale, le long d’un chemin de terre, complètement isolée. Et à seulement 30 kilomètres de Sienne. « L’idée d’en faire une maison d’hôtes est venue par la suite, dit-elle aujourd’hui. Mon mari et moi en rêvions. Nous avons visité énormément de biens, en entrant d’abord dans une agence sans réfléchir, puis en sillonnant la région. Quand nous sommes tombés sur les Crete senesi, nous avons su que c’était là que nous voulions être… »
Située dans la localité d’Asciano et servant jadis de lieu où logeaient les ouvriers qui récoltaient le safran, la « Casa Ferranesi » a subi un intense lifting. Datant du XIXe siècle, la ferme en carré pouvait accueillir à son apogée jusqu’à 40 personnes. En raison de la mécanisation de l’agriculture et de l’exode rural, elle fut définitivement abandonnée dans les années 50. Seules subsistaient les ruines du volume du côté nord-ouest et d’une partie du volume central, utilisé comme porcherie. Tout le reste avait été détruit lors de tremblements de terre successifs.
Pour assurer l’authenticité du bâtiment et l’intégration aux lieux, Christine Conix a utilisé des matériaux naturels autant qu’écologiques : blocs de pierre naturelle récupérés lors des terrassements pour la façade extérieure, briques, tuiles et dalles sous toutes les formes, bois et plâtre.
La véritable métamorphose subie par la ferme la voit proposer, aujourd’hui, cinq logements indépendants qui se côtoient et qui peuvent être loués séparément. Dans chacun d’entre eux, la « patte » de l’architecte anversoise est visible : agencement des espaces minimaliste et décoration qui allie grande beauté et simplicité extrême. L’aménagement contemporain des intérieurs se voit rehaussé par l’utilisation de matériaux nobles comme la pierre naturelle santafiora (extraite des carrières de Grosseto), le bois massif (chêne, châtaignier et tek) ou encore le fer forgé.
Quant à la piscine à débordement commune à la propriété, elle est un pur bijou, simple mais beau comme tout le reste. La vue sur les environs y est quasi panoramique.
Ouverte depuis 2004, la maison d’hôtes a nécessité un an et demi de travaux. L’obtention des permis nécessaires fut loin d’être une sinécure. « Je n’ai pas développé cette activité pour gagner de l’argent car il me faudrait bien trop d’années pour récupérer mon investissement de départ !, sourit Christine Conix. Ferranesi est avant tout une maison de vacances, un lieu de rassemblement où j’aime à chaque fois réunir mes enfants et mes amis, mais aussi les amoureux de la Toscane. C’est un endroit de rencontres où l’on peut vivre l’espace de son séjour, et si on le souhaite, isolé du reste du monde. Gérer un tel chantier ne fut guère aisé mais je le referais à tous les coups pour tous les moments de plaisir et d’amitié que nous avons pu y développer. »
Les bureaux qu’elle possède à Anvers et à Bruxelles ne pouvant se passer d’elle, Christine Conix regrette parfois de ne pouvoir se rendre à Asciano que quatre fois par an. Mais elle apprécie à chaque fois ses escapades siennoises, surtout celles effectuées aux périodes de l’année où la Toscane est vraiment, selon elle, la plus belle région du monde. « Mai, juin, septembre et octobre sont les plus beaux mois de l’année. J’ai une préférence pour juin car il y a moins de touristes, il ne fait pas encore trop chaud, ce qui rend les visites plus agréables, et la nature est resplendissante ! Mais novembre avec sa récolte des olives vaut également le détour… »
Grâce à Ferranesi, Conix Architects a développé d’autres chantiers en Italie. Le bureau participe actuellement à deux autres rénovations de fermes, l’une située dans le Chianti et l’autre près de Sienne. « Il y a encore beaucoup de choses à faire là-bas… », conclut Christine Conix.
Signalons encore que les habitations portent toutes le nom d’un classique du cinéma italien : Il postino, La strada, Una giornata particolare, La vita è bella…
Mais point besoin d’amener ses DVD. Car ici, la séance commence dès qu’on ouvre la fenêtre…
Renseignements : www.ferranesi.com









cazzo... Beaucoup de Belges, on voit bien que tu n'y vis pas, y en a pratiquement pas des Belges, et des francophones, alors là, c'est le miracle :-) Alors, si les Crete senesi sont un endroit relativement méconnu, à part pour les Belges justement, y a pas plus image d'Epinal pour illustrer la Toscane haha ps : le côté déplacé et ringardos aussi, des rares Belges sur place, encore prouvé dans ton article : donner le nom de films italiens à ces fermes restaurées, fallait oser.