OffshoreLeaks: la riposte fiscale commence

Traduction: Alain Lallemand

Les données révélées par ICIJ et Le Soir sont dans les mains des agents du fisc britanniques, américains et australiens. Ces trois administrations possèdent désormais davantage encore que le réseau de journalistes qui a révélé ce dossier.

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© Gary Hershorn / Reuters
    © Gary Hershorn / Reuters

Les autorités américaines, britanniques et australiennes examinent en ce moment une masse gigantesque de données informatiques «  fuitées  » qui pourrait annoncer l’une des plus grandes enquêtes fiscales de l’Histoire. Selon les informations en notre possession, ces archives secrètes incluraient notamment celles obtenues par l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) – le scandale connu sous le nom d’OffshoreLeaks – qui avaient mis à nu les individus se cachant derrière des offshores et trusts privés des îles Vierges britanniques, des îles Cook, de Singapour, Labuan et autre refuges fiscaux.

Les documents obtenus par ICIJ représentaient déjà la plus grande fuite de données sur les sociétés offshores jamais mise au jour par des médias. Mais les autorités fiscales britanniques affirment qu’elles possèdent plus encore que l’OffshoreLeaks : si la base de données ICIJ regroupe 260 gigabytes de données, les trois services fiscaux sont désormais en possession de pas moins de 400 gigabytes de données fuitées.

«  Nous sommes toujours en train d’analyser les 400 gygabites de données, mais les premiers résultats montrent l’usage de sociétés et trusts dans un nombre de territoires de par le monde dont Singapour, les îles Vierges britanniques, les îles Caïman et les îles Cook  », affirme un communiqué des autorités fiscales britanniques. «  Les données révèlent aussi des informations qui pourraient être partagées avec d’autres administrations fiscales dans le cadre de la lutte globale contre l’évasion fiscale. »

Pour rappel, les publications de l’ICIJ et des médias associés – dont Le Soir – ont déclenché des enquêtes officielles, des démissions – dont l’une en Belgique dans le secteur diamantaire – et, au sein des dirigeants européens, un nouveau sentiment d’urgence dans la lutte contre l’évasion fiscale.

Les autorités fiscales britanniques affirment travailler avec les collègues américains et australiens « sur des données qui révèlent l’usage extensif de structures offshores complexes par des sociétés et individus aisés afin de dissimuler leur patrimoine. » Jusqu’à présent, les Britanniques ont identifié « plus de cent personnes qui ont bénéficié de ces structures… et sont sous enquête pour évasion fiscale via offshores. » Ils ont aussi identifié, pour la seule Grande-Bretagne, plus de 200 comptables, juristes et conseillers professionnels qui ont aidé à monter ces structures et qui seront eux aussi soumis à enquête.

Le ministre britannique des finances, George Osborne, a décrit cette masse de documents comme une « autre arme » contre l’évasion fiscale. « Le message est simple : si vous fuyez les taxes, nous vous poursuivrons. » Le chef de l’administration fiscale britannique Jennie Granger a declaré que certaines constructions pourraient être parfaitement légitimes. «  Cependant, elles pourraient impliquer de l’évasion ou de la fraude fiscale ou d’autres délits sérieux. Ce qui doit cesser, c’est l’utilisation d’offshores pour illégalement dissimuler du patrimoine et des revenus. »

Le service américain des impôts (IRS) a déclaré que les trois pays «  se sont chacun appropriés un volume substantiel de données qui révèle l’usage extensive d’entités dans un certain nombre de juridictions comme Singapour, les îles Vierges britanniques les îles Caïman et les îles Cook  ». Ces données «  contiennent à la fois les identités des propriétaires de ces sociétés ainsi que celle des conseillers qui ont aidé à établir ces structures  » offshores. Dans ce communiqué, l’IRS fait part de sa volonté – si des Etats le demandent – de partager ces données avec les administrations fiscales d’autres pays dans la mesure où elles peuvent aider des enquêtes étrangères. «  Cela fait partie de l’effort de l’IRS et d’autres administrations fiscales de pourchasser l’évasion fiscale  », a déclaré le directeur ff de l’IRS Steven T. Miller.

Gérard Ryle (journaliste australien, directeur de l’ICIJ)

Marina Walker (journaliste américaine, directrice adjointe de l’ICIJ)

Traduction : Alain Lallemand

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14. Fafnir dit le 11/05/2013, 04:01

c'est gigabyte, pas gygabite.

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13. Mlchael dit le 10/05/2013, 20:51

Ce que je trouve inadmissible dans tout cela, c est que tous ces fraudeurs ne risquent pas grand chose aucun ne sera jugé ni condamné a de la prison ferme pour vol organisé envers les contribuables. Je pense que temps que la transparence total pour tous n est pas de mise fraudé restera très facile pour toute une série de profession souvent dite patronale, politique ou libérale.

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12. Lapinos20 dit le 10/05/2013, 20:35

Au début il y avait la presse...mais celle-ci ne pouvait pas donner ses données et le fisc donc n'avait rien. Ici l'IRS veut bien partager ses données avec les pays demandeurs...que va faire le fisc ( donc l'Etat, donc nous...), attendons la réponse de nos Ministres dès demain sans doute, oui mais vous savez....

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11. dissident007 dit le 10/05/2013, 20:35

Le monde financier doit être moralisé et non traité comme un paria à éliminer, il a un rôle incontournable dans le développent du bien-être, de l'économie et de la liberté individuelle. Malheureusement le socialisme moderne n'est pas encore né, il vit encore à l'ère des charbonnages et des entreprises casernes. Le but de l'économie est de rendre chaque individu acteur de son destin et de son autonomie. Les seul impôts réellement moraux sont ceux qui vont directement au profit des plus démunis, il y a assez d'argent pour cela, le reste c'est de l'arnaque pour engraisser des castes de planqués faisant patte blanche.

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10. dissident007 dit le 10/05/2013, 20:20

Suite. Ce qu'on ne dit pas c'est qu'autour et au sein de l'état et des gouvernements gravite une fourmilière de pique-assiettes et d'instigateur très proche des milieux financiers; on dit souvent que les banques on pris le pouvoir sur les états, en réalité l'un et l'autre ne font plus que un depuis belle lurette, ils sont tous deux fautifs et instigateurs des dérives financières de la dernière décennie.

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