Allocations: voici la Belgique à deux vitesses

Bernard Demonty

C’était un système unique au monde. Dans un pays où l’autoflagellation tient lieu de fierté nationale, tout le monde s’accordait à dire que le système des allocations familiales fonctionnait à merveille. C’est dire le consensus national. Pensez donc : le huit de chaque mois, les parents de 2.700.000 enfants touchent ce complément, parfois vital, afin d’assurer le bien-être de leurs enfants.

Mais il a fallu donner un os à ronger aux autonomistes flamands qui voulaient la peau de la Sécu. Et le moindre mal, c’étaient les allocations familiales, parce qu’en les transférant, disait-on, on ne touchait pas, ou si peu, à la solidarité nationale.

Mais aujourd’hui, les principaux acteurs de terrain, telle la Caisse wallonne d’allocations familiales, crient à la casse et constatent ceci : demain, il faudra savoir où l’enfant est domicilié légalement. Si le père est en Flandre et la mère en Wallonie ? Et si l’un des parents est à l’étranger ? Et si un papa se remet en ménage dans une autre Région ? Toutes ces questions, qui se réglaient en un clic dans le système actuel, vont nécessiter une ingénierie aussi coûteuse que désolante. Les risques de fraude et celui de retard de paiement sont décuplés.

Mais le plus affligeant n’est pas là. Car ce que les Belges vont découvrir petit à petit, c’est que, demain, les allocations pourront être beaucoup plus élevées dans une région que dans une autre. Un enfant n’est plus un enfant, mais un enfant wallon, bruxellois, germanophone ou flamand. Et ce n’est plus la même chose.

Il ne faut pas faire un dessin d’enfant : sans préjuger de la politique que mènera la Flandre, elle disposera de moyens plus importants pour sa politique familiale.

Et la Wallonie et Bruxelles, devront, en outre, supporter une charge plus élevée, car elles comptent davantage de familles avec suppléments sociaux, enfants handicapés et orphelins.

Même si les politiques francophones ont assuré qu’ils ont limité la casse, une Région plus riche sera, très bientôt, en mesure de gâter les siens au détriment des autres.

Ne pleurons pas la Belgique de papa, mais donnons-nous le temps de procéder à cette désagréable chirurgie en n’ajoutant pas du chaos à ce sentiment d’injustice.

Et retenons la leçon : les quolibets des nationalistes et de leurs acolytes ne doivent pas faire oublier que détruire un Etat social pour en créer plusieurs autres, c’est une affaire qui nécessite rigueur et préparation. Une affaire de décennies, pas de jours.

Vos réactions

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49. Robert dit le 13/05/2013, 11:47

Nous avons les politiques que nous méritons, rien de plus. Des politciens médicores reflet d'un électorat médicore.

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48. Atahualpa dit le 13/05/2013, 08:22

Un enfant n

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47. Atahualpa dit le 13/05/2013, 00:31

@gatinais ...... votre raisonnement et tout à fait correct, un manque de volonté et de courage pour changer son économie. On appelle les autres des conservateurs parce qu'ils sont de droite - si la différence gauche/droite a encore un sense. Aux autres: le "succes" de la Flandre est dû en partie à la "maritimisation" de l'industrie. Tendance mondiale qui ne fait que commencer... trés intéressant à se sujet sont les cartes qui donnent la densité de la population. On peut aussi faire le rapprochement avec le succés des "partis écologistes" ....

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46. lesoirbruxelles dit le 12/05/2013, 22:29

en suisse, les cantons peuvent attribuer des allocations familiales différentes. il y a une base commune, mais libre à chaque canton d

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45. gatinais dit le 12/05/2013, 20:02

@42 Et moi, le message que je voulais faire passer, c'est que la Wallonie a effectivement des atouts énormes, un potentiel énorme (sans doute bien plus élevé que celui des autres régions belges), sauf qu'au lieu de miser sur ses points forts, ça fait 40 ans qu'on mise sur ses points faibles ! Et qu'aujourd'hui, on cherche la faute chez les autres ...

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