Reine Elisabeth: révélation russe, déception belge

Elsa de Lacerda
| mis à jour

C’est un Studio 4 de Flagey archicomble qui attendait, ce lundi après-midi, le récital du premier des deux candidats belges à avoir atteint le stade de la demi-finale. Ils sont 24 en tout à se produire à deux reprises – en récital, donc, et dans un concerto de Mozart (avec l’Orchestre de chambre de Wallonie dirigé par l’excellent Michael Hofstetter).

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Photo Belga
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Dans la cour du Concours Reine Elisabeth, Yannick Van de Velde ne fait pas le poids, confirmant nos craintes aux éliminatoires. Dans l’imposé, Dream de Frédéric Rzewski, sa vision est percussive et quelque peu hésitante. Difficile d’y entrevoir des phrasés et des lignes cohérentes. Il enchaîne avec l’ouverture de Tannhaüser de Wagner, transcrite par Liszt. On l’y sent légèrement plus à l’aise, mais toujours avec cette même sonorité appuyée, manquant de couleurs et de respiration. Son jeu, virtuose, accuse une certaine dureté, due sans doute à sa nervosité. Yannick Van de Velde s’applique, mais jamais ne transparaît sous ses doigts la magie de cette ouverture aux atmosphères oniriques, abîmée par quelques accidents et une fin précipitée.

C’est finalement dans Szabadban de Bartók que la nature du jeune Belge se déploie enfin. Cette musique aux accents scabreux et aux mélodies inspirées du folklore hongrois convient bien mieux à notre pianiste.

De ce premier après-midi, on retiendra surtout le jeune Russe Mikhail Berestnev. C’est de mémoire et avec passion qu’il se plonge dans Dream. Le rêve est bien présent dans cette vision aux sonorités a mezza voce, tranchées soudain par des basses effrayantes. Dans les Variations et Fugue sur un thème de Händel, de Brahms, il alterne avec brio épure classique et romantisme charnu. Une interprétation contrastée, d’une grande beauté et servie par une forme limpide, un jeu aisé et une sonorité superbe. On dirait le petit frère d’Andrey Baranov, qui remporta au violon le concours 2012.

On en oublierait presque le début de la séance qui a commencé traditionnellement avec les concerti de Mozart. C’est le chinois, Yuntian Liu (28 ans) qui ouvre le bal avec le 17e concerto en sol majeur. Sonorité mate et manquant de relief, malgré une belle fluidité. Avec Samson Tsoy, un Russo-coréen de 25 ans, on découvre d’emblée une sonorité lumineuse dans le 20e concerto de Mozart. La fougueuse cadence de Beethoven prédit qu’il sera sûrement plus à l’aise dans son récital. Prestation enlevée, mais souvent nerveuse et manquant de maîtrise.

Vos réactions

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1. IlEstGrandTemps dit le 14/05/2013, 00:24

C'est étonnant comme les Flamands sont "Belges" quand ils doivent passer un concours comme le Reine Elisabeth. S'il l'avait gagné, la presse du nord se serait extasiée devant un "nieuw vlaams wonderkind". De toute façon, il n'était pas comparable à Berestnev.

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