Concours Reine Elisabeth: la Belge Stéphanie Proot joue Mozart devant la famille royale

Serge Martin

La virtuose belge Stéphanie Proot s’est lancée dans le subtil 23e K488. Un concerto de Mozart applaudi par plusieurs membres de la famille royale.

Mozart

Trois générations de la famille royale (la Reine Fabiola, la Princesse Mathilde et deux de ses enfants) s’étaient déplacées ce mardi après-midi pour assister à la prestation de Stéphanie Proot dans son concerto de Mozart. Celle-ci avait choisi le très subtil 23e K488. Une exécution racée qui fuit l’effet et cultive la ligne de chant. Un véritable dialogue s’installe d’emblée avec l’orchestre dans l’allegro initial. La concurrente aborde ensuite l’adagio central d’une façon très recueillie et y développe un sobre climat de méditation qui débouche sur un chant d’une belle pudeur. Celui-ci contraste pleinement avec l’effervescence sautillante du finale, mené comme un enlevé jeu de rôle aux étincelantes facettes.

Avant elle, Kong Jianing (Chine) avait abordé le très théâtral 17e concerto K 453 dans un esprit ludique et enjoué en dépit d’un andante central un peu littéral.

Récitals

Puissance déterminée et rythmique implacable, l’attaque des «Sarcasmes » de Prokofiev par Tatiana Chernichka (Russie) fait presque peur. Fantasques, elliptiques, obstinés, les climats s’enchaînent sans rien perdre de leur fureur écrasante. Ce tempérament volcanique renforce la noirceur des « Préludes » de Debussy et suscite l’emphase grandiose, farouchement appuyée du Liszt de « Après une lecture Dante ». Paradoxalement, le discours éclaté de l’imposé, s’il est disparate, se fait moins obsédant. Il n’empêche qu’en fait de rêve, le tempérament de la candidate russe évoque surtout le cauchemar.

Bouleversement complet avec Zoo Zhang (Chine). « Dream » redevient ce florilège d’instants divers et secrets qui se pourchassent dans une course sans fin. On retrouve tout l’art des nuances de timbres de la pianiste chinoise dans une « Ondine » de Ravel, fluide et transparente dans sa souplesse fuyante. Son sens des atmosphères contrastées convient évidemment fort bien aux « Etudes symphoniques » de Schumann : affirmées ou rêveuses, émues ou cavalières, souvent flamboyantes, toujours ardentes.

Vos réactions

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1. cherpay dit le 14/05/2013, 22:23

Proot: une belle mécanique et..oui, "peu d'effets":un manque flagrant de nuances. Chernichka: Un immense plaisir, une conviction,une présence à l'oeuvre, entièrement dans sa Musique. Jianing: le contraste. Oserai-je dire une présence en nuances de bleus,un toucher délicat et sans faille: une présence ombrée et kaoline...

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