Moureaux: «Les classes dominantes ont créé un monopole de la pensée»
L’ex-bourgmestre de Molenbeek a annoncé la création d’un « groupe de réflexion » le 6 juin prochain. Philippe Moureaux espère attirer des gens « de tous horizons ». Il a répondu à vos questions.
Résumé des thèmes abordés par Philippe Moureaux.
Le PS, un parti déconnecté de la classe populaire ?
« Je suis en partie d'accord. J'ai d'ailleurs été souvent critiqué lorsque j'ai favorisé l'accession à des fonctions politiques de personnes non universitaires. Je pense qu'un parti de gauche devrait idéalement être un mixte d'intellectuels et de personnes issues des classes populaires. L'un n'excluant pas l'autre. »
Et un parti néolibéral ?
« La gauche socialiste freine la poussée néolibérale mais elle n'est pas aujourd'hui en mesure de l'arrêter. Il faudrait, même si on souhaite utiliser un autre terme pour des raisons d'opportunités, que la gauche reprenne conscience de ce que les classes dominantes, de plus en plus arrogantes, ont créé une forme de monopole de la pensée. Je salue le travail de résistance du PS mais je ne méprise en aucun cas les autres tentatives de faire renaître une gauche offensive. C'est à ce combat de reconquête que je souhaite modestement participer. »
Pourquoi un groupe de réflexion ?
« Je n'ai pas la prétention d'être un penseur officiel. Je suis un esprit libre, beaucoup plus libre d'ailleurs depuis que je n'occupe plus de fonctions dirigeantes au PS, qui souhaite avec des amis et des camarades apporter une petite pierre à la dénonciation de la société néolibérale qui nous précipite soit vers le chaos, soit vers la soumission absolue des classes populaires. » « Je souhaite un groupe ouvert dont les participants connaissent la coloration, ce qui ne doit pas les empêcher de conserver une liberté d'expression nécessaire à la renaissance de la gauche. »
Bruxelles, ville sale ?
« Je pense tout d'abord qu'on ne devrait pas accorder tant d'importance à un article d'un journaliste français (Jean Quatremer de Libération, ndlr) qui adore pousser sa pensée jusqu'à l'excès. Pour le reste Bruxelles n'est certainement la capitale de la saleté mais doit encore faire des efforts et tenter de convaincre ses habitants de participer à la propreté de leur ville. Tout ne dépend pas des autorités, beaucoup dépend de l’attitude de la population. »
Vos réactions
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en tout cas je ne voterais plus jamais socialiste , c'est devenu un club privé
16. CathyS> Pour être exact ce sont précisément nos gouvernants qui ont créer l UE sans la moindre approbation populaire (pour rappel le vote a été fait par voie parlementaire). Et c est d autan pus illégal qu ils ont adoptés les résolutions onusiennes qui non seulement leur refusent ce droit de décision, mais de plus, les obligent à un référendum contraignant. (article 169 de la constitution belge par lequel ils ont délégué ce pouvoir de décision à l ONU qui a de ce fait pouvoir de se substituer au pouvoir fédéral et régional) De ce fait on pourrait qu ils sont susceptibles d être arrêté par la juridiction internationale depuis 1992 pour "entrave méchante" au principe d "interdiction de recourir à la menace ou à l'emploi de la force en matière de droit des peuples à l autodétermination" (Cfr Résolutions 2160 du 30 novembre 1966, 2181 du 12 12 1966, 2327 du 18 12 1967, 2463 du 20 12 1968, 2533 du 08 12 1969, 2625 du 24 10 1970, résolution 2649 du 30 no[...]
Il a raison : "...un parti de gauche devrait idéalement être un mixte d'intellectuels et de personnes issues des classes populaires. L'un n'excluant pas l'autre...". C est d ailleurs tout le probleme de la droite qui est incapable de comprendre les besoins, reactions et problemes du quidam !









Aller plus loin... Les problèmes réels sont au-delà de la droite et la gauche, ils sont environnementaux, financiers, économiques, sociaux, éducatifs. Les décideurs accumulent des mesures à court terme nettement insuffisantes. L'Europe s'empêtre dans une politique néo-libérale surannée, mais comment piloter un navire où chacun tire la couverture à soi ? On pourrait ose la démocratie participative, mais on préfère imposer des banquiers à la tête des Etats (Monti, Papademos). Et dès que quelqu'un ose dire qu'il faut aller plus loin (indignados, Mélenchon, Moureaux), on le traite de populiste parce que bien qu'on sache qu'il va falloir changer pas mal de choses, on a bien trop peur du changement. Soyons moins frileux !