Un jardin, encore et toujours, mais avec le moins d’entretien possible…

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Qui dit extérieurs, dit forcément entretien. Et qui dit entretien, dit temps et volonté. Et sur ces deux points-là, le bât blesse pour la majorité d’entre nous.

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Chez les Jeunes Jardiniers, l’entretien des jardins représente 40 pour cent du chiffre d’affaires de l’asbl.
    Chez les Jeunes Jardiniers, l’entretien des jardins représente 40 pour cent du chiffre d’affaires de l’asbl.

C’est en tout cas ce que relève Vincent Galand, le responsable financier et administratif des Jeunes Jardiniers, une entreprise de jardins qui occupe des personnes handicapées à Uccle. « Les gens ont de moins en moins de temps et d’envie à consacrer à leur jardin, relève-t-il ainsi. Quand arrive le week-end après une semaine de travail bien remplie, ils veulent en profiter tout de suite plutôt que d’en être esclave et de sortir la tondeuse… »

C’est ce qui explique le succès des entreprises de jardins spécialisées dans l’entretien mais aussi dans les petites constructions telles que les aménagements de terrasses, les allées de garage, la pose de clôtures ou d’abris de jardins. « Plus de 7.800 entrepreneurs constituent un secteur qui emploie quelque 17.000 personnes aujourd’hui, note Jean-François Ferrant, le président de la FBEP (Fédération belge des entrepreneurs paysagistes). En 1988, il y avait 700 entrepreneurs. Les clients veulent encore et toujours un jardin car cela fait partie de leur bien-être. Il y en a même qui font crédit pour en posséder un. Mais leur demande a évolué vers des jardins plus petits et plus simples, avec le moins d’entretien possible. Et plus c’est petit, plus ça doit être léché… »

Marché saisonnier par excellence, l’entretien de jardins dépend fortement des conditions climatiques. « Après un week-end ensoleillé, nous sommes débordés d’appels ! Quand il a été maussade, c’est beaucoup plus calme, note Vincent Galand. Notre chiffre d’affaires est en évolution constante depuis dix ans même si cette année, on ressent davantage la crise. »

Le pouvoir d’achat n’est pas le seul à être en cause. « L’hiver a été très long avec un mois de mars qui a été plus que pourri, insiste le responsable des Jeunes Jardiniers. La machine met peut-être un peu plus de temps à se remettre en route. Il faudra attendre encore quelques semaines pour être fixé… »

Aujourd’hui, les particuliers profitent donc toujours de leur espace vert mais dans des fenêtres de temps plus limitées, ce qui expliquerait la volonté de posséder des espaces plus réduits. « Regardez le nombre de gens qui partent en week-end prolongé de nos jours !, explique Jean-François Ferrant. Cela explique par exemple le succès des plantations de pennisetum, des variétés d’herbes très demandées dans les jardins car elles nécessitent peu d’entretien. »

Si le client n’a pas renoncé à puiser dans ses économies pour s’offrir une tranche de verdure, il lui arrive malgré tout de « freiner » sur le choix des matériaux. « La pierre bleue belge est délaissée au profit de la pierre asiatique, regrette ainsi Vincent Galand. Ceci dit, il nous est déjà arrivé de facturer jusqu’à 60.000 euros pour l’aménagement des extérieurs d’une maison… »

Les Jeunes Jardiniers, comme beaucoup de leurs confrères, sont également appelés pour entretenir les abords de maisons inoccupées. « C’est important pour garder la maison attirante en cas de visites, fait remarquer Vincent Galand. Dans ce cas-là, on agit pour le compte de sociétés immobilières ou de particuliers qui possèdent plusieurs biens. Une grosse partie de notre clientèle provient aussi de copropriétés dans lesquelles, bien sûr, aucun propriétaire ne veut tondre la pelouse pour les autres… »

PAL

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