Le film cannois du jour: «The Bling Ring»

Fabienne Bradfer
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Sofia Coppola a le talent pour mettre en scène la jeunesse friquée qui se partage entre luxe, ennui, défonce et inconscience. La chronique de Fabienne Bradfer

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Le pitch

A Los Angeles, un groupe d’adolescents fascinés par les people et l’univers des marques traque, via internet, l’agenda des célébrités pour cambrioler leurs résidences. Ils subtiliseront pour plus de 3 millions de dollars d’objets de luxe: bijoux, vêtements, chaussures… Parmi leurs victimes, on trouve Paris Hilton, Orlando Bloom, Lindsay Lohan. Les médias ont surnommé ce gang le «Bling Ring».

Ce qu’on attend

Sofia Coppola est l’enfant chérie de Cannes. Elle y présenta Marie-Antoinette en compétition en 2006. Cette fois, elle fait l’ouverture de la section «Un certain regard».

Icône du cinéma indépendant, elle continue d’explorer la jeunesse dorée d’Hollywood, un univers qu’elle connaît très bien pour y avoir grandi. Pour «Bling Ring», elle s’est basée sur un fait divers relaté dans le journal Vanity Fair et titré «Les suspects portaient des Louboutins».

La copine de Harry Potter en effrontée, la jeune Emma Watson en gogo danseuse prof de yoga, est-ce possible?

Ce que j’en pense

Emma Watson assume parfaitement sa reconversion d’après Harry Potter. Hermione s’est transformée en petite fille riche obsédée par la célébrité et ça marche. Sofia Coppola a le talent pour mettre en scène la jeunesse friquée qui se partage entre luxe, ennui, défonce et inconscience. Cinéaste impressionniste, elle procède par touches et saisit en cette bande d’ados l’enthousiasme, la fraîcheur et l’inconscience. Ce qui donne une énergie nouvelle à son cinéma. Les scènes caméra à l’épaule et les plans fixes où l’action se déroule en temps réel donnent une dynamique intéressante. Sofia C. peaufine son rapport au cadre, à l’image. Mais le film ne va pas tellement plus loin que la vacuité dont il fait l’écho, ce qui donne à plusieurs moments le sentiment de répétition. C’est un peu comme si Sofia restait dans le murmure. Quand elle se lâche, cela reste minimaliste comme lorsqu’elle énonce cette Amérique perverse toujours subjuguée par les Bonnie and Clyde. C’est aussi ainsi que Sofia impose son style.

Petit Plus

C’est bien Paris Hilton qui joue son propre rôle dans le film. C’est aussi son «dressing» à chaussures qu’on voit dans le film puisqu’elle a prêté sa maison pour le tournage. Les fringues, les bijoux, les chaussures chez Paris Hilton, c’est tout simplement dément!

«The Bling Ring» sort en juin sur nos écrans.

Osez la rencontre !