Trans Tunisia: déjà la trentième!
Le Club Moto 80 emmène des motards sur les belles pistes de Tunisie. L’ambiance des débuts a changé, mais pas tant que ça. La révolution tunisienne ne pose pas vraiment problème. Le Club s’est diversifié, en se tournant notamment vers le quad.
En trente éditions, la Trans Tunisia a bien changé, mais sans doute pas autant que le pays qui l’accueille.
Infrastructure hôtelière, communications, réseau routier… La Tunisie a connu une grosse évolution. Elle garde toutefois une part de mystère, même pour l’organisateur du célèbre raid tout terrain. Au début des années 80, Luc Paquier découvre les joies du désert sur deux roues avec quelques copains. Entre le journaliste et le Nord de l’Afrique, c’est le coup de foudre immédiat. Il réitère l’expérience sans tarder. Un coup en Tunisie, un coup au Maroc… C’est finalement en Tunisie qu’il décide de dérouler son road-book, et d’organiser la première Trans Tunisia officielle en 1984. « La Tunisie nous a directement ouvert ses portes et nous a aidés au niveau de l’organisation, ce qui a facilité beaucoup de choses. »
Ils sont 80 à prendre le départ de cette première édition. Un départ symbolique donné sur la Grand-Place de Bruxelles. Les participants ralliaient alors l’Afrique au guidon de leur moto. Ils partaient pour une grande aventure humaine et mécanique, avec des nuits en bivouac, dans des campements ou dans des paillotes…
Le Dakar pour tous
Trente ans plus tard, la « TransTu » a bien changé. La plupart des participants rejoignent la Tunisie en avion et profitent du confort d’hôtels étoilés. L’esprit d’aventure n’est plus aussi prononcé, mais il est toujours bien présent. « Nous avons profité de l’engouement pour le Dakar, se souvient l’organisateur. Notre raid était non seulement plus accessible, mais il était aussi dénué de tout esprit de compétition. » Et il l’est toujours. Les participants suivent les pistes à leur rythme. Ils ont même le choix entre deux itinéraires, un typé enduro et l’autre plus roulant, qui permet de consacrer plus de temps au tourisme. Ou de se reposer, car 2.500 km en dix jours, ça reste une aventure…
Tozeur, Tataouine, Ksar Ghilane… La Trans Tunisia ne manque jamais de visiter certains sites incontournables, mais l’itinéraire évolue chaque année, d’une part pour faire face au développement du réseau routier local, mais aussi pour contenter les nombreux « récidivistes », ces habitués de la TransTu, qui reviennent régulièrement, et qui sont toujours émerveillés par la beauté des paysages et par l’accueil des Tunisiens.
Si le record de participation avait été battu pour la 20e édition (avec 120 TransTunisiens), il n’était que 70 pour la trentième. « La crise est passée par là, explique Luc Paquier. Mais les suites de la révolution de jasmin de 2010-2011 ne jouent pas en notre faveur non plus. La Tunisie souffre de la baisse de fréquentation des touristes. Il n’y a pourtant aucune raison objective d’éviter de se rendre dans ce beau pays. Il n’y a jamais eu le moindre problème avec des touristes. L’accueil sur place est toujours très chaleureux. »
A tel point que Luc Paquier et son équipe planchent déjà sur la 31e édition de leur raid, de même que sur d’autres projets, comme une version plus routière de la Trans Tunisia ou une escapade 100 % tout terrain au Maroc, prévue pour fin 2014. Mais avant cela, il y a la saison 2013 du « Club », qui ne fait que commencer et qui s’achèvera avec le… Quad Tunisia !



