Une maison… sur la Meuse hollandaise

Mélanie Geelkens
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Vivre sur l’eau ? C’est possible à Ohé en Laak, un village néerlandais où ont été inaugurées 32 maisons flottantes. Des habitations placées en zones inondables et capables de s’élever en cas de crue. Aux Pays-Bas, ce concept se développe depuis plus de 10 ans, soutenu par les pouvoirs publics.

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À l’aide d’une grue, l’entrepreneur Dura Vermeer dépose la maison flottante dans le lotissement du village de Ohé en Laak. Photo 
: D.R.
    À l’aide d’une grue, l’entrepreneur Dura Vermeer dépose la maison flottante dans le lotissement du village de Ohé en Laak. Photo : D.R.

Sur la berge de Ohé en Laak, petit village du Limbourg hollandais bordant la frontière belge, des curieux se pressent pour assister au spectacle.

Deux énormes grues orange saisissent les câbles entourant une habitation cubique aux murs jaunes pour l’emmener valser dans les airs, suspendue à ces bras mécaniques. La séance de voltige dure à peine dix minutes : les deux encoches métalliques accrochées sur les flancs du bâtiment sont désormais glissées autour de deux hauts piliers dressés au bord de ce lac qui jouxte la Meuse.

Sur une planche en bois, deux ouvriers rament pour atteindre les pylônes. Ils s’attellent à libérer les câbles de la grue. La mise à l’eau aura duré au final moins d’une heure. Opération réussie : la maison flottante est maintenant arrivée à bon port, à côté des cinq autres déjà posées, dans ce lotissement pas comme les autres. «  Ohé en Laak est maintenant een watergemeente  », sourit Sjef Jacobs, chef de projet chez Dura Vermeer.

Depuis 1998, cet entrepreneur néerlandais (l’un des cinq plus grands du pays) s’est donné pour objectif de devenir LE spécialiste de la construction sur l’eau. La société n’en est pas à son coup d’essai. Dans la catégorie « flottant », elle a déjà à son actif un village de 46 résidences à Maasbommel, une serre de 600 m² à Naaldwijk, une salle de réception à Rotterdam et une « île aux oiseaux » dans le port de la même ville.

En Hollande, pays dont un tiers des terres se situe en dessous du niveau de la mer, construire sur l’eau n’a rien de loufoque ou d’extravagant. L’initiative est même soutenue par les pouvoirs publics.

En 1995, des pluies torrentielles avaient poussé à bout la Meuse et le Rhin. Huit pour cent du territoire national s’étaient retrouvés noyés. Suite à cela, le Gouvernement avait décidé de déterminer 15 zones potentiellement inondables, où il serait possible de tester de nouvelles formes de logements censés résister aux crues.

Ohé en Laak faisait partie de la liste. Ce lotissement comporte au final 32 habitations. Seize flottantes, en permanence immergées, et seize dites « amphibies ». Comprenez : des villas posées au sol, mais qui peuvent se surélever en cas de crue, en glissant le long des deux piliers verticaux. Sur ce bras de Meuse, la variation annuelle du niveau de l’eau est de minimum 2 mètres. En 1995, le lac était monté jusqu’à 8 mètres.

Les maisons (à ossature de bois) sont lestées d’un socle en béton massif, pesant entre 90 et 100 tonnes. Les piliers auxquels elles sont attachées sont enfoncés 13 mètres sous la surface de l’eau. Chacune possède tous les raccordements nécessaires : égouts, gaz, électricité, télédistribution, téléphone. Durée de vie des bâtiments : 100 ans, assure Sjef Jacobs. Mais personne n’a évidemment le recul nécessaire pour vérifier ce paramètre…

«  Ce type de construction peut s’adapter partout, ajoute le chef de projet. À condition, toutefois, qu’il n’y ait pas trop de courant.  » À condition, aussi, d’avoir les moyens.

Les villas (64 m² au sol, 2 étages) se vendent 299.000 à 329.000 euros. Hors TVA. «  Les amphibies sont moins chères, car la vue est moins belle. » Pas question, non plus, pour Monsieur et Madame Tout-le-Monde de s’offrir une habitation isolée. Dura Vermeer construit par lots. «  La commande individuelle serait envisageable, mais il faudrait alors que le client dispose vraiment d’un gros budget.  »

Petite précision importante : la législation hollandaise interdit de vivre sur l’eau de manière permanente. Les habitations flottantes ne peuvent donc être achetées que comme résidences secondaires, où l’on ne peut séjourner que six mois par an maximum. Sous peine de se voir exposé à de lourdes amendes.

Depuis la date du reportage, les premiers occupants ont débarqué dans le lotissement. Des pontons ont également été construits pour relier les habitations à la terre ferme, histoire de ne pas devoir continuellement se déplacer à la rame.

Seul inconvénient : pour garer la voiture, il faut trouver un autre emplacement.

Vos réactions

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2. railsavoie dit le 21/05/2013, 11:31

Le titre aurait dû être: -"Une maison sur la Meuse néerlandaise". (grrrr foutu programme de forum du soir qui n'est même pas capable d'accepter les trois points du titre de l'article; quand utiliserez-vous un programme digne de ce nom et pas ce bricolage qui rejette tout ce qui n'est pas explicitement prévu dans vos filtres ?)

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1. railsavoie dit le 21/05/2013, 11:25

Encore une approximation dans le titre: Ohé en Laak se situe en province de Limbourg, cette commune ne peut à la fois être limbourgeoise et hollandaise ! Le titre aurait dû être: -"Une maison

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