La Belgique attend sa start-up mania
Le phénomène « start-up » fait de plus en plus de bruit chez nous. Les chiffres des secteurs des technologies et du commerce en ligne confirment la tendance.
L es super-héros s’en sortent seuls, mais sont toujours meilleurs à plusieurs. » C’est le slogan (traduit de l’anglais) des Startup Heroes, une toute nouvelle confrérie d’entrepreneurs belges qui rassemble les publics du Café numérique, de la Rue du Web et de NEST’up. Trois des grosses organisations incontournables de l’entrepreneuriat belge francophone. En Flandre, l’institut indépendant de recherche iMinds surfe sur le même thème, en témoigne le dernier article du blog : « D éfense nationale, de quoi avons-nous vraiment besoin ? » Le message est clair : l’imaginaire des grands enfants que nous sommes est en perpétuelle recherche de héros. Et aujourd’hui, l’on nous suggère d’idolâtrer (et d’imiter) de nouvelles icônes, bien réelles, tels Steve Jobs, Bill Gates, William Hewlett et David Packard. Les fondateurs du mythe mondial de la start-up, soit l’irrésistible ascension de ces entreprises technologiques multinationales nées de l’union d’un ordinateur et d’un téléphone dans un garage.
Chez nous, c’est moins ensoleillé, mais quelque chose se prépare. « Avec les Startup Heroes, nous n’avons pas voulu attirer l’attention sur un projet en particulier. L’essentiel est de donner du souffle à un mouvement qui grandit. Ça transpire », explique Olivier Verbeke, directeur général de NEST’up, l’accélérateur wallon de start-up. Leo Exter, fondateur de WeStartup, réseau d’entraide pour entrepreneurs, est plus nuancé. « Il n’y a pas forcément plus de start-up qu’il y a deux ou trois ans. Elles sont simplement plus visibles et plus connectées. Notamment grâce à des réseaux comme le BetaGroup et WeStartup ou des événements comme l’Entrepreneurial Boostcamp du Microsoft Innovation Center de Bruxelles ou encore le Startup Weekend (dont la prochaine édition se tiendra les 25 et 26 mai, NDLR). » Pour Ramon Suarez, fondateur du BetaGroup, « on ne peut pas encore parler de mania, mais on se trouve au début de la vague ».
Les chiffres sont effectivement encourageants. Le dernier Baromètre du SPF Économie sur le secteur des TIC rapporte que le nombre d’entreprises créées dans le secteur a grimpé de 14 % de 2008 à 2011, passant de 26.875 à 30.771. Elles sont principalement actives dans le conseil, la programmation, le traitement de données, les télécommunications, l’édition de logiciels, l’hébergement et le référencement.
Un autre indicateur de croissance de la discipline est également à trouver dans les statistiques de l’e-commerce publiées par le Baromètre. 76 % des entreprises belges disposent de leur site web. C’est 7 % de mieux que la moyenne européenne. Le taux d’entreprises qui permettent la vente en ligne est également favorable à la Belgique qui occupe la 6ème place du classement européen, à 21 % contre 13 % pour la moyenne européenne. Par ailleurs, une étude menée par BeCommerce (une association belge du commerce en ligne, NDLR) auprès de 550 commerçants révèle le triplement des transactions via smartphones et tablettes, nouveau terrain privilégié des start-up.
Plus qu’un bruit, la start-up mania semble aux portes du pays. Reste à libérer les esprits trop prudents des entrepreneurs et, surtout, des investisseurs.




" Reste à libérer les esprits trop prudents des entrepreneurs". Il reste surtout à libérer les entrepreneurs des crocs du grand méchant fisc !