Cannes: Guillaume Canet réussit son entrée américaine
Le film du jour : « Blood Ties », de Guillaume Canet. Après le succès des « Petits mouchoirs », Guillaume Canet se lance dans le défi hollywoodien. Et c’est une réussite, un vrai film américain que le Français signe sans y perdre son âme.
Pitch.
New York, 1974. Chris, la cinquantaine, est libéré pour bonne conduite. A la sortie l’attend son jeune frère, Frank, un flic prometteur. Malgré une rivalité depuis l’enfance et des choix de vie diamétralement opposés, Frank veut lui donner sa chance : il le loge, lui trouve un boulot, l’aide à renouer avec son ex et ses enfants. Mais Chris est vite rattrapé par son passé…
Ce qu’on attend.
Après le succès des « Petits mouchoirs », Guillaume Canet se lance dans le défi du film américain. Il a choisi de réaliser le remake de « Liens de sang », de Jacques Maillot, dans lequel il jouait aux côtés de François Cluzet. Guillaume Canet s’est adjoint la plume de James Gray pour le scénario. Il s’offre également un casting de tout premier plan avec Clive Owen, Marion Cotillard, James Caan, Billy Crudup, Mila Kunis et Matthias Schoenaerts.
Ce que j’en pense.
Guillaume Canet passe à la vitesse supérieure et prouve qu’il a l’étoffe d’un futur grand réalisateur. Il est sur la voie de ses idoles. Du cinéma de Sidney Lumet à celui de Michael Mann. Sa présence à Cannes hors compétition s’en fait l’écho à juste titre. C’est un vrai film américain que le Français signe sans y perdre son âme. Car, au-delà de toute l’imagerie du polar US, il prend le temps de s’attarder sur les personnages, de fouiller leur âme, d’aller caresser douloureusement la faille qui fait qu’à un moment la trajectoire bascule, bifurque, s’arrête ou se brise. Il alimente cette sensation en multipliant des seconds rôles qui, en quelques traits, prennent chair, nourrissent le récit et le font avancer. Canet a su s’entourer d’acteurs qui amènent avec eux une histoire comme James Caan, formidable dans le rôle du père maladroit, comme Matthias Schoenaerts puissant en malfrat violent ou Marion Cotillard, audacieuse en ex qui tapine, se drogue et ferait tant de choses par amour. Canet aime les acteurs et cela se voit.
On sent aussi à quel point Guillaume a pris un pied d’enfer à filmer un New York des années 70, celui qui le faisait sans aucun doute rêver gamin quand il regardait des films de genre. Il y a mis une énergie folle qui se sent dans une mise en scène nerveuse et dynamique, en travaillant chaque plan, en multipliant les cadrages.
Gardant le cœur du film de Maillot, il en fait quelque chose d’à la fois très américain et très personnel qui nous entraîne dans des rues sales et glauques de New York tout en nous immergeant dans l’intimité complexe des liens de sang.
Petit plus.
Avec ce film, Guillaume Canet est sans doute à l’aube d’une belle carrière internationale. Parcours à suivre, absolument. Et un jour, il reviendra à Cannes, c’est sûr.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Il n'a pas perdu son ame? ouf, j'ai eu peur! Et depuis quand faire une oeuvre d'art "à la" quelque chose signifie une telle perte? Quelle expression chauvine!




Il a l'étoffe d'un futur grand réalisateur ??? On le savait déjà !!!! Il est un véritable génie. N'avez-vous donc pas vu son film "Ne le dis à personne" ?