Cannes: l’Américain Weinstein défend l’exception culturelle européenne
Le célèbre producteur américain Harvey Weinstein, qui a notamment distribué « The Artist » aux Etats-Unis, a pris la défense lundi de l’exception culturelle en Europe au festival de Cannes, garante selon lui de l’originalité des oeuvres cinématographiques.
Alors que le débat est lancé au sein même de l’Union européenne pour ou contre la prise en compte de la culture et de l’audiovisuel dans le projet de libre-échange avec les Etats-Unis (17 pays menés par la France sont farouchement contre, les pays du nord, Royaume-Uni et Scandinavie en tête, sont pour), le producteur américain Harvey Weinstein, qui avait notamment distribué « The Artist » aux Etats-Unis avec le succès que l’on sait, s’est positionné en faveur de l’exception culturelle européenne.
« L’exception culturelle encourage les réalisateurs à faire des films sur leur propre culture », a souligné M. Weinstein, lors d’une conférence sur le sujet organisée par le Centre national du cinéma (CNC). « Nous en avons besoin plus que jamais ».
« Un grand succès se fait en marquant sa différence », a-t-il ajouté, rappelant qu’« à un moment, en Italie, ils imitaient les films américains tout le temps ». Mais « nous n’avons jamais acheté aucun de ces films, parce que nous les faisions mieux, et qu’il n’y avait pas de raison de faire deux fois la même chose ». « Le plus important est de préserver l’environnement culturel des films, parce que c’est bon pour les affaires aussi », a-t-il encore dit.
Une pétition signée par 50.000 professionnels pour conserver « l’exception culturelle »
Harvey Weinstein intervenait aux côtés de cinéastes européens, emmenés entre autres par le réalisateur français d’origine grecque Costa-Gavras, venus remettre à la ministre de la Culture française, Aurélie Filippetti, une pétition signée par plus de 5.000 professionnels pour exiger des chefs d’Etat européens l’exclusion du secteur de l’audiovisuel dans le projet d’accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Europe.
La Commission européenne a donné en mars son feu vert au lancement de négociations pour un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, incluant le secteur audiovisuel dans le mandat de négociations.
Or, alors que le mandat doit encore être adopté par les Etats membres de l’UE qui l’examineront le 14 juin, la France mène la bataille en première ligne. Elle s’oppose à ce que l’audiovisuel figure dans les négociations au nom du respect du principe de « l’exception culturelle », qui consiste à faire de la culture une exception dans les accords internationaux, et à permettre aux États de limiter le libre-échange dans ce secteur pour soutenir et promouvoir leurs oeuvres.
Outre Harvey Weinstein, Aurélie Filippetti, la commissaire européenne à la Culture, Androulla Vassiliou, Costa Gavras ou encore le président du CNC, Eric Garandeau, se sont exprimés pour défendre l’exception culturelle en Europe lors de cette conférence.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Faudrait pas se retrouver sous fausse bannière dans cette république bananière de la fiction devenue réalité dans tous les marathons, cinémas, écoles et commissariats. Hoouuu les américains, des grands rigolos aux scénarios exceptionnes et plein aux AS... Donc restons sérieux hein !!!! Haaa là là.... Busines first, truth second or last...
La Commission européenne a donné son feu vert pour la déréglementation financière et nous avons eu la crise en retour. Elle va de nouveau outrepasser ses droits et répéter la même erreur?
C'est avant qu'il fallait dire cela, les mass medias US ont détruit 80pc de la culture européenne. Et le peu qui nous reste, ils le copient.
5.000 ou 50.000 professionnels? Par ailleurs, excellent choix pour la photo de Harvey Weinstein!




"Garante de l'originalité" et d'affaires assez juteuses pour les investisseurs qui se rendent compte qu'il pousse des cerveaux a une partie grandissante du marché américain