Cannes: Patrick Ridremont lauréat du Magritte du premier film

Fabienne Bradfer
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« Dead man talking », de Patrick Ridremont, devance « Mobile Home », de François Pirot, et « Torpedo », de Mathieu Donck pour le Magritte du premier film. Vote du public, soit plus de 3.000 votants. L’Académie André Delvaux a choisi l’écrin de Cannes pour décerner ce prix. Interview express.

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©Thierry du Bois - Le Soir
    ©Thierry du Bois - Le Soir

Le réalisateur belge, en répétition au Théâtre du Parc à Bruxelles, n’a pas fait le déplacement jusque Cannes. C’est la jeune Pauline Burlet, la fille de François Berléand dans le film, présente à Cannes avec « Le passé », de l’Iranien Asghar Farhadi, qui reçoit le trophée ce soir lors de la soirée du Cinéma belge francophone. Contacté par téléphone, nous à Cannes, Patrick Ridremont à Bruxelles, nous avons demandé au lauréat ses impressions.

En février dernier, vous participiez aux Magritte du cinéma avec 8 nominations. Vous êtes reparti avec le Magritte du meilleur décor. Ce Magritte du public décerné aujourd’hui, c’est une revanche ?

Je ne vois pas les choses en ces termes. En février, je disputais une finale et j’étais à la fête mais ce Magritte du public me fait très plaisir. J’aurais été déçu de ne pas l’avoir. Car de Gênes à Namur, le public prime mon film. En fait, avec ce Magritte, je double d’un coup mon quota de trophées. De un, je passe à deux !

Pourquoi n’êtes-vous pas à Cannes pour recevoir le prix ?

Je répète au Théâtre du Parc où je reprends un grand rôle dans « Le tour du monde en 80 jours ». Je chante, je danse, je m’éclate. Je serai sur scène à partir de vendredi. Je n’avais pas envie du rush de Cannes pour un aller/retour express et deux coupes de champagne. Il y a de très belles fêtes à Bruxelles aussi.

Le fait que ce Magritte soit décerné dans l’écrin cannois vous inspire quoi ?

Je ne sais pas à quoi ça sert ! Visiblement, on veut utiliser le côté prestigieux de Cannes. Je trouve qu’on ne doit pas avoir de complexe de cet ordre. La cérémonie en février à Bruxelles, c’était top. Le Magritte du premier film, ce n’est pas la caméra d’or.

Mais que vous inspire ce prix ?

Les votes ont été faits par internet. Une partie des gens a vu le film, d’autres pas du tout. Il y a des voix objectives et des voix corporatives. Je pense que ce Magritte, c’est aussi la victoire de mes réseaux sociaux. Ce n’est pas malhonnête. C’est ainsi. Je dois avoir plus d’amis que les autres candidats sur facebook. Quant à croire que les gens ont vu trois films belges pour se faire une idée, c’est du surréaliste à la Bisounours belge ! Je trouve dommage que le vote se passe ainsi. C’est un système obscur. J’aimerais que ce soit par bulletin de vote à la sortie des salles pour être sûr que les gens ont vu le film. Car l’important est de s’activer sur la fréquentation des salles.

Quelle a été la vie de « Dead man talking » depuis sa sortie en salles ?

C’est un succès d’estime (mot que je déteste) en Belgique avec de 10 à 15.000 spectateurs. En France, malgré une belle couverture médiatique, il n’y a pas eu d’élan pro-belge. Donc, ce fut aussi un succès d’estime ! On attend la sortie DVD. « Dead man talking » fait une belle carrière dans les festivals. Mais à un moment, il faut arrêter de courir le monde et se remettre à écrire. C’est ce que je fais. J’étudie aussi les propositions de commandes en France : pour des comédies, des films qui me ressemblent. C’est très agréable. En France, j’arrive vierge. Il n’y a pas les jalousies ou le corporatisme que je sens en Belgique. Mais j’estime que pour un deuxième film, c’est mieux d’être personnel. J’ai une idée de thriller. Toujours avec Sylvain Goldberg comme producteur. J’ai envie d’un film de genre.

Vos réactions

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1. comi dit le 20/05/2013, 21:38

Le microcosme se déplace à Cannes, sauf le lauréat, qui se demande à quoi ça sert... 10000 spectateurs... et les réseaux sociaux qui ont voté. Tout ça pour ça?

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