Affaire Tapie: audition cruciale pour Christine Lagarde (vidéo)

Etienne Fontaine/ AFP
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La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde est convoquée jeudi devant la justice française pour s’expliquer sur son rôle dans un arbitrage litigieux concernant Bernard Tapie, ce qui pourrait lui valoir une mise en examen

Cet arbitrage de 2008, alors que Christine Lagarde était ministre de l’Économie, avait permis à l’homme d’affaires Bernard Tapie d’empocher 400 millions d’euros.

Une inculpation fragiliserait considérablement la position de celle qui a succédé en juillet 2011 à la tête du FMI à son compatriote Dominique Strauss-Kahn, contraint à la démission après une accusation de viol à New York.

Christine Lagarde ne serait toutefois pas légalement tenue de démissionner de son poste en cas de mise en examen, d’autant qu’elle est convoquée par la justice en tant qu’ex-ministre française et non en qualité de patronne du FMI.

Les conséquences politiques d’une mise en examen sont plus difficiles à prévoir et dépendront du degré de bienveillance des principaux États membres du Fonds, notamment des États-Unis, premier actionnaire.

Depuis mars, le FMI se refuse à tout commentaire. Dans un communiqué, il avait alors indiqué que son conseil d’administration, qui représente les 188 États membres, réitérait sa « confiance » dans les capacités de Christine Lagarde, première femme à occuper le poste, à assumer « efficacement ses fonctions ».

Quand au gouvernement français, il a répété que « Mme Lagarde conserve toute la confiance des autorités françaises ». Même si le ministre de l’Économie Pierre Moscovici a évoqué cette semaine la possibilité de déposer un recours en nullité contre l’arbitrage de 2008 « s’il s’avérait que les intérêts de l’Etat ont été lésés ».

Ministre de l’Économie de 2007 à 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde est la cible d’une enquête pour « complicité de faux et de détournement de fonds publics », visant son choix de recourir à cette époque à un arbitrage privé pour solder un vieux contentieux entre l’ex-banque publique Crédit lyonnais et Bernard Tapie sur le rachat d’Adidas.

« La meilleure solution à l’époque »

Lors de son audition, qui pourrait durer deux jours, elle doit expliquer ses choix à la Cour de justice de la République (CJR), juridiction compétente pour juger les infractions commises par les ministres dans l’exercice de leurs fonctions.

« Mme Lagarde aura ainsi enfin l’occasion d’apporter pour la première fois à la Commission (d’instruction de la CJR) les explications et précisions qui l’exonèrent de toute responsabilité pénale », estimait récemment son avocat, Yves Repiquet.

En septembre 2008, Christine Lagarde s’était déjà longuement expliquée sur le recours à un tribunal arbitral qui a condamné le Consortium de réalisation (CDR), structure publique gérant le passif du Crédit lyonnais après sa quasi-faillite des années 1990, à verser à Bernard Tapie 285 millions d’euros d’indemnités (400 millions avec les intérêts).

L’ancienne ministre a toujours justifié l’arbitrage par la volonté de mettre fin à une procédure, selon elle longue et coûteuse. Elle avait démenti avoir agi sur ordre de Nicolas Sarkozy, qui aurait voulu ainsi obtenir le soutien de Bernard Tapie, ex-ministre de gauche dans les années 1990 et ex-président du club de football de Marseille (sud), champion d’Europe en 1993.

Fin janvier, la directrice du FMI avait réaffirmé que ce choix était « la meilleure solution à l’époque ».

Pourtant il a été largement contesté et au printemps 2011 le procureur général de la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, n’avait pas épargné Christine Lagarde lors de la saisie de la CJR.

Il lui reprochait notamment d’avoir recouru à un arbitrage privé alors qu’il s’agissait de deniers publics, d’avoir eu connaissance de la partialité de certains juges arbitres et d’avoir fait modifier le protocole initial pour y intégrer la notion de préjudice moral, ce qui avait permis aux époux Tapie de toucher 45 millions d’euros.

La Commission des requêtes de la Cour de justice de la République, en décidant de l’ouverture d’une enquête en août 2011, avait elle-même évoqué un processus comportant « de nombreuses anomalies et irrégularités ».

Vos réactions

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2. un type dit le 23/05/2013, 11:23

"elle connait la musique" Le rôle d'un avocat, c'est aussi permettre à son client de ne pas se faire condamner, indépendamment du fait qu'il puisse être coupable.

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1. Jean-Michel II dit le 23/05/2013, 08:36

Avant de devenir ministre de Sarkosy, Lagarde était responsable d'un grand cabinet international d'avocats. Une position tout à fait exceptionnelle. Donc elle connait la musique et je ne crois pas que ses décisions ont été prises à la légère ou sur un coup de tête. Simplement, le vent à tourné et comme il vient de gauche aujourd'hui, il faut montrer que l'on veut poursuivre pour faire oublier l'Affaire Cahuzac, et...( http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d'affaires_politico-financi%C3%A8res_fran%C3%A7aises)

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