Le film cannois du jour: «La vie d’Adèle chapitre 1 & 2»

Fabienne Bradfer
Mis en ligne | mis à jour

« La vie d’Adèle » du Français Abdellatif Kechiche est à l’affiche de la compétition à Cannes à trois jours du palmarès.

  • Le réalisateur Abdellatif Kechiche et les actrices Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos
    Le réalisateur Abdellatif Kechiche et les actrices Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos

Le pitch

À 15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve…

Ce qu’on attend

Première venue à Cannes pour le réalisateur de « L’esquive» et «La graine et le mulet». Après l’échec de «Vénus noire», le voici en compétition. Avec, dans son casting, l’audacieuse Léa Seydoux et l’inconnue Adèle Exarchopoulos.

Ce que j’en pense

Magnifique !

Des lycéens sur le banc de l’école qui lisent «La vie de Marianne», de Marivaux. Cours de littérature. Kechiche revient à ce qui avait fait le bonheur de «L’esquive» puis il s’accroche à un visage, à une bouche, à une peau, à une mèche de cheveu toujours volage. Celle d’Adèle incarnée par la jeune Adèle Exarchopoulos, aussi puissante et émouvante à l’écran que Sandrine Bonnaire dans «A nos amours», de Pialat.

Pendant trois heures – qu’on ne sent pas passer –, on va être au plus près d’elle, de ses émotions, de ses découvertes, de sa vie, de ses amours, de son énergie. Kechiche cadre serré, saisissant l’énergie d’une jeunesse en éveil, en découverte de la complexité des sentiments. On est sans cesse dans le mouvement, dans la vie. On y parle aussi d’art, de transmission, du goût du savoir simplement, naturellement. Avec des scènes drôles comme un dialogue autour des «Liaisons dangeureuses» ou belles comme la lecture de «Le loup est revenu» à des petits enfants de maternelle. Chez Kechiche, on mange, on baise, on vit. Il filme les scènes de sexe comme une scène de larmes ou de repas, dans la vérité et la beauté de l’instinct.

Kechiche nous offre une grande œuvre sur une tranche de vie, sur une magnifique et bouleversante histoire d’amour. On oublie qu’il s’agit d’une histoire d’amour entre filles. On ne voit qu’une vraie et belle histoire d’amour.

Petit plus

Léa Seydoux, formidable en fille aux cheveux bleus, était déjà venue à Cannes pour « Midnight in Paris» de Woody Allen et pour «Robin des bois», de Ridley Scott.

La scène d’amour principale du film entre Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, dure plus de 6 minutes.

Abdellatif Kechiche a adapté librement la bande dessinée «Le Bleu est une couleur chaude» de Julie Maroh.

Osez la rencontre !