Mobilité à Bruxelles: la SNCB «n’a pas le matériel» pour augmenter le nombre de trains
Les patrons du rail belge étaient mercredi en débat avec les députés bruxellois pour réfléchir à comment désengorger la capitale. « Un train n’est pas un taxi » a déclaré le patron de la SNCB. « Nous devons rester dans une logique de rentabilité », confirme la société aujourd’hui.
La SNCB s’est opposée hier, lors d’un débat avec les députés de Bruxelles-Capitale, à augmenter la fréquence des trajets intérieurs à la ville. Est-ce à dire que la compagnie rejette la responsabilité de désengorger la capitale sur les épaules de la STIB ? Nathalie Pierard, porte-parole de la SNCB, a répondu à nos questions.
« Un train n’est pas un taxi », a déclaré hier le patron de la SNCB. Faut-il comprendre par là que la société ne peut pas davantage prendre part au désengorgement de la capitale ?
« Marc Descheemaecker (patron de la SNCB, ndlr) a toujours défendu l’idée que le train était un transport de masse. D’autre part, la volonté de la SNCB n’est pas de concurrencer les métros, trams et bus. Il faut éviter de voir des trains transportant trois personnes et c’est dans cette idée que, l’année dernière, nous avons supprimé des liaisons peu utiles et rentables. »
La SNCB explique qu’augmenter le nombre de trains pour les trajets internes à la ville augmenterait l’endettement de la société. Il n’a jamais été question de trouver un système à la fois favorable à la mobilité interne mais qui en même temps permettrait à la SNCB de rentrer dans ses frais ?
« C’est justement le problème : nous devons rester dans une logique de rentabilité. Mettre des trains avec 40 personnes à bord n’est pas intéressant. Mais surtout, la SNCB n’a pas le matériel pour les trajets courts ! La demande, aujourd’hui, se situe surtout autour des grandes lignes, qu’elles relient Bruxelles ou d’autres villes : Namur, Charleroi, Liège ou bien Anvers et Gand au nord. Comme je l’ai dit, nous souhaitons rester un transport de masse et il faut prendre compte des demandes prioritaires, en fonction de nos moyens. En revanche l’idée serait plutôt de collaborer, comme nous le faisons déjà, avec la STIB, car notre philosophie n’est pas de la concurrencer. »
Justement, la SNCB doit-elle améliorer sa collaboration avec la STIB ?
« Nous travaillons déjà avec eux : il n’y a qu’à penser à la carte Mobib. Et c’est le cas aussi pour d’autres situations. Par contre, indexer les horaires de train sur ceux de la STIB, non. Ce ne serait pas utile vu le grand nombre de liaisons effectuées par les transports urbains. Bref, nous collaborons déjà avec eux sur plusieurs plans. »
Vos réactions
Voir toutes les réactions Réponse SNCB parfaitement logique : les trains ne se multiplient pas comme des petits pains sur un claquement de doigts. D'ailleurs, un certain nombre des Desiros attendus avec impatience ne sont toujours pas en service.
SI le SERVICE PUBLIC qui doit assurer à tous... la MOBILITE parle de rentabilité... cela veut clairement dire que les bas revenus l'auront dans le fion ?
Le rail, ça coute cher, cher, cher. Et puis, le jonction Nord-Sud, elle est étroite, encombrée, pleine. Si, de plus, on considère que c'est l'Etat, l'Etat avec les syndicats...enfin...on connaît la chanson! En ce qui concerne cette "logique de rentabilité", quel rêve fou!
Déclarer que la SNCB "doit rester dans une logique de rentabilité" est une cornichonnerie de tout premier plan, en particulier quand elle est proférée par un parachuté de cabinet ministériel qui s'est vu confier un mandat d'administrateur du transport public, et qui se fait environ 270.000 euros par an. Tout le monde sait pertinemment que la SNCB n'a pas vocation de faire du business. Elle en est d'ailleurs parfaitement incapable, puisque le contrat de gestion conclu avec l'Etat prévoit que celui-ci supporte le déficit généré par les réductions imposées sur les tarifs. Et puis, c'est un service public, non une entreprise produisant un bénéfice. Au niveau du matériel roulant, l'incurie et l'incapacité à anticiper l'évolution positive de la clientèle, ainsi qu'un demi-siècle de politique du tout-à-la-route, ont induit un sous-investissement que l'usager du rail paie cher aujourd'hui en termes de ponctualité, de confort et de sécurité. La SNCB ? Un immobilisme ent[...]









la mobilité est l'affaire de tous le repli de la SNCB sur ses terres est incompréhensible: les déplacements se font de plus en plus en utilisant plusieurs modes de transport et une articulation de tous les opérateurs est indispensable; c'est pour cela que la SNCB avait reçu mandat et budget pour acheter des véhicules de type métro pour le RER et qu'elle a préféré acheter des DESIRO pour les trajets IC-IR ! N'est-ce pas du détournement de fonds publics?