Nos coups de cœur du Salon

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Les nouveautés de Bâle et de Genève.

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IWC. Photo 
: D.R.
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Panerai. Photo 
: D.R.
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Pa,erai. Photo 
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Piaget. Photo 
: D.R.
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Piaget. Photo 
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Excalibur Table Ronde de Roger Dubuis. Photo 
: D.R.
    Excalibur Table Ronde de Roger Dubuis. Photo : D.R.
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Master Ultra Thin 1907 de Jaeger-LeCoultre. Photo : D.R.
    Master Ultra Thin 1907 de Jaeger-LeCoultre. Photo : D.R.

Chez IWC

Dans un mouvement horloger à remontage manuel, la tension du ressort de remontoir étant plus forte en début de course que vers la fin, la force d’entraînement varie constamment. Pour éviter ce problème, les ingénieurs d’IWC ont imaginé d’intégrer un mécanisme à force constante dans le tourbillon.

Pour ce faire, ils ont développé un mécanisme spécifique qui désengrange préalablement l’échappement de rouage et assure ainsi que l’amplitude des oscillations du balancier soit constante, critère essentiel pour la précision de marche, pendant au moins 48 heures.En d’autres termes, le flux énergétique du ressort est délivré de façon décroissante, au fur et à mesure qu’il se détend.

En 2006, la maison Dewitt avait déjà présenté un Tourbillon doté de ce système, et au récent Salon de Bâle, la manufacture Girard-Perregaux a annoncé que, désormais, l’échappement constant sera intégré aux nouveaux modèles de haute horlogerie de la marque. (voir dans notre rubrique « Complications »)

la collection des montres « Ingénieur » a fait l’objet d’un renouvellement complet, mis en œuvre sous le signe du nouveau partenariat que la manufacture de Shaffhausen a signé avec la team de Formule Un « Mercedes AMG Patronas ». Ces trois prochaines années, la marque œuvrera en tant que « Official Engeneering Partner » de l’équipe Mercedes Benz. C’est la raison pour laquelle on retrouve dans cette nouvelle collection, bon nombre de matériaux fréquemment utilisés dans la construction de voitures de compétition tels que les fibres de carbone, la céramique et le titane.

En tête de la nouvelle gamme « Ingénieur », un véritable bolide : la spectaculaire « Ingénieur Tourbillon force constante », habillée d’un boîtier en platine et en céramique. Le mécanisme force constante est intégré dans le tourbillon, entraîné avec un couple maximum par deux barillets, qui fournissent également l’énergie nécessaire au module des Phases de Lune.

Dans ce même peloton de tête, figure également la nouvelle « Ingénieur Calendrier Perpétuel Digital Date et Mois », avec boîtier en aluminium de titane. Comme avec le principe du « boost » en Formule Un, le mécanisme de la Date Sautante prélève de l’énergie lors du changement, qu’il stocke et libère ponctuellement à la fin du mois et de l’année.

Derrière ces deux créations high-tech, les autres modèles « Ingénieur » se distinguent par deux types de design : d’un côté des garde-temps puissants et épurés, habillés de boîtiers en acier fin, et de l’autre, des montres sport dont les habillages sont inspirés par les nouveaux matériaux, issus de la Formule Un.

Chez Panerai

on privilégie cette année les références aux profondeurs marines, propres à la marque, avec une nouvelle gamme de montres « Submersible », composée de trois modèles originaux, dotés de mouvements entièrement développés et assemblés en interne, dans la manufacture de Neuchâtel.Il s’agit de trois montres « Luminor Submersible 1950 » : la « 2000 m 3 Days Automatic Titanio » , l’autre « 3 Days Power Reserve Automatic Bronzo », et enfin la « 3 Days Automatic Ceramica ». La famille des mouvements de manufacture Panerai s’agrandit également avec deux nouveautés importantes dans le domaine des chronographes: le calibre P.9100, premier mouvement de chronographe Panerai à remontage automatique avec fonction flyback, et le calibre P.9100/R, qui associe au chronographe une fonction compte à rebours pour le départ des régates. Ajoutons encore dans la cuvée 2013 des nouveautés Panerai, plusieurs rééditions basées sur le boîtier « Radiomir 1940 » (qui précédera la forme avec protège-couronne de la « Luminor », définitive depuis 1900). Enfin, la surprise du SIHH était, à coup sûr, le nouveau « Tourbillon Squelette », première montre de poche Panerai et réalisé en céramique noire, avec un boîtier de 59 mm.

Chez Piaget

on rend hommage une nouvelle fois à la beauté féminine, avec la continuité de deux collections qui ont participé au succès de la marque.Diverses inspirations, souvent en référence aux créations des années 70, s’affirment à nouveau dans la collection « couture précieuse » : la montre manchette maille refait son apparition avec des cadrans en nacre qui se marient parfaitement avec l’or rose. Les parures graphiques, aériennes ou stylisées, mettent en lumière le savoir-faire historique des chaînistes de Piaget. Tout comme la montre « inspiration lanière » – must de raffinement très couture – rend hommage au style des années 80 de la marque.

À côté de ce travail faisant souvent référence à la vocation joaillière de Piaget, son savoir-faire strictement horloger s’est superbement exprimé, cette année, au travers de deux autres réalisations : un nouveau souffle pour la collection « Limelight », nouvelle icône de la marque, dans sa tenue de gala, avec ses courbes sensuelles et son sertissage précieux, dans l’esprit de fantaisie des années 60. Une pièce horlogère d’exception, à savoir « L’Emperador Coussin Ultra-Thin Minute Repeater », qui signe un double record dans sa catégorie (et dont nous vous parlons plus longuement dans nos pages « complications »).

Chez Roger Dubuis

on met à l’honneur quelques pièces horlogères particulièrement sophistiquées (voir la page complications), et on exalte un bouquet de nouveautés, autour de la ligne « Excalibur » créée en 2005. Dynamique des formes, angles vifs, force du design… autant de caractéristiques qui forgent la personnalité de cette collection originale. Pour l’exprimer de façon spectaculaire, la marque a créé, à Genève, une véritable atmosphère chevaleresque, qui rappelle la symbolique de la Table Ronde, de la quête du Graal et de la noblesse des combats. Inspirée des compagnons du Roi Arthur, « l’Excalibur Table Ronde » reprend les codes forts de la ligne : boîtier puissant, lunettes cannelées, fixation du bracelet par 3 cornes. Douze chevaliers reproduits en trois dimensions, coulés dans de l’or et sculptés à la main, forment un cercle en lieu et place d’index. Au centre, un cadran en émail et qui protège un mouvement automatique, développé dans la maison.

À noter également dans cette même collection « Excalibur », un très beau chronographe avec chiffres romains élancés, lunettes cannelées et les trois cornes qui fixent le bracelet. Point d’orgue du savoir-faire de la manufacture, « le Poinçon de Genève » est estampé au verso de la montre.

Chez Jaeger-LeCoultre

on fête le 180e anniversaire de la manu-facture, avec une pléiade de pièces exceptionnelles. Alors que la plupart des marques présentes au Salon de Genève témoignent d’une grande prudence dans leurs investissements en nouveautés, face au contexte économique actuel, les ingénieurs et horlogers de la Vallée de Joux se sont montrés, une fois de plus, à la mesure de leur réputation.

C’est l’occasion de rappeler qu’à ce jour, Jaeger-Lecoultre peut revendiquer un savoir-faire qui repose sur le dépôt de 400 brevets et la création de 1.242 mouvements inédits. L’anniversaire de la Grande Maison est donc l’occasion de présenter une collection jubilée, véritable festival horloger. En tête des performances réalisées, la « Master Grande Tradition Tourbillon Cylindrique à Quantième Perpétuel Jubilee », avec un nouveau mouvement automatique dont le tourbillon est équipé d’un spiral cylindrique, véritable spectacle horloger et gage d’une précision extrême. En hommage à Antoine Lecoultre, est dédiée une collection de trois montres dont la « Master Ultra Thin Jubilee », la montre mécanique à remontage manuel la plus plate du monde, comme le fut la montre de poche créée chez Jaeger, en 1907.

Last but not least, dans ce coup d’éclat jubilaire, un garde-temps tout à fait exceptionnel, dixième opus de la déjà fameuse série « Hybris Mechanica », réservée aux grandes complications de la manufacture : «un Gyrotourbillon 3 Jubilee », auquel on a intégré – et c’est une première – un chronographe à affichage digital. Nous vous en parlons plus longuement dans nos pages dédiées aux grandes complications.

Chez Cartier

les heures tournent à l’encontre des apparences, tantôt mystérieuses, tantôt éclatantes. Ici les aiguilles semblent flotter à travers le cristal de roche sans lien avec le mouvement, dans la grande tradition des premières pendules mystérieuses dites « miracle de l’horlogerie ».

Là, les formes s’affolent, imprévisibles, quand, de montre, le bijou devient broche.Ailleurs, 100 métiers relèvent des défis d’une rare complexité, de l’orfèvre à l’émailleur, du guillocheur à l’horloger, du graveur au joaillier (voir nos pages consacrées aux Métiers d’Art). Depuis plus de cent ans, Cartier joue à apprivoiser le mystère… Comme cette montre qui offre un affichage mystérieux des heures et des minutes, avec deux aiguilles qui paraissent flotter dans le vide, comme par magie. Ou cet autre garde-temps exceptionnel qui cristallise l’attention sur un double tourbillon mystérieux qui effectue une révolution complète sur lui-même en soixante secondes.

L’illusion devient totale lorsque cette même cage se met à effectuer une seconde rotation, dont chaque tour est réalisé en cinq minutes ! Au sommet de son art d’horloger, Cartier présentait un autre exploit technique, avec la montre «  Rotonde Quantième Perpétuel Chronographe », capable d’afficher les temps les plus courts de la vie, et de contrer les imperfections du calendrier grégorien.

Chez Breitling

Parmi les nouveautés qui nous ont vraiment impressionné, nous placerons, à coup sûr, la collection 2013 de Breitling. La manufacture poursuit sa volonté de faire du bon travail avec sa jeune collection de mouvements/manufacture, et les pièces magnifiques qu’elle réalise dans la série dédiée à Bentley. Mais son « coup de maître » est certainement le développement de sa première montre-bracelet avec balise de détresse bifréquence. En 1995, la marque avait déjà frappé un grand coup en lançant la première montre-bracelet avec microémetteur de détresse intégré, vendue à 40.000 exemplaires, elle a déjà permis de sauver de nombreuses vies.

Forte de ce succès, Breitling présentait à Bâle, l’« Emergency II », dotée d’un émetteur bifréquence, répondant aux spécifications du système international d’alerte par satellite Cospas-Sarsat, et permettant à la fois de lancer l’alerte et de guider les opérations de localisation et de sauvetage. L’« Emergeny II » se distingue par de nombreuses innovations dont une batterie rechargeable révolutionnaire, un émetteur bifréquence miniaturisé et un système d’antennes intégrées. Le système Cospas-Sarsat se base sur un réseau de satellites en orbite basse et en orbite géostationnaire. Depuis son lancement en 1985, il a permis de sauver plus de 26.000 vies. La montre-balise présentée par Breitling est destinée aux domaines les plus divers : aviation, navigation, alpinisme, trekking, randonnée, exploration, sports extrêmes, et aux quatre coins du monde.

Chez Zenith

Avec l’arrivée de sa nouvelle direction générale (… et le soutien financier de plus en plus marqué par du groupe LVMH, auquel elle appartient) la manufacture Zenith retrouve enfin le niveau technique qu’elle n’aurait jamais dû abandonner. C’est une vraie floraison de nouveautés qu’elle propose cette année aux amateurs de belles montres et aux inconditionnels (ils sont nombreux) du merveilleux mouvement « El Primero ». Les horlogers et ingénieurs de Zenith rendent hommage à la conquête du ciel avec six nouvelles montres « Pilot, montre d’aéronef type 20 » dont une série rend hommage au fameux « Baron Rouge », ce surdoué des airs dont les exploits restent dans les mémoires.

Chez Longines

La marque est devenue l’une des plus « successful » du Swatch Group, et sous la houlette de son président, Walter Von Känel, elle va de succès en succès. La recette : des montres classiques, élégantes, d’excellente qualité et dans une gamme de prix qui reste accessible. Pour cet esprit, Longines lance une nouvelle collection dont les modèles sont pourvus exclusivement de calibres automatiques, et proposés sous la marque « Conquest » déposée déjà en 1954. « Conquest Classic » se décline en trois tailles (c’est aussi un des atouts de Longines). Les modèles féminins offrent un diamètre de 29,50 mm, avec cadran noir ou argenté pour la touche sportive ou en nacre avec diamants pour le soir. Les chronographes proposent un diamètre de 41 mm, avec un mouvement exclusif, développé spécialement par ETA. Cette série inédite de Longines est revenue avec l’esprit des chronographes produits dès 1881 pour les amateurs de courses hippiques et les jockeys de New York. Un retour aux sources pour la marque qui parraine aujourd’hui les plus grandes compétitions mondiales, à Ascot, Chantilly ou Dubaï.

Chez Omega

Depuis des années, de nombreux ingénieurs et horlogers ont tenté de résoudre un problème que connaissent toutes les montres : leur sensibilité aux champs magnétiques (dont celui d’un simple téléphone portable) qui peuvent mettre en péril leur précision et leur fiabilité. La manufacture Omega a composé récemment une équipe d’ingénieurs d’ETA, d’Asulab et de Nivarox pour concevoir et réaliser la « Seamaster Aqua Terra 15.000 gauss », un chronomètre coaxial de 41,5 mm qui s’avère très performant pour contrecarrer ce phénomène. Contrairement aux autres tentatives réalisées jusque-là pour réduire ce problème de magnétisme, le mouvement de la montre n’est pas protégé par un « enclos » de sécurité, mais c’est l’utilisation des matériaux non ferreux soigneusement sélectionnés qui résout le problème. À signaler également dans la nouvelle collection Omega, deux versions magnifiques de la « Speedmaster » : l’un dans une céramique noire et sombre à souhait, l’autre avec déjà le fameux échappement coaxial qui s’intègre dans le très classique « Chronographe 57 ».

Chez Hermès

Le temps est à l’imaginaire chez Hermes.Nouveaux chapitre d’une histoire débutée en 2011, « Arceau Le Temps Suspendu » adopte un boîtier de 38 mm et prolonge l’interlude sur le temps qui a initié le premier modèle. Par simple pression sur le poussoir situé à 09 h, la poésie opère lorsque les aiguilles des heures et des minutes viennent se suspendre aux environs de 12 h. Voici le temps effacé du cadran, dissocié de l’heure civile qui poursuit sa course grâce au mouvement manufacture. Une aiguille facétieuse tournant à rebours signe cette marche continue de la mécanique. Par un même geste, les aiguilles reprennent leur place et le temps… reprend son cours !

Chez Baume & Mercier

on retrouve avec bonheur les valeurs esthétiques qui ont fait le succès de la marque et une nouvelle ligne « Clifton », librement inspirée d’un modèle qui a connu son heure de gloire, dans le courant des années 50. Depuis 1830, la maison suisse s’est donné comme objectif de produire des montres appréciées pour le classicisme de leur design, la qualité de leur mouvement… et la volonté de toujours s’inscrire dans un luxe accessible.

Ce sont ces mêmes valeurs que, à partir de 1918, Paul Mercier, homme d’affaires avisé et doublé d’un esthète, a voulu diffuser à travers le monde, pour rendre accessible la maîtrise horlogère suisse au plus grand nombre. Ces dernières années, on a reproché souvent à Baume & Mercier d’aller s’égarer sur le terrain des marques de mode et de perdre son âme, en voulant rivaliser avec les créations de couturiers à petits prix. Avec la collection « Clifton », la marque retrouve avec bonheur l’équilibre parfait entre classicisme et modernité : il est présent dans chaque détail du garde-temps, du boîtier au cadran, en passant par la ligne des aiguilles. Tout comme elle a choisi de doter toutes les références de la ligne nouvelle, de mouvements mécaniques de facture suisse de haute qualité et de les faire monter à la main par ses horlogers, dans ses installations de Brenets.

Sur le plan stylistique, on retrouve une belle fluidité, mêlant élégance et intemporalité. C’est l’esprit du New York des années 50, avec les lignes des boîtiers déclinés en or et en acier, tout comme dans l’art de traiter graphiquement l’affichage horaire. « Nous ressentions le besoin de revenir à l’essentiel : une montre ronde, classique et élégante !, confie Alexandre Peraldi, qui dirige le « Studio Design » de Baume & Mercier, au siège de la marque à Bellevue, dans la banlieue de Genève.

Comme nous le faisons chaque année, nous retournons aux archives de la maison pour essayer de rétablir des liens avec le passé. C’est comme cela que nous avons retrouvé une pièce des années 50 qui nous intéressait, parce que très simple et amusante, avec un cadran extrêmement lisible.

Osez la rencontre !