À Bâle avec l’équipe TOLLET

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Un salon professionnel est souvent le meilleur baromètre pour prendre le pouls d’un marché, percevoir ses tendances, ses craintes et ses espoirs.

L’édition 2013 de Baselworld, la rencontre mondiale annuelle de l’horlogerie et de la bijouterie, s’est révélée, à cet égard, très révélatrice. Comme nous en avons maintenant pris l’habitude, nous nous sommes adressé à l’un des leaders belges du détail horloger - en l’occurrence la Maison Tollet - pour recueillir ses impressions, ses coups de foudre et ses éventuelles déceptions, après la visite de l’Exposition.

À Bruxelles, Tollet est presque devenu une institution dans la profession, où elle exerce en famille depuis 1902.

Aujourd’hui, Didier Tollet est à la tête de six magasins établis dans la capitale et à Waterloo, et représente un large éventail des plus belles marques horlogères. Couvrant aussi bien le segment du luxe que celui du garde-temps plus accessible, il délègue chaque année à Bâle deux équipes - correspondant à ces deux types de points de vente - composées aussi bien de professionnels de la vente que d’horlogers appartenant à ses ateliers.Ils sont ces « envoyés spéciaux » dont nous avons relevé les premiers avis et commentaires, et avec qui nous avons établi un « hit-parade » d’une dizaine de marques et modèles qui ont particulièrement séduit l’équipe. Mais à tout seigneur tout honneur…et voyons d’abord l’opinion du patron sur ce périple horloger.

« Après une édition relativement décevante du Salon de Genève, en janvier dernier, le marché horloger attendait avec impatience le renouveau – tant souhaité – de la Foire de Bâle et la découverte de ses nouvelles infrastructures. À ce point de vue, nous n’avons pas été déçus et le résultat de ce travail – réalisé en 350 jours et nuits – est spectaculaire, et parfois à la limite de la démesure.

Il faut souligner le travail du bureau d’architectes suisses qui a élaboré et supervisé ce projet magnifique. Et des véritables « nouvelles cathédrales de l’horlogerie » que sont les stands de Rolex et autres grands du luxe. C’est d’ailleurs la première impression qui vous éclate aux yeux en entrant dans le hall principal de la Foire : il est devenu le lieu d’affrontement des quatre grands camps qui se partagent (… et surtout se disputent) le marché mondial de la montre ! En plein centre, en position dominante, le leader du marché : le Swatch Group et sa dizaine de marques, dont la bonne santé et l’agrandissement des surfaces… ne sont pas toujours synonyme d’une évolution esthétique marquante (à l’exception du « petit palais » consacré à Breguet, aboutissement logique d’une marque devenue aujourd’hui l’exception, et dont feu Nicolas Hayek aurait eu raison d’être fier !). Face à ce colosse, l’outsider LVMH a tenu à ce que son rang et sa progression sur le marché soient considérés à leur juste valeur… en s’attribuant deux positions dominantes à l’entrée du domaine avec les « places fortes » de Tag Heuer et de Bulgari !

Troisième acteur important de cet « opéra horloger » : le groupe de quatre grandes marques encore indépendantes – à ce jour : Rolex, Patek Philippe, Chopard et Breitling dont l’aquarium monumental fait toujours le bonheur et l’admiration des visiteurs de tous âges !

Le quatrième groupe de cette redoutable compétition, confronté lui aussi à la mondialisation du marché : celui des centaines de marques indépendantes qui tentent de relever le défi, avec pour armes essentielles, leur dynamisme et leur créativité. On dit, dans les couloirs de Bâle, que les jours de certaines de ces marques sont peut-être comptés en fonction des investissements que réclament l’industrialisation des techniques horlogères, la conquête des nouveaux marchés et l’inflation immobilière dans les grandes capitales du luxe où il faut implanter des « flagship » -- ou disparaître ! Cette évolution mérite toute l’attention des professionnels du métier – et plus particulièrement du réseau des détaillants traditionnels, comme c’est le cas de la Maison Tollet. Car, à moins de subir la pression inéluctable des grands groupes, c’est avec ces marques que nous devons aussi bâtir notre avenir et avoir l’assurance de donner satisfaction aux divers types de clientèles qui sont les nôtres. D’autre part, ce sont souvent ces marques qui nous permettent de proposer dans nos vitrines des produits de bonne facture à prix accessibles.

À Bâle, l’évolution de ce segment était évidente avec la présentation de nouvelles montres, souvent très séduisantes, signées Oris, Frederique Constant, Bell & Ross, Victorinox… ou encore celles qui savent « rester à leur place » au sein du Swatch Group : Longines, Hamilton, Tissot et même Certina ! À titre anecdotique, il est intéressant de souligner également, pour marquer cette évolution, la progression intéressante de Tudor… à l’ombre de son grand frère Rolex ! »

Osez la rencontre !