Le film cannois du jour : « The immigrant », de James Gray

Fabienne Bradfer
Mis en ligne | mis à jour

A trois jours de la remise de la Palme d’Or, zoom sur «The immigrant» de l’Américain James Gray avec Marion Cotillard et Joaquin Phoenix.

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Marion Cottillard. AFP
    Marion Cottillard. AFP

Le pitch

1921. Ewa et sa sœur Magda quittent leur Pologne natale pour la terre promise, New York. Arrivées à Ellis Island, Magda, atteinte de tuberculose, est placée en quarantaine. Ewa, seule et désemparée, tombe dans les filets de Bruno, un souteneur sans scrupules. Pour sauver sa sœur, Ewa est prête à tous les sacrifices et se livre, résignée, à la prostitution. L’arrivée de Orlando, illusionniste et cousin de Bruno, lui redonne confiance et espoir. Mais c’est sans compter sur la jalousie de Bruno…

Ce qu’on attend

C’est le film le plus personnel de James Gray puisqu’il repose sur un vécu familial.

C’est le premier grand rôle américain de Marion Cotillard. James Gray a écrit le rôle pour elle.

Ce que j’en pense

Avec le film d’Arnaud Desplechin, c’est la deuxième grosse déception de Cannes. Tout semble parfait dans ce film : Marion Cotillard fait beaucoup d’efforts pour être crédible en polonaise ; Joaquin Phoenix, acteur fétiche du réalisateur, est l’un des acteurs les plus habités du cinéma ; le travail sur la lumière de Darius Khondji (a auusi travaillé sur « Amour » de Haneke) est remarquable ; le récit brasse le monde de la prostitution, du spectacle et de l’immigration… et pourtant, l’émotion jamais ne transparaît. De facture hyper classique, le film manque de flamboyance et on reste de marbre devant le drame qui se joue. Reste le dernier plan, magnifique. Mais c’est peu pour s’emballer pour ce film.

Petit plus

Marion Cotillard était déjà en compétition l’an dernier avec « De rouille et d’os », de Jacques Audiard. On lui aurait bien donné alors le prix d’interprétation. Cette année, elle revient mais pas sûr qu’elle soit au palmarès. On lui conseille d’attendre un an car elle peut parier revenir sur la Croisette avec « Deux jours, une nuit », des frères Dardenne, dont elle va commencer le tournage.

James Gray est aussi le co-scénariste de « Blood ties », de Guillaume Canet, présenté hors compétition.

James Gray prépare déjà son prochain film, un thriller de science-fiction coproduit par le Brésil.

Osez la rencontre !