Le film cannois du jour: «La Vénus à la fourrure», de Roman Polanski

Fabienne Bradfer
Mis en ligne

Deux poids lourds du 7e art, Roman Polanski et Jim Jarmusch, ont bouclé samedi la compétition du 66e Festival de Cannes.

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Roman Polanski et Mathieu Amalric. AP
    Roman Polanski et Mathieu Amalric. AP

Le pitch

Seul dans un théâtre parisien après une journée passée à auditionner des comédiennes pour la pièce qu’il s’apprête à mettre en scène, Thomas se lamente au téléphone sur la piètre performance des candidates. Pas une n’a l’envergure requise pour tenir le rôle principal et il se prépare à partir lorsque Vanda surgit, véritable tourbillon d’énergie aussi débridée que délurée.

Vanda incarne tout ce que Thomas déteste. Elle est vulgaire, écervelée, et ne reculerait devant rien pour obtenir le rôle. Mais un peu contraint et forcé, Thomas la laisse tenter sa chance et c’est avec stupéfaction qu’il voit Vanda se métamorphoser. Non seulement elle s’est procuré des accessoires et des costumes, mais elle comprend parfaitement le personnage (dont elle porte par ailleurs le prénom) et connaît toutes les répliques par coeur. Alors que l’« audition » se prolonge et redouble d’intensité, l’attraction de Thomas se mue en obsession…

Ce qu’on attend

Le défi de Polanski : deux personnages dans un théâtre.

Autre défi de Polanski : la pièce de David Ives, inspiré du roman de Sacher-Masoch.

Autre défi de Polanski : Retravailler avec sa compagne Emmanuelle Seigner – ils n’avaient plus tourner ensemble depuis 1999 et « La neuvième porte »- et faire un film en français.

Ce que j’en pense

Chaud, chaud, chaud. Mais aussi drôle, ironique, critique. En adaptant ce superbe texte de David Ives, Polanski se plaît à parler du sexisme, des rapports de soumission et de domination, avec un œil critique et ironique. On est dans un huis clos avec deux personnages dans un théâtre mais on ne s’ennuie pas une minute. Muni d’une seule caméra, Polanski joue avec la lumière, les champs contrechamps, le cadrage et habite parfaitement sa mise en scène. Il offre un rôle en or à sa compagne Emmanuelle Seigner, à l’aise avec son corps comme avec le langage, et qui s’y entend pour « allumer le feu ». Mathieu Amalric en metteur en scène pathétique, se laisse troubler avec bonheur.

Petit plus

La réplique top d’Emmanuelle Seigner dans le film : « A poil sur scène ? Pas de problème. Je vous fais ça gratuitement. Le sado-masochisme, je connais, je travaille au théâtre ! »

Roman Polanski rêvait de faire un film à deux personnages depuis « Le couteau dans l’eau ».

Roman Polanski a déjà reçu la Palme d’or en 2002 pour « Le pianiste ».

C’est la deuxième montée des marches de Mathieu Amalric, cette année, après celle de « Jimmy P. «, d’Arnaud Desplechin.

La grand-mère maternelle de Mathieu Amalric était juive polonaise comme Roman Polanski, originaire de Cracovie. D’où peut-être la ressemblance physique entre Roman Polanski et Mathieu Amalric.

Vos réactions

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1. MadameLou dit le 25/05/2013, 15:40

Non mais n'importe quoi! "La grand-mère maternelle de Mathieu Amalric était juive polonaise comme Roman Polanski, originaire de Cracovie. D

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