Gilbert est prêt pour le feu d’artifice
Le champion du monde ne sait pas s’il remportera le Tour de Belgique mais, troisième samedi aux Lacs de l’Eau d’Heure dans une étape remportée par Iglinskiy, le Remoucastrien est sans doute le seul à pouvoir menacer le maillot de leader de Tony Martin.
L’épilogue du Tour de Belgique méritera le détour, ce dimanche, entre Banneux et Banneux, au bout d’un étape dont le parcours, sur le papier en tout cas, ne tolérera aucune défaillance, un peu d’improvisation pour les plus téméraires mais surtout beaucoup de lucidité. Samedi, autour des lacs de l’Eau d’Heure où le ciel flirta entre bleu et gris sans pour autant déverser ses larmes de désespoir, on reçut une première lueur de ce qui attendra les concurrents dimanche. Les leaders n’ont pas exposé leur mollets en laissant l’échappée du jour finir le travail, quoique le dernier tour du circuit aurait pu anéantir les espoirs du groupe de tête duquel l’ancien vainqueur de Liège-Bastogne-Liège, Maxime Iglinskiy s’est montré le plus malin en affichant souvent la mine du battu, tactique implacable, dans un groupe où il y avait du beau monde, avec entre autres Leukemans, Voeckler, Leukemans ou Rast, le plus menaçant pour le maillot rouge de Tony Martin. Dans ce groupe, il y avait aussi le plus fort de l’échappée, l’homme en forme du moment au Crédit Agricole, Sébastien Delfosse. Le récent vainqueur du Tour de Cologne n’a pas mesuré la ruse de l’Ukrainien dans une finale qu’il domptait. « Je ne passerai plus jamais à côté d’une grande victoire comme celle-ci dans une course de cette envergure, regrettait amèrement le Liégeois. J’ai été naïf, j’ai pris les relais pour certains quand il ne le fallait pas. Franchement, c’est désespérant. Je sais que l’étape de demain sera trop sélective compte tenu de la bagarre entre les favoris, pour moi, c’était aujourd’hui, et c’est loupé. »
La déception de Delfosse était d’autant plus légitime que sa contribution à la conclusion de l’échappée fut essentielle, capitale même. Iglinskiy, ce n’est évidemment pas n’importe qui. On ne court pas pour Astana sans référence, l’expérience l’a aidé dans une finale où il a presque fait semblant d’avoir des crampes voire une défaillance avant d’émerger de justesse dès lors que le peloton revenait en force pour permettre par exemple à Philippe Gilbert de prendre la troisième place, et donc quelques secondes de bonifications qui illustraient à elles seules la motivation du champion du monde par rapport à l’étape ultime dans sa région où La Redoute et d’autres obligations très sélectives seront au programme. Forcément, le Remoucastrien sera plus attendu qu’un moulin aux Pays-Bas dans une étape où il pourrait tenter de bousculer l’hégémonie de Tony Martin dirigé samedi à la perfection par son équipe Omega Pharma Quick Step.
« Je dis depuis le début que cette épreuve se jouera au jour le jour. Je n’ai pas commis de faute, je suis dans les temps, le reste, on verra. C’est plus stimulant que stressant, on arrive pour le débat final sans connaître les capacités de chacun même si on les devine dans le peloton. » Hier, en tout cas, BMC n’a pas puisé dans ses réserves pour conclure l’arrivée des Lacs de l’Eau d’Heure. Sans doute y avait-il derrière cette attitude une précaution nécessaire en regard de la course de côtes, c’est le mot, présentée ce dimanche aux concurrents ?








