Des jeunes de Saint-Josse séduits par l’esprit d’entreprendre
L’ABE et l’EYAD ont proposé un parcours de sensibilisation à treize jeunes volontaires
En décembre 2012, Jamila Achak de l’asbl Eyad, La Maison de la Turquie et Virginie Losson de l’Agence bruxelloise pour les Entreprises (ABE), coordinatrice du programme Boost Your Talent (voir ci-contre), choisissaient de joindre leurs compétences pour sensibiliser des jeunes de la commune de Saint-Josse-Ten-Noode à l’entrepreneuriat. Concrètement, l’idée était de leur proposer, dans un cadre extra-scolaire, un parcours « esprit d’entreprendre » intégrant différents outils Boost Your Talent ainsi que des rencontres avec différents entrepreneurs de leur commune. Six mois plus tard, c’est une franche réussite.
« Dans le cadre de l’Eyad, je m’occupais d’activités extra-scolaires le mercredi après-midi. Le but n’était pas d’y faire de l’occupationnel mais des activités qui pouvaient donner du sens au soutien scolaire dont je m’occupe par ailleurs le reste de la semaine. Partant du constat que ces jeunes sont souvent amenés à choisir, sans connaître, un métier dès l’âge de quatorze ou quinze ans, on s’est dit qu’il n’était pas inutile de les sensibiliser à quelques orientations professionnelles avant l’heure du choix. C’est ici que les équipes de Boost Your Talent se sont révélées de précieux partenaires pour concrétiser ce projet commun » explique Jamila Achak.
Pour cette première collaboration, les jeunes ont réalisé une émission de télévision « pour les jeunes et par les jeunes » baptisée « Let’s Go Future ». Celle-ci témoigne essentiellement des meilleurs moments du parcours et des plus belles rencontres avec les commerçants du quartier. À l’occasion de la présentation du film à la Maison communale de Saint-Josse-Ten-Noode, les treize jeunes participants se sont vu décerner le certificat de « Jeune Entrepreneur ».
Sami a quatorze ans et a embrassé le rap dès l’âge de dix ans. C’est à lui que l’on doit notamment le générique final de « Let’s Go Future ». Il raconte son expérience : « j’ai adoré quand on a fait les micros-trottoirs. Quand on parlait avec les commerçants de leur métier et qu’on les questionnait sur leurs rêves d’enfance ». Celui de Sami ? « Devenir rappeur », évidemment. Et il y croit encore plus depuis cette première expérience semi-professionnelle sous la double casquette de musicien journaliste. Il a d’ailleurs un nouveau credo : « Si on veut dans la vie, on peut ».
Pour Amina, 17 ans, le parcours lui a permis de faire de nouvelles rencontres et de mieux se connaître elle-même. « Il a fallu le temps de se connaître mais je me suis épanouie dans ce projet. J’ai découvert des facettes de ma personnalité. Au début, on n’a qu’une petite idée en tête. Mais elle grandit à mesure que l’aventure se déroule. En ce qui me concerne, je pense me lancer dans l’immobilier. En tant qu’agent ou dans l’architecture d’intérieur, on verra bien ! ».
Est-ce à penser qu’il faudrait intégrer ce genre d’initiative dans le programme scolaire ? Pour les participants, la réponse ne fait aucun doute (et c’est « oui » pour ceux qui ne suivraient pas).





