Charleroi éliminé tête basse par son voisin

Stephane Druart
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Sans collectif ni identité, les Spirous ont vécu un calvaire tout au long de ce derby hennuyer qui n’a jamais tenu ses promesses. Mons a battu Charleroi 54-71. Qualifiés en trois manches sèches, les Montois attendent Ostende ou Alost en finale.

Charleroi a refermé sa saison comme il l’a entamée : sans collectif ni identité, réduit à des individualités sans relief faute d’un phare pour les éclairer. L’alchimie naissante dévoilée en avril, après une saison commencée en janvier avec l’espoir, tronqué par une 2e place finale trop flatteuse, d’avoir ajusté un recrutement manqué, n’était qu’illusion. Son derby si prometteur face à Mons se transforma en calvaire. Et c’est en trois manches sèches, avec une maturité et une profondeur de banc insoupçonnées, que les Montois se sont qualifiés pour leur 3e finale, où ils attendent, avec le bénéfice de 6 jours de repos, Ostende ou Alost, en rêvant à un premier titre.

On ne peut pas reprocher aux Spirous leurs bonnes intentions. Mais à ce stade de la saison, si celles-ci ne s’appuient pas sur un fond de jeu huilé, elles s’envolent en fumée. Charleroi afficha donc le même visage que lors des deux premières manches: timoré, désorganisé et petit à petit désuni. Le speaker du Spiroudôme devait exhorter le public, sidéré, à soutenir son équipe. Comme le coach Bozzi devait appeler Randle, son seul moteur, du moins était-il attendu comme tel avant de sombrer, à accélérer ou à lâcher son ballon. Bref, pathétique dans le chef d’un candidat au titre!

Mons, lui, n’avouait aucune peur de gagner. Mais précisément, sa décontraction lui fit oublier qu’il ne lui revenait pas d’enflammer les débats. Puis elle engendra des déchets qui allaient l’empêcher de traduire au marquoir son emprise sur le match: 30-34 à la pause, après 16-21 et 20-27. Randle, l’intérieur montois, était de nouveau sorti du banc avec aplomb. Mais l’élan qu’il stimula fut cassé net par un manque de créativité dès que Wallace est relayé… le temps de se rendre compte combien cette demi-finale se traînait. Heureusement pour Charleroi, alors qu’il s’enfonçait tête basse, frisant le renoncement, Dandridge limita, de deux tirs primés, l’écart à 4 unités à la pause.

Les observateurs s’y accordaient donc sur la faiblesse des Spirous. Mais il restait à Mons à valider sa qualification dans cet antre où il est le seul club belge à s’être imposé cette saison. Le premier panier de Bostic soulignait sa marge de progression. Comme le temps mort directement requis par le coach Bozzi indiquait l’approche du point de rupture: 30-40. Les Spirous ne tenaient plus qu’à un fil, mais ils s’y accrochaient avec l’énergie d’équilibristes au-dessus du précipice (44-48), n’ayant plus rien à perdre alors que Mons prenait conscience qu’il avait tout à gagner… Il jouait la montre et tuait le temps à coup de lancers: 45-53 à la demi-heure. A l’agonie, le taureau carolo n’attendait plus que sa mise à mort. Et c’est sous la bronca de leur public que les Spirous prirent congé de l’une des saisons les plus chaotiques de leur histoire.

Osez la rencontre !