L’économie à la rescousse des agents immobiliers
Économiste spécialisée dans les études de marché et les comportements d’achat, Evelyne Gielen est également passionnée par l’immobilier. Elle plaide pour que le métier d’agent immobilier évolue vers des techniques commerciales.
Quand, pour nous parler d’expertise immobilière, Evelyne Gielen sort de son sac quelques échantillons de shampoing, dont certains appartiennent à une autre époque, nous ne sommes pas certains de très bien comprendre où elle veut en venir.
Cette économiste spécialisée dans les études de marché et les comportements d’achat, passionnée d’immobilier de surcroît, a sollicité un entretien pour nous expliquer pourquoi il était impératif, selon elle, que le métier d’agent immobilier (qu’elle pratique aussi) évolue vers des techniques commerciales, où le packaging tient une place fondamentale. Et voilà que tout s’éclaire…
En réalité, ce qui irrite Evelyne Gielen, c’est que la majorité de ses confrères (et consœurs) continuent d’envisager un bien immobilier sous un seul angle : celui des mètres carrés. En guise de clin d’œil, elle a d’ailleurs appelé son agence « Mètre carré ». « C’est évidemment un pied de nez, dit-elle en souriant. Cette vision du prix au mètre carré correspond à celle qu’on a dans un marché de vendeurs. Or, l’immobilier aujourd’hui doit être analysé en se plaçant du côté de l’acheteur. C’est lui qui détermine les prix, et l’apparition d’internet a encore accentué le phénomène. Le temps où les agents immobiliers pouvaient se permettre d’attendre le client les pieds sur leur bureau est bel et bien révolu ! »
Pour évaluer un bien, il existe une cinquantaine de critères, estime notre interlocutrice qui nous met à présent sous le nez une courbe de Gausse, avec ses points de rupture représentés par les Q25 et Q75 au milieu desquels se situent la majorité des biens. « Aujourd’hui, l’expertise de l’agent immobilier présente une marge d’erreur de 20 %, c’est énorme !, affirme Evelyne Gielen. Pour un bien de 200.000 euros, cela veut dire que les estimations peuvent aller de 160.000 à 240.000 euros. Or, si on surévalue un bien de 10 %, on peut rater jusqu’à 70 % des acheteurs (NDLR : cette fois, elle sort un tableau…), vous vous rendez compte ? »
Notre agent immobilier décidément très en verve se lance alors dans une énumération de quelques-uns des critères qui doivent entrer en ligne de compte lors d’une estimation. L’intensité de la demande, la concurrence entre les biens d’un même type, le prix de positionnement, le prix psychologique (289.000 euros comme prix de vente de départ n’est-il pas plus attractif que 290.000 euros ?)… « Et ce n’est pas tout, poursuit-elle. Que va préférer l’acheteur : un grand appartement sans lumière ou un plus petit qui jouit d’une belle luminosité ? Un appartement de 90 m2 avec une terrasse sud-ouest ou un autre de 120 m2 avec une terrasse exposée à l’est ? Voilà pourquoi je dis que les mètres carrés représentent de nos jours une partie infime de l’estimation. Aujourd’hui, ce que les gens recherchent, c’est une chambre pour leurs enfants, une pièce dans laquelle ils peuvent se consacrer à leur hobby, une chambre d’amis, une cuisine spacieuse… »
Passionnée également par la restauration de biens, au point d’avoir écrit un livre sur le home-staging, Evelyne Gielen insiste sur le fait qu’elle s’exprime en tant qu’économiste et en son nom propre. « Mettez-le bien dans l’article, dit-elle, car je me doute que mes propos risquent de heurter le milieu. Mais je m’en réjouis ! Ce que je recherche, c’est à remettre les choses à leur juste place. Je fais partie d’un milieu où l’on peut perdre 10.000 euros en une journée. Je veux juste inciter les gens à avoir une vision plus économique de l’immobilier. C’est un monde qui doit être repensé car il y a beaucoup trop de croyances erronées dans le grand public. On prend encore trop souvent l’agent immobilier pour un arnaqueur… »









ahahh trop drole mon expérience avec un agent immobilier il m'a dit que la batiment datait du milieu des années '60 il est de début des années 50 que sur 6 appartements 4 étaient occupés par les propriétaires en fait deux le sont...