Sinardet: «Les partis francophones ont un discours pro-belge par opportunisme» (chat)
Une étude de la VUB et de l’UCL démolit le cliché d’un clivage purement Nord-Sud. Ainsi beaucoup de partis flamands se sentent Belges alors que le MR prône une autonomie des entités fédérées plus importante que les autres partis francophones. Dave Sinardet, un des auteurs de l’étude, a répondu à vos questions.
N’ avez-vous pas oublié Bruxelles, dans votre étude ?
Dave Sinardet : On n’a pas oublié Bruxelles, mais le fait est que les partis sont organisés sur base des deux grandes communautés linguistiques, que les institutions au niveau fédéral sont aussi fortement organisées sur base de cette division et que la crise a fortement été présentée comme une confrontation fondamentale des points de ces deux blocs. C’est ce dernier constat qui est nuancé par notre étude, qui se base pour cela bien sûr sur les réponses des parlementaires des partis flamands et francophones.
N’estimez-vous pas que, la position réelle des partis politiques a des effets négatifs lors d’élections ?
D.S. : Certains partis ont parfois tendance à rester flou sur certains de leurs objectifs, s’ils veulent atteindre un public qui est divisé sur la question. Sur le plan communautaire on voit cela entre autre chez la N-VA : le parti sait qu’il n’y a pas de majorité pour le séparatisme en Flandre et que le thème communautaire dans le sens strict du terme n’attire pas les foules non plus, et donc le parti plaide pour le concept beaucoup moins révolutionnaire de confédéralisme et argumente cela surtout avec un discours socio-économique de droite.
Alors quels sont les points sur lesquels Flamands et Francophones sont sur la même longueur d’onde ?
D.S. : Il y a beaucoup de points ou l’on voit que le clivage entre parlementaires n’est pas en premier lieu Nord-Sud mais plutôt entre partis nationalistes et les autres. On constate que la plupart des parlementaires ont une identité mixte (seuls chez le VB et la N-VA une majorité se sentent « seulement flamand »), il y a aussi peu de parlementaires qui se sentent « seulement belges ». En tout cas, dans notre étude, on a interrogé les parlementaires sur leur sentiment d’identité individuel. Il n’est pas exclu que des évaluations politico-strategiques jouent un rôle dans leur réponse, mais je ne crois pas que ce soit très dominant, surtout que le questionnaire était anonyme et que les parlementaires pouvaient répondre en liberté.
Pourquoi avoir fait cette étude ? Beaucoup estiment qu’il n’y a qu’une seule réalité celle des urnes. Et de fait, les urnes montrent que les partis flamands se sentent « seulement flamand ».
D.S. : Tout d’abord, il faut savoir qu’ici on n’a pas interrogé l’opinion publique mais les parlementaires. L’intérêt est entre autres de mieux connaître sur le fond l’opinion de ces parlementaires sur le futur du pays. Parce que même si on les a élus pour donner leur opinion et diverger d’opinion avec les autres, la discipline des partis ne le permet malheureusement souvent pas au parlement. Quand seront débattus les textes de lois sur la 6e réforme de l’État, on sait déjà que les parlementaires des partis qui ont négocié l’accord vont le défendre bec et ongle, tandis que les autres ne trouveront pas un bon mot à dire. Ce seront donc des débats assez stériles. Notre étude montre que derrière cette façade d’unanimité se cachent des différences parfois importantes : entre parlementaires et la position officielle du parti, mais aussi entre parlementaires d’un même parti.
Quel rôle joue l’Europe dans ces problèmes communautaires ?
D.S. : Je constate que l’on a passé des années en Belgique à parler de révolutions coperniciennes et changements du centre de gravité entre fédéral et régions, etc., une vraie révolution copernicienne et un vrai changement de centre de gravité s’est opéré au-dessus de nos têtes au niveau européen. Déjà l’UE avait beaucoup plus d’impact sur notre vie politique qu’on pourrait le croire sur base du récit médiatique, mais avec les nouvelles normes budgétaires imposées aux pays membres c’est encore beaucoup plus fortement le cas. Il y a d’ailleurs là un débat très important à mener sur la légitimité démocratique de ces évolutions comme elles se déroulent aujourd’hui.
Vos réactions
Voir toutes les réactions @ kaoti. Le déficit et l'endettement c'est celui de tous les belges, il faudra m'expliquer en quoi ces éléments prouvent que certains sont avantagés par rapport aux autres. D'autre part certains aiment nous expliquer que cette situation est catastrophique mais notre ligne droite nous a permis de rester parmis les pays les plus riches de la planète ( dans combien de pays la population possède, rien qu'en biens mobiliers, de quoi rembourser deux fois leurs dettes privées et publiques cummulées ?) Tous les modèles proposés se sont écroulés les uns après les autres, le dernier en date, l'Allemagne (un pays riche peuplé de gens pauvres ) ne tient qu'à un fil et de toute manière ne peut être copié puisqu'il se nourri de la situation économique de ses voisins.
@Keule Un cap plus stable? Celui d'un déficit de 3% et un endettement à 100% du PIB? Apparament vous êtes satisfait de ce compromis. Je ne peux qu'en conclure que ce compromis est plus avantageux pour certains par rapport à d'autres. Suivant votre définition ce compromis est donc un mauvais compromis. Et puis si la route était toute droite, nul besoin d'un gouvernement pour diriger un pays. Si on ne vire pas (à gauche ou à droite), on va droit dans le mur!
@ kaoti. Votre raisonnement repose sur une erreur de base évidente : un compromis qui ne satisfait personne est un bon compromis. En effet un compromis qui satisfait tout le monde cela n'existe pas et un compromis qui avantage l'un par rapport à l'autre ce n'est pas un compromis. Votre exemple de la voiture est aussi un mauvais exemple la voiture qui zizague c'est un pays comme la France où l'alternance fait qu'une politique de gauche succède à une politique de droite et inversément. En Belgique l'obligation de tenir à tout moment compte de deux opinions publiques opposées permet elle de maintenir un cap plus stable.
Sinardet dit que certains partis ont parfois tendance à rester dans le flou sur certains de leurs objectifs et prend comme example la N-VA. Pourquoi ne pas prendre des autres partis comme examples comme le CD&V qui a clairement dit que la 6-ième réforme n'est pas suffisante et qu'une 7-ième s'annonce. Ou le OVLD (et CD&V) qui prône le confédéralisme mais tout d'un coup on discute sur la signification de ce mot. Ou le flou au tour du FWB, etc. Pourqoui toujours ramener tout à la N-VA? Pourquoi représenter un sondage ou la N-VA sort comme grand vainqueur comme une défaite pour BDW? Pourquoi utiliser des faits divers comme le "sinksenfoor" et le foot pour faire du N-VA bashing?









@Keule Facile d'être les plus riches de la planète si on vit sur le dos des futures générations. Vous n'avez qu'à comparer votre pouvoir d'achat actuel avec celui de tes parents à leur époque. Je me marre des études qui disent que le belge possède en moyen 67000 euros car même si j'ai un très bon salaire, je n'ai pas cette somme sur mon compte. Vous préférez clairement le modèle actuel, celui de la ligne droite, celui de la non-gouvernance, celui où un vote à droite ou à gauche n'a plus d'importance car au bout du chemin c'est le règne du eenheidsworst, celui du déficit démocratique, celui du status quo, celui du record européen du taux d'imposition, ... Et bien, moi, je n'en veux plus et je ne suis pas le seul. Prochain rendez-vous en 2014.