Le 11h02: «Les lignes bougent en Syrie»
Des journalistes du « Monde » affirment que des armes chimiques ont bien été utilisées par les forces syriennes de Bachar al-Assad. L’utilisation de ces armes change-t-elle la donne dans le conflit syrien ? Baudouin Loos a répondu à vos questions.
Sur l’article du « Monde ». « Les deux journalistes du « Monde » ont passé deux mois dans une zone tenue par les rebelles. Ce qui permet d’avoir une bonne vision des choses. Ils ont constaté des dizaines de cas d’infection aux yeux et surtout, aux poumons. Le photographe a subi lui aussi des symptômes d’infection à un gaz. Mais, les journalistes eux-mêmes restent prudents : il n’y aurait pas d’utilisation massive de gaz. Et ils disent entre les lignes qu’ils soupçonnent le régime syrien d’atténuer les effets du gaz en le mélangeant. Sinon, il y aurait eu des centaines de morts. Ils ont ramené des échantillons et l’analyse est en cours. Ce qui est avéré : une substance incolore et inodore est utilisée par le régime dans des zones tenues par les rebelles et qui provoque des suffocations. Il en a résulté des dizaines de morts. »
Qu’est-ce que cette information change. « Ce qui est ironique c’est que Barack Obama avait déclaré il y a quelques mois de cela que l’utilisation de gaz par l’armée d’el-Assad était une « ligne rouge ». Il n’avait pas précisé que seraient les conséquences du franchissement de cette ligne. On peut aussi dire que cette utilisation de gaz étant ponctuelle, à faible intensité, probablement diluée… Le régime a déjà largement bombardé les villes et villages rebelles et la communauté internationale n’a pas beaucoup protesté, alors on peut dire que les fameuses « lignes rouges » ont un peu évolué. Par contre, cet article change l’histoire. Les lignes bougent en Syrie. En plus il est publié le même jour que ce fameux sommet européen. Je peux vous dire que les ministres des Affaires étrangères en ont parlé. »
À quoi a servi le sommet européen d’hier. « Le régime des sanctions à l’égard de la Syrie se terminait hier. Il fallait que l’Europe se prononce sur la poursuite ou non de ces sanctions. Elles ont toutes été prorogées : les sanctions économiques et diplomatiques. En ce qui concerne le volet « armes », il a juste été décidé qu’il sortait des prérogatives communes et que la décision revenait à chaque pays. La Grande-Bretagne et la France militaient pour la levée de cet embargo qui ne concernait que les Européens. Dans le même temps, la Russie et la Chine livraient des armes, mais bien sûr au régime syrien. Et côté rebelles, certains pays arabes ne se sentaient pas liés par cet embargo. Cependant, les forces sont complètement disproportionnées. »
La position de la Belgique. « Quand Didier Reynders dit qu’il y a « prolifération » d’armes en Syrie pour justifier en partie sa volonté de ne pas livrer d’armes, il ne précise pas que cette prolifération est essentiellement due à l’armée loyaliste. Quant à la crainte originelle, que les armes livrées tombent entre les mains de groupes extrémistes : au début les djihadistes étaient très peu nombreux et on a quand même refusé la requête de l’armée syrienne libre (ASL). Et qui s’est engouffré dans ce vide ? Les groupes extrémistes. Plus organisés, plus motivés et même, il faut le dire, parfois plus honnêtes. »
Dernières informations. « Les pays qui souhaitent armer les rebelles vont attendre le 1er août pour laisser une chance à une solution diplomatique. D’autre part, la Russie a publié un communiqué disant que la décision de laisser les pays décider de livrer des armes aux rebelles était contraire à la paix. Ce qui est un peu « fort de café » quand on sait qu’eux arment quotidiennement la Syrie. »









Maintenant que certain pays Européens ont commis la grande erreur de soutenir les islamistes de ce "doux printemps arabe démocratique " j'espère que Poutin livrera ses derniers Mig et que Bashar mattera sans réserve les rebelles en utilisant s'il le faut tous les moyens. Vive Bashar !