La Wallonie séduit au Québec
Sur la créativité aussi, les deux régions parlent la même langue
N ous avons l’honneur de recevoir Jean-Claude Marcourt, le ministre de l’Économie, des PME, du Commerce extérieur et des Technologies nouvelles de Wallonie », déclarait Daniel Lamarre, directeur du Cirque du Soleil à la conférence d’ouverture du Salon C2-MTL qui s’est tenu du 21 au 23 mai à Montréal.
Par ce nouveau rendez-vous qui mêle affaires et créativité, Montréal affiche clairement son ambition de devenir la Davos de la créativité mondiale, rien que ça. Et si c’est le directeur du Cirque du Soleil qui tient le micro, il faut reconnaître que l’entreprise a réussi une reconversion remarquable sur les scènes commerciale, technologique, culturelle, sociale, citoyenne et environnementale. Un véritable exemple d’entreprise créative pour le monde entier.
C’est dans ce contexte que le ministre Marcourt et son cabinet se rendaient en mission au Québec pour y présenter, notamment à l’occasion de C2-MTL, ses efforts politiques sur la stimulation de l’économie créative en Wallonie.
Et force est de reconnaître que la délégation wallonne ne déméritait pas dans cet environnement nord-américain dynamique. Propulsée par sa récente décoration de District créatif européen, un titre obtenu de la Commission européenne et partagé avec la Toscane parmi 44 candidatures (voir Le Soir du 7 mars 2013), la Wallonie tient désormais un argument de choix à adresser à ses citoyens et entreprises, mais aussi à l’extérieur. Et vu l’accueil québécois réservé à la délégation wallonne, le message est bien reçu.
Objet de la récompense européenne, le programme-cadre et transversal à l’ensemble des mesures du Plan Marshall 2.vert : Creative Wallonia. « C’est l’idée de placer créativité et innovation au cœur du projet wallon », explique Henry Monceau, conseiller au cabinet Marcourt.
Introduit en octobre 2010, le programme s’attache à assurer la promotion de la société créative, le développement de l’innovation et le soutien à la production innovante. Il est le fruit d’une réflexion collaborative qui a rassemblé des entrepreneurs, des académiques, des scientifiques, mais aussi des acteurs du monde culturel et des pouvoirs locaux, soit les forces qui bâtissent l’économie créative.
Ça tombe bien, c’est aussi le nouveau credo québécois : l’essentielle transdisciplinarité dans la conception de la nouvelle économie.
Évidemment, cette visite fut aussi l’occasion d’emprunter à la nouvelle capitale de la créativité quelques belles idées qui mériteraient de trouver un écho en Wallonie. La mission ministérielle fera d’ailleurs l’objet d’un dossier complet dans Le Soir des 1er et 2 juin prochains, où nous reviendrons également sur les premiers résultats de Creative Wallonia.
OLIVIER CROUGHS




Difficile de dire aujourd'hui dans quelles mesures ces efforts de reconversion atténueront les effets de la délocalisation et de la crise du secteur industriel traditionnel. Pour l'heure, ces deux sujets n'ont rien à voir.