Trop injuste et... juste
L’arbre Belgique ne doit pas cacher la forêt Europe : si le traitement infligé à notre pays est sévère, les recommandations de l’Europe pour 2013 marquent un relâchement de l’austérité sur le Vieux Continent. La Belgique fait par contre l’objet d’une sévérité spécifique dont on ne peut que dire qu’elle est injuste.. et juste.
Injuste ? La Commission se devait d’être sévère avec nous, ne pouvant à la fois nous épargner la sanction et la mise en demeure, au vu de nos chiffres budgétaires et de notre endettement, alors que nous sommes depuis une longue période, en procédure de déficit excessif. Elle jouait sa crédibilité mais il est plus facile pour elle assurément d’être dure envers un petit pays. La récession européenne aurait plaidé également pour un étalement de l’effort budgétaire exigé. Mais si le gouvernement Di Rupo n’en a pas bénéficié, c’est primo parce qu’on considère que la Belgique n’est pas dans la situation de la Grèce ou de l’Espagne et qu’elle a encore une marge d’économies (les entités régionales et locales notamment ont peu ou pas contribué). C’est aussi secundo, la faute à notre situation politique spécifique. Le Bureau du plan et d’autres observateurs belges ne disent pas autre chose : 1) la Belgique doit absolument se présenter au mieux budgétairement à l’échéance électorale de 2014, afin qu’une crise politique prolongée ne soit pas couplée comme en 2010 à une situation budgétaire non contrôlée, qui redéclencherait l’ire des marchés et des taux d’intérêt ; 2) l’endettement belge reste très élevé, or sa réduction a un impact immédiat et automatique à la baisse sur notre coût de financement ; 3) notre endettement caché, dû au vieillissement, reste extrêmement menaçant.
L’Europe néglige la réussite belge : le maintien d’une cohésion sociale, d’un pouvoir d’achat et d’emplois dans un contexte de crise qui en fait sombrer tant d’autres. Mais elle met Di Rupo en devoir lors des exercices budgétaires à venir, de faire du vrai travail, et de ne pas rejouer de « trucs et astuces » budgétaires. Elle le contraint aussi à se confronter au fait que les réformes de la fiscalité, des pensions et de la compétitivité n’ont été qu’entamées. C’est une évidence et une urgence, pas uniquement pour la Commission.
Vos réactions
Voir toutes les réactions signe avant coureur pour le peuple vulgaris d'une volee de nouvelles taxes ou assimilees... la seule chose pour laquelle nos "sinistres" montrent un soupcon d'intelligence...
Dans ses recommandations, il n'y a pas de sanctions. Ouf ! On respire. Les autres, pas moi. Car la Commission ne nous a pas épargnés par altruisme. Elle a surtout compris qu'envoyer un pays membre au tapis alors qu'il est déjà dans les filets, ne serait pas la meilleure option par les temps qui courent. Par conséquent, la question n'est plus tellement de savoir si la position européenne est juste ou injuste, mais de combien de mois disposons-nous pour redresser la barre avant le prochain scrutin ? Telle est la réalité, la nôtre, toute crue, toute nue. Évidemment, c'est moins « sexy » que les discours larmoyants et pontifiants auxquels notre gouvernement nous a habitués. Sortons les violons, ou plutôt, les pianos. Reine Élisabeth oblige. La Belgique va mieux, elle est dans le peloton de tête, le gouvernement prend ses responsabilités, etc On connaît.
L'essentiel de cet éditorial tient dans quatre lignes lesquelles sont d'ailleurs en caractères gras. Le reste appartient au domaine de l'appréciation personnelle de l'auteure et du lecteur. 2014, c'est bientôt, c'est demain. Croire que la Belgique pourra amortir les effets de sa dette publique en moins d'un an afin de faire les yeux doux auprès de la communauté internationale en cas de nouvelle crise institutionnelle (majeure celle-là), est illusoire, naïf, irresponsable. Jouer l'autruche est rarement un jeu innocent et sert toujours les desseins d'une élite peu scrupuleuse. Ne serait-il pas temps d'ouvrir les yeux ? La crise que le pays a connue dès le mois de juin 2010 était orchestrée volontairement par des amateurs, des menteurs dont l'objectif consistait à éviter l'implosion du pays coûte que coûte. L'Europe l'a parfaitement compris et nous attend les pieds fermes fin de cette année.



"TOUT CE QUI EST EXCESSIF EST INSIGNIFIANT". Charles Maurice, prince de Talleyrand-Périgord Bon, il faut bien trouver une nouvelle "punching ball" pour détourner l'attention des gens des problèmes réels. L"incompétence des bureaucrates de la Commission, celle de F Hollande ( fort efficace pour se faire élire, mais n'ayant aucune qualité pour gouverner), la politique d'Angela qui s'entend avec la Chine sur le dos du restant de l'Europe, l'énormité des bureaucraties européennes - dont la belge, oui, bien sûr-, .... . Alors, maintenant, nous avons la vedette.... A qui profite le crime? Nous servons à détourner l'attention des catastrophes financières & économiques à venir. Et dans quelques mois, on nous aura oublié ... On aura trouvé une autre diversion ! La meilleure défense : d'une part nous réformer en profondeur, d'autre part, l'indifférence à l'égard de la Commission - bien sûr en y mettant les formes ...L'indifférence est une arme mortelle, car imparable !