Cap vers des contrées lointaines
En ouverture, une invitation à l’exotisme avec des pièces de Nouvelle-Calédonie, des îles Marquises, Vanuatu, de Papouasie… Des objets étonnants dont de petits bijoux par la finesse de la sculpture, la délicatesse du tracé et des motifs. Ainsi cette amulette maorie, un hei tiki d’à peine 11 cm de haut, en « pounamou » (néphrite en langue maorie) et cire à sceau, qui joue du vert aux mille reflets au rouge des yeux cachetés de cire.
Moderne, synthétique, magique cette figurine qui peut évoquer le fœtus, est en fait un personnage mythologique qui se retrouve sous différentes formes (ronde-bosse, panneau de bois sculpté…) dans la culture maorie. Il est très précieux et est porté en pendentif pour ses vertus de fertilité. Il fait partie du « taonga » (trésor) et se transmet de génération en génération. Cet objet emblématique de la culture océanienne, de très belle facture et façonné dans la néphrite – une matière particulièrement prisée des Maoris – est proposé pour une estimation de 6-8.000 euros. D’autres pièces retiendront l’attention des amateurs, comme ces deux ornements d’oreilles en os ou ivoire, minutieusement sculptés de minuscules figures humaines (îles Marquises, estimation 800-1.000 euros pour l’ensemble qui n’est pas une paire, les motifs sont différents). On note également une faîtière en bois fortement érodée en raison de sa position extérieure, sur la toiture d’une case rituelle, où l’on peut encore distinguer la tête d’un esprit ancestral (Nouvelle-Calédonie, 109 cm de haut, estimation 10-15.000 euros). Des haches d’apparat, une collection de spatules à chaux Massim, Nouvelle-Guinée (dont certaines estampillées W.B. Webster, du nom d’un célèbre collectionneur du XIXe siècle, à l’origine du Musée Pitt Rivers d’Oxford).
Pour l’Afrique, la figure Teke en bois et assise fait figure d’exception sculpturale, la plupart étant représentées debout. Provenant du Congo, d’un atelier bien identifié, elle a été rapportée par un colon dans les années 1911-1918. Elle porte la coiffe des ancêtres et présente un travail de la tête particulièrement raffiné avec certaines zones pyrogravées. Les yeux sont en amande et la barbe trapézoïdale est flanquée de deux barbiches. Le visage porte des traces de scarification. La réalisation traditionnelle en bois plein (à la différence des sculptures occidentales volontiers évidées) a provoqué un claquement qui n’altère en rien l’élégance de cette figure aux jambes fuselées, astucieusement installées en position assise. Le traitement synthétique de certaines parties (comme les raccourcis des mains et des pieds) témoigne d’une grande modernité. Cette pièce provenant d’une collection belge porte une estimation de 15-20.000 euros. A voir dès le 4 juin lors de l’exposition.
Vente le 8 juin 2013 à 15 h, Native, rue aux Laines 32, à 1000 Bruxelles. Infos :
www.native-auctions.com


