Le parking partagé bruxellois se lance à Paris
BePark invente la formule de parking « à la minute » et devrait bientôt la proposer à ses abonnés belges
Bien que le journaliste français Jean Quatremer se soit bruyamment déchaîné sur les problèmes de mobilité à Bruxelles dans les pages de Libé, la ville lumière n’est pas moins épargnée par le trafic automobile. Ironie du sort, c’est une start-up bruxelloise œuvrant dans le parking partagé (parksharing pour les Londoniens, peut-être bientôt concernés aussi) qui y offre désormais ses services.
Le concept général ? Comme d’habitude avec les start-up qui le valent bien, il concerne un problème collectivement rencontré – le manque d’emplacements de parking en centres urbains - et intelligemment abordé. Comment ? En allant chercher l’espace là où il est disponible pour le proposer aux membres de la « communauté », c’est d’époque. Où ? À peu près partout, tout le temps.
BePark propose à ses abonnés de disposer d’emplacements de parking inutilisés par leurs propriétaires. Des supermarchés, des hôtels, des banques et autres entreprises susceptibles de laisser aux abonnés tout ou partie de leur espace à différents moments de la journée. BePark perçoit 10 à 15 % des transactions, dépendant du secteur d’activité du fournisseur, de la localisation du parking et des places disponibles. Avec un prix moyen situé aux alentours d’1,50 €/heure, la solution est le plus souvent moins chère que les places en voierie.
À Bruxelles, la grosse trentaine de parkings partenaires couvrent la majeure partie de la ville à raison d’un rayon par emplacement de quelques centaines de mètres à peine. Dans l’éventail des fournisseurs, les exploitants de parking sont une nouvelle collaboration. Initiée à Paris, elle devrait prochainement se développer là où le service est déjà installé. Avec cet avantage de proposer le parking à la minute.
L’innovation technologique de BePark réside dans le fait que tous leurs parkings sont équipés de barrières électriques aux entrées et sorties. C’est là la clef du système, sans mauvais jeu de mots. Avec son téléphone et moyennant une inscription préalable sur le site web (voir ci-contre), il suffit d’appeler le numéro affiché à l’entrée du parking et d’introduire le code qui le suit, propre à chaque site. La barrière s’ouvrira instantanément. Idem pour en sortir. On paie la note en fin de mois. Facile.
On s’en doute, le service est disponible dans une version plus généreuse encore sur smartphone via son application gratuite (sur iOS et Android), qui fournit en prime une carte en temps réel des emplacements alentours, avec mention des transports en commun et des points Villo ! (ou équivalent) dans leurs environs.
Dès lors, on peut voir venir les arguments clients à des kilomètres, quitte à leur faire bon accueil. « Vous économisez du temps, de l’argent et vous profitez d’un emplacement de parking sécurisé », explique Julien Vandeleene, fondateur et CEO de BePark.
Ecolo a mordu
Surfant résolument sur la vague verte, BePark vient aussi se fondre au bon moment dans l’irrésistible tendance des smart cities (villes intelligentes et connectées). D’ailleurs, la députée bruxelloise Écolo Evelyne Huytebroek lui aurait déjà trouvé un allié de choix pour alimenter Iris 2. Le plan régional de la nouvelle politique de transports qui devrait « permettre à chacun de se déplacer en toute quiétude, dans une infrastructure efficace et de qualité et améliorer la complémentarité entre les différents moyens de transport ». On admettra la pertinence de la manœuvre.
Pour l’heure, Julien Vandeleene et son équipe continuent d’accumuler les partenaires et fournisseurs. Notamment dans le secteur des bureaux qu’ils démarchent depuis peu. Après seulement 18 mois d’existence, BePark est déjà disponible dans de nombreuses villes européennes avec 35 emplacements à Bruxelles, 3 à Amsterdam et 13 récemment signés à Paris. Dans un avenir très proche, BePark devrait également desservir Madrid et Barcelone.



