Amarrer la Turquie à l’Europe
Disons-le d’emblée, et tout net : la brutalité policière est toujours et en tout lieu inacceptable !
Il faut se garder cependant des raccourcis qui désorientent : il n’y a rien de commun entre la place Taksim d’Istanbul et la place Tahrir du Caire, sinon trois lettres et une vague parenté phonétique.
On peut à l’évidence ne pas aimer Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre « islamo-conservateur » turc. Le diaboliser serait pourtant une grave erreur. Il convoque Allah dans les allées du pouvoir ? Mais, bon Dieu !, nombre de partis politiques européens, membres de la principale famille politique du continent, le PPE, font de même encore aujourd’hui – en version chrétienne. Et pour ce qui est du conservatisme, ils n’ont rien à lui envier…
En réalité, une certaine modération, voire une certaine modestie, s’impose. Car au cours des années Erdogan, la Turquie a avancé. Comme acteur économique émergent. Comme puissance politique régionale. Et aussi sur le terrain des droits de l’homme, même s’il reste encore à cet égard d’importants retards à remonter.
Plus que jamais, ce pays – qui, il faut le rappeler, avait été fortement « bousculé » par Atatürk – mérite mieux que les atermoiements de l’Union européenne. Et nul ne sort grandi d’avoir laissé les Turcs si longtemps poireauter sur le seuil de… l’antichambre.
La Turquie n’est pas assez démocratique. Elle n’est pas assez avancée économiquement. Elle ne répond pas aux « critères de Copenhague ». Et puis elle est trop grande par rapport aux actuels membres de l’UE. Elle n’est pas géographiquement européenne, mais asiatique. Elle est musulmane. Plus on pousse les adversaires de la négociation avec la Turquie dans leurs derniers retranchements, et moins leurs arguments sont convaincants.
Certes, les Turcs doivent faire leur part du chemin, entre autres sur la question chypriote. L’intelligence impose toutefois le cap.
Asseoir la démocratie en Turquie, et la prospérité, et la stabilité, ce serait bien sûr bon pour les Turcs. Ce serait également excellent pour l’Europe, par ces temps incertains, qui voient notamment s’étendre le radicalisme musulman.
Herman Van Rompuy l’a dit, voici quelques jours, à Ankara : « Il faut donner un nouvel élan au processus d’adhésion de la Turquie. » Le président du Conseil européen a raison. Il faut amarrer la Turquie à l’Union, à ses valeurs et à ses normes.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Ben voyons ... Erdogan et sont parti AKP ont profité au début de son mandant des avancés économiques du gouvernement précédent, par la suite il a continué en privatisant à gogo tout ce qu'il pouvait (je me souviens d'un appel d'offre pour la mise en vente de la Loterie Nationale Turque), en 10 ans la dette du pays à plus que tripler atteignant les 350 milliards de $ et il continue à creuser le trou avec ses projets pharaoniques considérant la Turquie comme une manne inépuisable (reconstruire l'équivalent des Invalides ottomans, 3ème pont sur le Bosphore, 3ème aéroport le plus grans au monde, ...). Les "avancées" obtenues dans les soins de santé sont discutables et celles de l'enseignement catastrophiques (4 ans de primaires, 4 ans de secondaires, et 4 ans de lycée, avec cours de religion obligatoire). Au niveau de l'énergie, c'est quasi une honte, tous les torrents des région montagneuses sont captés par des minis centrales électriques, privant les villageois, la faune et la fl[...]
"OU est la plus value de la Roumanie, de Malte, de Chypre, de la Grèce?" Dans l'économie de l'Allemagne, peut-être ? Les plus développés avaient intérêt à agrandir le marché. Les moins développés n'en ont pas profité, en tout cas d'une Europe sociale puisque l'Europe est toujours trop libérale. La Turquie n'est pas le Nord Africain, elle est un pays réellement émergent qui monte plus que n'importe quel pays des 27. Encore qu'il faut voir si l'après Erdogan peut faire Recep.
J'aime bien le "plus on pousse... moins ils sont convainquants"... Heu, ce serait plutôt le contraire, et à part la sempiternelle évocation d'un lendemain qui chantera (mais pas de précision sur le contenu de la chanson...), pas beaucoup de contre-arguments dans l'édito qui ne convaincrait même pas le fan club de St Nicolas. Moi ce qui me rassure, c'est que c'est le Président Hollande qui semble le plus ouvert à un rapprochement... Pour autant que le dossier ne soit pas boosté avant 2017, c'est bon.
Et après ? Pourquoi ne pas accepter tout le Moyen Orient ? ET pourquoi pas tout le Nord Africain ? Une des grandes erreurs à justement été d'accepter des pays, 100% Européens mais absolument pas près. OU est la plus value de la Roumanie, de Malte, de Chypre, de la Grèce?








la suite ... et la flore d'eau. Alors pour moi, quand vous comptabilisez tout cela et que vous ajoutez toutes les lois liberticides, et la première place au hit parade mondial des journalistes, maires élus et opposant politiques emprisonnés, la Turquie, même si son opinion publiques ne veux pas adhérer à UE, ne remplis pas les conditions européennes.