Chat Turquie: «Ce n’est pas un printemps turc»

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Le mouvement de protestation qui secoue la Turquie ces derniers jours amorce-t-il un véritable tournant politique ? Qui sont les « indignés Turcs » ? Selon Güldener Sonumut, journaliste à NTV « ce n’est pas un printemps turc, c’est un mouvement de protestation populaire ». Il a répondu à vos questions.

D epuis le début des manifestations, le terme « printemps » est souvent utilisé. Pensez-vous réellement que ces événements soient similaires à ceux du printemps Arabe ?

Güldener Sonumut : Non. On ne peut pas parler de printemps turc, là ou les autres révolutions ont été largement soutenus par les pays occidentaux, ici c’est un mouvement civil, populaire et pluraliste, ou on retrouve M. et Mme tout le monde, y compris des partisans de l’AKP. Tous les manifestants ont un point commun, un ras-le-bol des législations liberticide du gouvernement et du manque de concertation. C’est beaucoup plus un mouvement populaire de personnes qui veulent mettre un terme à l’attitude totalitarisme d’un parti politique. La nature de la protestation, l’objectif voué et la dynamique des manifestations n’ont aucun rapport avec le « Printemps arabe » et aucun parallèle ne peut être effectué. Car ici personne ne conteste le mode d’élection démocratique du Premier Ministre. Les gens contestent son attitude à l’égard de ceux qui ne réfléchissent pas comme lui ou qui n’ont pas le même projet de vie.

Ce mouvement de protestation ne risque-t-il pas de s’éteindre aussi vite qu’il est apparu ?

G.S. : La protestation aurait pu s’éteindre si le Premier Ministre Turc Recep Tayyip Erdoğan avait fait des déclarations pour apaiser les manifestant. Or il met de l’huile sur le feu. Par conséquent les manifestations continuent. Elles n’auront plus la même intensité, mais le mouvement a l’air de tenir. Au moins pour le moment…

Pourquoi les médias turcs sont-ils si frileux pour couvrir l'événement  ?

G.S. : Il y a une triple pression. D’une part en effet une pression des gouvernements et cela n’est pas une chose nouvelle. De l’autre les manifestants qui veulent que les médias assurent leurs rôles. Et in fine des représentants de la presse qui ne sont soutenus par personne en Turquie ou en Europe. Les journalistes sont très frileux et sont, coincés entre le marteau et l’enclume.

Pensez-vous réellement que ces manifestations sont dues simplement au projet « Taksim » ?

G.S. : Les manifestations ont commencé avec l’opposition au projet Taksim, mais l’attitude de dédain qu’a eu le Premier Ministre à l’égard des manifestants a transformé la nature de la manifestation. Maintenant elle n’est plus limitée au projet Taksim, maintenant c’est une manifestation en faveur des plus de droits individuelle, de plus de liberté d’expression. Le peuple demande de cesser l’interventionnisme du gouvernement dans la vie privée des gens.

Y a-t-il des dissensions au sein même de l’AKP sur la manière de réagir à ces manifestations ?

G.S. : Si l’on doit croire à la lettre les déclarations de divers dirigeants du parti, en effet, tout montre à croire qu’il y a des dissensions entre les membres du Parti. En effet l’ancien ministre de la Culture et du Tourisme Ertuğrul Günay a fait des déclarations soutenant les manifestants. Le ministre en charge de la fonction publique Bülent Arınç a condamné l’usage excessif de gaz lacrymogène à l’encontre des manifestants. Il y a des divergences de vue. Mais rien qui ne ferait éclater le parti. Toutefois on peut remarquer que la frange libérale démocrate du Parti a pris ses distances avec Erdoğan. L’attitude d’Erdoğan est de plus en plus autoritaire, et ce qui est important dans une démocratie c’est que les gouvernements élus puissent prendre en considération l’avis du spectre politique le plus large. Et pour Erdoğan, ou on est contre lui, ou on est avec lui. Il n’y a pas d’autre option.

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2. poupila dit le 03/06/2013, 17:58

Bien sur que les médias doivent dirent que ce n'est pas un printemps turque. Car ils ne veulent pas d'un printemps turque. La Turquie, c'est comme la Colombie, un allié qui fait le bon travail d'opprimer des minorités que l'occident n'aiment pas, des communistes, alors chut, pour les exactions, les emprisonnements, le traitement des minorités et des opposants. Ici la liberté de la presse n'est pas bien venue. La guerre froide n'est pas finie, vous saviez ? Réfléchissez qui on attaque et qui on soutient et bizarrement vous tomber systématiquement sur des pays ou des groupements qui ne sont pas d'accord de se soumettre au dictât de l'occident et de l'ordre capitaliste mondial. Journalistes vous avez bon déversez votre propagande insidieusement, le nombre de gens opposé au capitalisme et à vos démocraties fantoches croient de jour en jour de par le monde.

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1. Mouflette dit le 03/06/2013, 11:13

Peut-on parler de "printemps turc"? Ça dépend. Va-t-on armer les islamistes du coin avec nos impôts pour qu'ils anéantissent l'état de droit turc? Si oui, on pourra effectivement parler de printemps turc. Il y a également les kurdes locaux qu'on pourrait financer aussi, éminement "printanogènes" eux-aussi.

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