Chat chômage: «Chaque fois que le taux de chômage diminue les autorités sont accusées de falsifier les chiffres»
Le taux de chômage est passé pour la première fois depuis juillet 2012 sous la barre symbolique des 20 % à Bruxelles. Grégor Chapelle, directeur d’Actiris a vos questions.
O n semble oublier le nombre de sans-emploi qui, ne sont pas considéré comme chômeur. Quelles sont les statistiques des cpas ?
Grégor Chapelle : Chaque fois que le taux de chômage diminue les autorités sont accusées de le faire baisser artificiellement par le biais des exclusions du chômage. Dans ce cas-ci il faut être beaucoup plus nuancé. Parmi les 107 023 chercheurs d’emploi inscrits à Actiris on en compte 24 049 dans la catégorie « Autres DEI ». Parmi ceux-ci figurent tous les usagers du CPAS en recherche d’emploi. Ils sont désormais obligés de s’inscrire auprès d’Actiris depuis le 1er janvier. Mais dans ce cas, il semble que la baisse du taux de chômage doive être expliquée par d’autres facteurs. Cela peut être l’augmentation de mobilité vers la Flandre ou/et la meilleure qualité des services d’Actiris. En toute logique, un chercheur d’emploi radié par l’Onem s’inscrit auprès de son CPAS. Dans ce cas, en tant qu’« usager du cpas et chercheur d’emploi » il lui est obligatoire de s’inscrire auprès d’Actiris. Il passera alors dans nos statistiques de la catégorie « DEDA » à la catégorie « Autres DEI » mais il sera bien comptabilisé. Donc, non, les radiations de l’ONEM ne semblent le facteur explicatif.
Que pensez-vous des déclarations du FDF ? Selon eux les chiffres ont été falsifiés.
G.C. : Par rapport aux affirmations du FDF, les chiffres publiés ce mois-ci le sont sur base du même mode de calcul depuis plus de 5 ans… Le service statistique d’Actiris a déjà transmis aux parlementaires ce mode de calcul et est encore prêt à le faire dans le futur. Tout est transparent. Par ailleurs, il est juste de dire que le nombre de chercheurs d’emploi augmente à Bruxelles depuis 5 ans (mais nettement moins que dans d’autres régions d’Europe). Cette augmentation est aussi due à l’augmentation de l’ensemble de la population active. Au risque de me répéter : ce taux de chômage est nettement trop haut, nous constatons une légère baisse depuis quelques mois et nous nous en réjouissons surtout dans le contexte que l’on connaît. En Flandre, sur base annuelle, au mois de mai, le chômage a augmenté de 9,2 %.
Que pensez-vous à tous ceux qui estiment que les « vrais » chômeurs subissent trop de pression de la part des autorités ?
G.C. : Nous avons encore la chance de bénéficier en Belgique d’un haut niveau de protection sociale. La pérennité de ce système de solidarité ne sera assurée que si nous veillons collectivement à ne pas en abuser. Donc, oui, un système de contrôle est nécessaire. Mais la priorité numéro un d’Actiris est d’augmenter le nombre de solutions, par exemple le nombre d’offres d’emploi, que nous pouvons proposer aux chercheurs d’emploi. Notre but principal est de relocaliser l’embauche (c’est-à-dire faire en sorte que les employeurs bruxellois embauche en priorité les chercheurs d’emploi bruxellois) et c’est sur ce front que nous obtenons pour le moment nos meilleurs résultats.
Les jeunes sont les plus touché à Bruxelles. Qu’est-ce qui rend si difficile leur mise à l’emploi ?
G.C. : Une économie urbaine, soit une économie de services à 90 % requiert des hauts niveaux de qualification. Nos jeunes chercheurs d’emploi n’en disposent pas toujours. Il faut donc 1) Investir massivement dans notre enseignement dès le plus jeune âge. Par exemple, comme l’a proposé le Ministre-Président, pourquoi ne pas généraliser l’enseignement des langues en immersion ? 2) A moyen terme, il nous faut également investir massivement dans l’augmentation de l’offre de formation professionnelle qualifiante (et des préformations qui y donneront accès). Cela tombe bien, cet engagement a été pris dans le cadre du Contrat de Gestion de Bruxelles Formation par le Gouvernement. Enfin, la 6ème réforme de l’État représente une opportunité majeure. À Bruxelles, les élus et les partenaires sociaux pourront décider, s’ils le veulent, de réorienter d’importants moyens nouveaux pour augmenter encore le nombre de formations professionnelles.
Beaucoup estiment que l’avenir des chercheurs d’emploi bruxellois est situé en Flandre. Qu’en pensez-vous ?
G.C. : Évidemment ! Le gouvernement bruxellois a pris de nombreuses initiatives sur ce front. Les chèques langues (9 millions d’euros par an, 15 514 tests langues et près de 7000 chèques par an) en sont le meilleur exemple. Cette politique est une réussite puisqu’elle nous permet aussi, dans le cadre de l’accord de coopération passé entre le Gouvernement bruxellois et le Gouvernement flamand, d’augmenter la mobilité des chercheurs d’emploi bruxellois vers la Flandre. Concrètement, le VDAB s’est engagé à nous transmettre un minimum 1500 offres par an et nous à proposer 6 candidats par offre soit 9000 chercheurs d’emploi par an. Nous organisons aussi des Jobs Dating dans le Rand. Résultat : la navette sortante (le nombre de Bruxellois qui vont travailler en Flandre) a augmenté de 25 % sur 5 ans. Quand nos élus mènent de bonnes politiques, il faut aussi savoir le voir. L’État joue son rôle : il permet au marché du travail de fonctionner de façon plus efficace et plus juste. Nous aidons les employeurs à trouver les travailleurs dont ils ont besoin (pour l’efficacité) et nous augmentons les chances des chercheurs d’emploi de retrouver un emploi (pour la justice).
Vos réactions
Voir toutes les réactions D'office l'Onem a exclu des gens. Qui croit encore à la politique de protection de l'emploi avec un nombre incalculabe de travailleurs précaires intérimaires et des pièges à l'emploi que sont les différents plan (win-win, activa, ...)? Sérieusement, on a compris depuiis bien longtemps mais par contre la presse et les politiques restent persuadés qu'on aime encore bien les couleuvres ...
Je ne crois pas en ces chiffres car on exclut sciemment des personnes qui ne sont pas inscrites au chômage et dépendent pourtant de l'aide publique. Il vaudrait mieux se baser sur le nombre d'actifs (en termes d'équivalents temps plein) sur la population totale.
Qu'on nous donne les chiffres pour la même période sur l'ensemble des CPAS de la Région, et on y verra déjà plus clair Mr Chapelle !
20 chômeurs sur une population de cent. J'en exclus un du droit aux allocations et hop, il n'y a plus que 19 % de chômeurs !









Le Parti Socialiste a déjà démontré par le passé qu'il sait manipuler les chiffres, en retirant les personnes qui suivent un programme du forem, etc. Il faut trouver un moyen pour éviter ce genre de polémique, donner plus de droit au parlement d'avoir un regard sur les chiffres.