Emploi: l’état subventionne la confiance

François Mathieu
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En un an, le taux de chômage a donc reflué sous le seuil symbolique des 20 %

à Bruxelles. La résistance du marché de l’emploi est aussi palpable en Wallonie.

Etonnant, n’est-ce pas, que le marché de l’emploi fasse plutôt bonne figure, à l’heure où les licenciements collectifs et les restructurations trustent des sommets ? D’autant que la morosité économique se traduit par des chiffres de croissance et d’activité atones…

Ne soyons pas dupes. Ces bonnes nouvelles masquent mal le travail de forçat réalisé en amont par nos autorités pour « lisser » ce taux de chômage. Entre les stages d’insertion des jeunes qui retardent de facto la perception d’allocations de chômage de trois mois et les stages rémunérés en entreprises, les « plans » mis en place pour éviter l’entrée des jeunes dans le monde du chômage se sont multipliés ces dernières années. Et c’est heureux, évidemment, quand on voit ce que le chômage peut occasionner comme dégâts à une société, comme en Espagne, en Grèce et au Portugal.

Ce n’est pas tout. L’effet de rattrapage dû aux mesures d’accompagnement au sud du pays compte grandement dans la baisse du taux de chômage (mais pas le nombre de chômeurs, démographie oblige) sur l’année écoulée. L’accompagnement des chômeurs s’est en effet nettement renforcé en Wallonie et à Bruxelles, ces deux ou trois dernières années, là où l’efficacité flamande avait déjà fait son œuvre. C’est une des raisons qui expliquent pourquoi le taux de chômage, au nord du pays, subit de plein fouet la période de disette économique actuelle. Enfin, il y a tous ces chômeurs qui n’en portent plus le nom. Entre les exclus purs et simples, qui émargent (de plus en plus) au CPAS, les chômeurs découragés qui ont disparu des radars et les chômeurs « temporaires » pour raisons économiques, le taux de chômage officiel est dégraissé d’une part non négligeable de personnes inactives.

Il ne s’agirait pas de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. D’après une récente étude du SPF Emploi, la Belgique est l’un des Etats de l’Union européenne qui dépensent le plus pour soutenir l’emploi – pas loin de 3,5 % de son produit intérieur brut (PIB). Il est assez heureux qu’elle en recueille quelques fruits, donc. Ce repli du taux de chômage à Bruxelles et la résistance du marché de l’emploi en Wallonie sont simplement une bonne occasion de rappeler que les autorités font juste leur job et l’occasion , surtout, d’inciter à capitaliser sur la confiance qui naît immanquablement de ce repli sous les 20 %.

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3. tsuka18 dit le 04/06/2013, 13:59

c'est vrai que la traitrise et le hold up photovoltaique inspirent desormais la confiance totale... n'est ce pas !!!

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2. TalkingMind dit le 04/06/2013, 12:14

@Fafnir: Je suis entièrement d'accord avec vous. Personne n'est capable d'être efficace, créatif et productif en ayant une pression financière sur les épaules. Avoir la garantie que ses besoins vitaux soient garantis par l'Etat est un minimum pour une société du 21ème siècle. Il n'est pas normal que des hommes et des femmes vivent encore sous le seuil de pauvreté de nos jours ou pire... dans la rue. Travailler pour avoir plus que le minimum vital me semble cohérent, travailler pour avoir le minimum vital est moyen-ageux.

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1. Fafnir dit le 04/06/2013, 08:55

Nous sommes dans une société où l'agriculture n'occupe plus qu'une poignée de pourcentage de la population active et il n'y a plus de mine. Mais la superstructure reste bloquée sur les schémas d'autrefois notamment de l'emploi. Il vaudrait mieux donner à tous ceux qui sont référencés (domiciliés légalement) un minimum social et encourager l'activité qui apporte une plus value.

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