Beaucoup de pensionnés ont encore une vie très active. Ne faudrait-il pas se poser la question de savoir ce qui les a poussés à abandonner leur activité professionnelles ?
A.V.: Effectivement, le coût de l'emploi, qui est relativement élevé pour les travailleurs âgés, pousse les employeurs à se séparer de leurs collaborateurs souvent encore en forme et demandeurs. C'est l'un des problèmes relatifs à la prépension. Le nivellement de la structure salariale tout au long de la carrière est un autre élément clé comme dans les pays nordiques. Notre enquête fait cependant apparaître que c'est encore tabou. Les employeurs devront de plus en plus prévoir des aménagements de fin de carrière. C'est un des éléments clé de la solution aux défis des pensions.
Forcer les travailleurs à rester jusqu’à 65 ans, est-ce cela n’handicape pas l’emploi des jeunes?
A.V.: En fait, le problème du non-emploi des jeunes est effectivement lié, mais ne pas répondre au défi de la pension pour cette raison n’est pas une option. Il faut savoir aussi que chaque pensionné représente un coût qui doit être payé par tous les actifs (y compris ces jeunes) et rend leur emploi encore plus cher.
Beaucoup estiment que le problème n’est pas l’âge mais la durée de la carrière et le financement des pensions. Qu’en pensez-vous ?
A.V.: Penser en fonction de la durée de la carrière nous semble une excellente idée. Quant au mode de financement de notre système, il faut trouver un bon équilibre entre (1) : capitalisation et répartition; et (2): l’état et le privé. Les différents modes de financement ont leurs propres forces et faiblesses et sont donc complémentaires. Mais une chose est certaine, la capitalisation est mieux organisée par le privé puisqu’un gouvernement n’existe par définition que pendant 5 ans. Le degré d’activité doit absolument être augmenté, mais un système comme par exemple celui de la Chine ne nous semble pas un bon exemple (un recul social). C’est le coût de notre état providence.
Beaucoup de métier sont plus éprouvant physiquement ou mentalement que d’autre. Comment alors harmoniser l’âge de la retraite ?
A.V.: D'où notre idée de déterminer la durée de la carrière en fonction de la pénibilité du travail. Mais ceci n'est pas évident à mettre en pratique. On pourrait penser à différencier selon les différents secteurs professionnels mais quid les différents statuts au sein du même secteur (direction, cadre, employé, ...). Le minimum est à déterminer par les responsables politiques. Mais si on prend en considération la réglementation actuelle avec un âge minimum de la pension de 62 ans, un minimum de carrière de 42 ans ne nous semble pas illogique (mais à moduler en fonction de la pénibilité du travail).