L’Europe sort prudemment les griffes face à Pékin
La dramaturgie est à son comble : voilà que le commissaire européen en charge du Commerce, le Belge Karel De Gucht, part crânement à l’assaut de l’Empire du Milieu, sort ses griffes face à cette Chine conquérante, parfois arrogante, dont les taux de croissance, même en léger recul, font pâlir d’envie une Europe morose et en récession. Sus à la concurrence déloyale de Pékin, parfaitement illégale, qui inonde notre marché des panneaux solaires à des prix « fous » !
Il est trop tôt pour dire que les taxes antidumping décidées ce mardi par la Commission européenne suffiront à sauver une industrie d’avenir pour l’Europe, menacée d’asphyxie définitive par le tsunami chinois. Mais la décision prise par le commissaire est courageuse, sinon audacieuse, et inspirée d’un modèle connu sous le vocable de « compromis à la belge ». Les surtaxes seront progressives, censées entrer en vigueur par palier, pour laisser vraiment une chance à la négociation d’un compromis. C’est toujours plus souhaitable qu’une « guerre commerciale », dans un monde tant interconnecté que nombre de fabricants chinois de panneaux importent des composants... « Made in Europe ».
La décision n’était pas facile à prendre : fallait-il céder aux sirènes d’une majorité d’Etats membres de l’Union européenne, qui pressaient la Commission d’abandonner des sanctions pourtant commandées par toutes les règles en vigueur en cas de dumping ? Fallait-il, au contraire, passer en force, laisser le couperet des sanctions tomber, et risquer en effet de voir Pékin enchaîner les mesures de rétorsion ? Le compromis, prudent, apporte une réponse mesurée à ce dilemme.
Le pari n’est pas sans risque, cependant. La Chine, comme on sait, « n’aime pas perdre la face », et rien ne garantit qu’elle sera disposée à négocier un accord à l’amiable. Puis, dans six mois, les capitales auront à appuyer la décision de l’exécutif européen à la majorité qualifiée : un refus de leur part infligerait un fameux camouflet à la Commission.
A ce stade, cette dernière n’a pas tort de juger qu’il appartiendra alors aux Etats membres de choisir « d’être avec nous ou de se ranger aux côtés du diable ».
Vos réactions
Voir toutes les réactions Pourquoi prudemment? Sortons-les une bonne fois et tant pis pour la casse. On ne va quand-même pas continuer à nourrir toute la planète avec nos brevets, nos technologies, notre science et nos impôts. Simple constat: les cellules sont installées chez des clients subsidiés par la puissance de taxation de l état. Les installateurs les achètent aux chinois et paient en Dollars ou Yuans. Ce qui défavorise et élimine les manufactures Belges. Les installateurs à leur tour ne trouvant pas de main d oeuvre Belgo-belge fait travailler des immigrés qui à leur tour exportent leurs bénéfices chez eux pour construire des maisons. Souvent aussi avec du matos volé sur des chantiers ou acheté à bon compte à des entreprises faillies à cause de la crise. Il y a d autres manières de se suicider mais celle-ci est complète. C est toute un pays qui y passe.
Je pense que ça fait assez longtemps que tout le monde sait qu'il ne faut traiter qu'avec les entreprises qui respectent, ne fusse qu'un peu, les droits des humains quant au travail. Colruyt, Delhaize et bien d'autres s'y sont engagés depuis un bon moment. On ne peut défendre le droit des travailleurs et des humains tout en ne respectant pas ces principes pourtant élémentaires pour éviter la concurrence déloyale et donc la chute de notre système. Pourquoi avoir attendu 30 ans pour réagir????? Toujours faire tout au dernier moment le couteau sous la gorge, c'est ça prendre des responsabilités et penser à notre avenir???? DEHORS!!
"là où cette technologie est la plus justifiable, les territoires ultra-marins" Vous parlez d'éoliennes ? Car il y a pas mal de nuages dans des océans surchauffés et beaucoup de vent aussi.
Il me semble que le premier conseil qu'on nous a toujours donné c'était de "ne pas mettre tous les



il est temps... et si les mesurettes ne font pas comprendre à nos amis chinois, qu'ils se méfient de répondre a l'escalade des taxes sur nos produits car nous sommes 500 millions de consommateurs à acheter trois quart de tout en "made in China", et les pays émergents sont aussi l'Inde le Brésil ... pas que la Chine; après l'acier le verre on ne peut laisser aller plus loin c'est déjà tellement longtemps qu'on attends des mesures contre le dumping assassin de tous nos petits emplois !!!