Spa- Classic Sale

Jean Vouet
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  • D’anciennes Ferrari, Lamborghini et Ford ont fait le bonheur des collectionneurs, à Spa. © D.R.
    D’anciennes Ferrari, Lamborghini et Ford ont fait le bonheur des collectionneurs, à Spa. © D.R.

Le dernier week-end du mois de mai, la maison de ventes aux enchères anglaise Bonhams réjouissait les amateurs de belles ancêtres en procédant à la vente sur le circuit de Spa-Francorchamps d’une cinquantaine de bolides rutilants. Sous le nom de Spa-Classic Sale, cet événement s’est pourtant soldé par des résultats en dents de scie, un véhicule sur deux n’ayant pas trouvé preneur… Au final, la vente a dégagé l’équivalent de 3,4 millions d’euros, frais compris, en ayant probablement fait au passage le bonheur de plusieurs collectionneurs et amateurs de sensations fortes.

À quelques pas de l’épingle de la Source, le clou de cette vente résidait dans cette splendide Ferrari 275 GTB Berlinetta de 1964, dont la valeur était initialement estimée entre 775.000 et 925.000 euros, et qui s’est finalement négociée contre « seulement » 902.750 euros, frais compris. Lors de sa sortie d’usine, à Brescia en 1965, celle-ci possédait un nez court ainsi qu’une carrosserie peinte en bleu, mais son second propriétaire décida de lui faire exécuter un nez long, convertissant au passage le moteur de trois à six carburateurs Weber et repeignant le tout en blanc. Engagée depuis ses débuts en course automobile, signant au passage quelques résultats dans des courses de côte en Italie, celle-ci fut revendue en 1977, exportée aux Etats-Unis, où elle reçut sa peinture jaune actuelle, puis renvoyée ensuite en Italie. Digne remplaçante des 250 GT ou GTO, la Ferrari 275 GTB, produite entre 1963 et 1968, est généralement considérée comme l’une des plus belles réalisations de la marque au cheval cabré.

Parmi les six autres Ferrari proposées à la vente, l’on retiendra également cette superbe 330 GTC de 1968, livrée à l’origine en bleu avec intérieur beige. Destinée à combler le vide entre la 330 GT 2+2 (dont elle reprend le moteur V12 4 litres, lui permettant d’atteindre les 250 km/h) et la 275 GTB, cette 330 GTC présentait toutes les qualités techniques et esthétiques de la marque italienne, conjuguées au charme d’une sellerie réalisée par Pininfarina dans un élégant cuir bordeaux. Estimée entre 290.000 et 370.000 euros, celle-ci n’a malheureusement pas réussi à affoler le baromètre des enchères, puisqu’elle a été vendue sous l’estimation basse, à 287.500 euros (frais inclus).

Lamborghini

Seul exemple du savoir-faire de la marque au taureau, cette Lamborghini Miura P400 de 1968 constitue le deuxième meilleur résultat de la vente. Produite entre 1966 et 1973, la Miura appartient à ces véhicules de légende qui ont marqué l’histoire de l’automobile. Cette P400 des débuts de la production (on en dénombre seulement 470 exemplaires…) a bénéficié en 2008 d’une restauration complète dans les ateliers du Centro Restauro de l’usine de Sant’ Agata, sous la supervision directe du légendaire Valentino Balboni. Trois ans d’atelier, 4.000 heures de travail et 160.000 euros plus tard, celle-ci retrouvait une seconde jeunesse. Au final, son nouveau propriétaire n’aura déboursé que 575.000 euros (frais inclus) pour l’acquérir (sa valeur était estimée entre 450.000 et 650.000 euros), un résultat mitigé si l’on se réfère à la qualité du travail effectué par celui qui, rentré au sein de Lamborghini 40 ans plus tôt comme simple mécanicien, en sortit avec l’hommage d’une Gallardo LP550-2 labélisée à son nom…

Tony Gillet et autres voitures de compétition

Aux côtés de ces belles italiennes figuraient également quelques voitures un peu plus atypiques, comme cette « Lotus Seven’ Child’s », une imitation d’une voiture de sport anglaise qui fut commercialisée à partir de la fin des années 50. Assemblée dans les ateliers namurois de Tony Gillet, le constructeur belge de la célèbre Vertigo (une voiture qui battit en 1994 le record du monde d’accélération de 0 à 100 km/h en 3,266 secondes…), cette petite « voiture d’enfant », estimée à l’origine entre 4.000 et 6.000 euros, s’est finalement vendue à 5.520 euros (frais compris).

Pour rester dans le monde de la compétition automobile, l’on retiendra encore le maigre résultat affiché par une Ford Capri RS2600 de 1972, dont la valeur était pourtant pressentie entre 35.000 et 45.000 euros. Payée 34.500 euros (frais inclus), l’achat reste relativement raisonnable compte tenu du bon état général du véhicule, de la rareté des RS2600 d’époque (on en compterait moins de 100 à l’heure actuelle…) et de la possibilité de l’aligner directement sur toute une série de courses historiques.

Osez la rencontre !