Basket : Ostende champion sans discussion (68-63)
Mons n’a pas pu contester la supériorité du favori, qui conserve son titre au bout d’une finale à sens unique. Dominateur d’un bout à l’autre de la saison, le club côtier réalise le doublé Coupe – championnat. Sa réussite repose sur la stabilité de son noyau, que le coach Gjergja est parvenu à conserver soudé et en alerte. Malgré l’exploit d’avoir éliminé Charleroi, les Montois n’ont pas réussi à ébranler sa sérénité.
Stimulé par un Muya étincelant, Mons n’est pas revenu à Ostende en victime consentante. Il l’a fait douter dès 4-11. Comble, la Sleuyter Arena ajoutait à la pression délicate à évacuer quand le titre tend les bras. D’ailleurs à la pause, le champion restait crispé, même s’il avait haussé son intensité : 30-25. Décomplexé, Mons le paralysa jusqu’à 43-48 ! Et ce n’est qu’à 51-50, sous l’impulsion de Djordjevic (14 pts dans le dernier quart) et Lojeski (5 pts et 3 ass), qu’Ostende se libéra de cette incroyable tension que les Montois ont eu le mérite de lui imposer jusqu’au bout
La finale fut à l’image des playoffs : limpide ! Une seule des cinq séries aura vu son perdant remporter une manche, Alost en demi-finale à Ostende. Depuis qu’il a renversé le deuxième match au Forum, le club côtier a aligné six victoires. Poussé dans ses retranchements, il a puisé dans ses ressources mentales et trouvé le rythme pour hausser son niveau, défensif en particulier. Or, à plein régime, Ostende surclassait ses rivaux.
Son titre, le 14e de son histoire (le record), ne souffre donc aucune discussion. Pointé comme seul favori à l’aube de la saison, le champion conserve sa couronne et réussit un éloquent doublé Coupe – championnat. A chaque fois, ce sont les Okapis qui lui ont offert le plus de résistance. Mons, pourtant auteur d’une excellente campagne, auréolée d’une troisième finale, toutes perdues, est tombé face à plus fort. Corrigés de 31 points lors du premier match à la côte, le club hennuyer a dominé Ostende trois quart-temps dans la deuxième manche, avant de caler net, encaissant un 0-20 qui en dit long sur la capacité de réaction du champion et autant sur les limites de Mons, sans relief dès que son collectif se dilue.
La faillite de Charleroi a donc privé les amateurs de l’apothéose grandiose qui avait ramené Ostende au sommet au bout de cinq manches la saison passée. C’est à partir de là que s’est construit le succès côtier… Ne jamais changer une équipe qui gagne : on connaît l’adage. Et cette continuité a payé. La stabilité qu’a trouvé Ostende depuis l’arrivée du coach Gjergja est le socle de sa réussite. Et le ciment de son avenir puisque Djordjevic, Wilkinson, Wright, Salumu, Serron, Petrovic et Boukichou sont sûr de rester. Lojeski aussi reste sous contrat, mais le club ne le retiendra pas, fier de l’avoir transformé en un joueur promis à l’Euroligue. Marnegrave et Gillet porteront le contingent belge à six, selon l’imposition de la Ligue. « Et nous complèterons le noyau avec des postes 2, 3 et 5 », annonce le coach Gjergja, sans fermer la porte à Stojic et Drobnjak, qui ont assumé le départ de Winston, seul cadre parti cet été, et le forfait définitif (qui annonce sa fin de carrière) de Van den Spiegel.
Si Ostende a repris à Charleroi les rennes du basket belge depuis deux ans, c’est donc, au-delà de ses moyens, grâce à sa stabilité. Son grand mérite est de ne pas avoir cédé à la facilité ou à la suffisance qui menace un favori. Le coach Gjergja a su maintenir son équipe en éveil. Et surtout en osmose, malgré onze rotations. Car c’est un véritable groupe qui est sacré. Cela se ressent dans ses automatismes offensifs, sa solidarité défensive et l’enthousiasme d’un banc où la progression de Salumu démontre la possibilité de mêler résultats et formation, la politique qui a longtemps soutenu le succès d’Ostende par le passé et avec laquelle il a renoué pour retrouver son statut de premier club belge. La digue à franchir la saison prochaine est donc déjà connue.




Merci Mr Druart pour cette belle analyse du championnat, des play-off et du basket belge ...A Ostende c'est l'esprit Mister V qui renait ...Mons, Alost ...Charleroi à vous de suivre le (bon) exemple !