Le message du politique au palais
Pendant des décennies, les responsables politiques n’ont en rien modernisé une monarchie pourtant essentiellement basée sur les traditions. Quasi aucun texte légal ne réglementait le financement de la famille royale, son statut ou ses droits et devoirs.
Et ce, malgré une grave crise au moment du refus de Baudouin de signer le texte dépénalisant l’avortement en 1990, malgré certains dérapages du prince Laurent et en dépit du fait que d’autres monarchies européennes prenaient une série de décisions pour moderniser leur institution.
En Belgique, à chaque « affaire », les politiques débattaient, polémiquaient, lançaient des propositions mais rien n’aboutissait.
En 2009, après différentes affaires Laurent, le Sénat avait recommandé au gouvernement une réforme précise des dotations qui n’avait jusqu’ici débouché sur rien de concret.
La révélation des trois fondations de la reine Fabiola a accéléré le mouvement. Et le Premier ministre n’y est pas pour rien : en janvier, tous les partis se déclaraient choqués par la fondation Fons Pereos, mais la polémique sur son équivalent espagnol, la semaine dernière, a essentiellement été alimentée par le PS. C’est Elio Di Rupo lui-même qui, au Parlement, a exprimé son profond malaise.
Depuis, le mouvement s’est donc accéléré. Les réformes proposées en 2009 par le Sénat ont désormais pris la forme d’un accord politique. Et une nouveauté majeure a été introduite : la partie de la dotation princière considérée comme salaire sera soumise à l’impôt des personnes physiques.
Au passage, la reine Fabiola reperd 500.000 euros. En six mois, elle a donc été privée de deux tiers de ses émoluments.
Un signal fort : le monde politique montre ainsi clairement, et c’est une première, qu’il n’est plus prêt à accepter n’importe quel dérapage des membres de la famille royale.
Faut-il s’offusquer de tout ceci ? Non. Dans d’autres monarchies européennes aussi, la famille royale est soumise à l’impôt. Et le système imaginé par les huit partis favorise la transparence financière et contribue à soumettre davantage l’institution monarchique à un certain contrôle démocratique, comme toutes les autres branches du pouvoir.
Politiquement, tout ceci n’est pas sans importance. Mais relève aussi d’une stratégie visant à couper l’herbe sous le pied des anti-monarchistes.
Vos réactions
Voir toutes les réactions "...une stratégie visant à couper l'herbe sous le pied des anti-monarchistes"... Madame Dubuisson, l'opposition à ce régime féodal n'est pas seulement lié - loin de là - à une question de gros sous.
2. bro Et qui comme Président? Un nationaliste flamand pour symboliser la New Belgiek je suppose? Au vu des porte-manteaux qui se profilent, ce n'est pas très reluisant.
@ bro Une republique, genre Hollande, ou sarko, ou bien a la Poutine, ou mieux a la sauce italienne (berlusconi).



Ils auront bientôt tout détruit dans ce pays, la réglementation, les banques, l'industrie et avec elle les syndicats, l'Eglise et la Monarchie que l'on veut protocolaire pour l'évincer plus facilement et dont on convoite les biens, les relations flamands/wallons n'en parlons pas.